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Entretien avec l'artiste Rachid Bakhouz : Le conflit des lettres qui me préoccupe
Publié dans L'opinion le 15 - 10 - 2016

Sous le signe « lettre en transe », les cimaises de la galerie Bab El kébir (les Oudayas –Rabat) à Rabat abritent jusqu'au 24 octobre 2016 les œuvres créatives de l'artiste peintre de grand talent Rachid Bakhouz. La cérémonie d'ouverture de cette exposition initiée avec le soutien du ministère de la culture a été menée à bien en bonne et due forme , et ce sur fond de satisfaction des passionnés d'art et des partenaires des résultats affichés en présence de plusieurs artistes ainsi que des acteurs concernés et invités d'honneur, qui ont exprimé leur satisfaction de la qualité des œuvres exposées et de l'ambiance qui y régnait. Travailleur infatigable, Rachid Bakhouz s'applique à rende la rhétorique de la lettre dans une ambiance chromatique personnalisée, tout en s'attachant à la rigueur, l'exigence et l'intégrité du sentiment. Cette démarche nous révèle l'innocence des signes graphiques à l'état brut en tant qu'une réserve inépuisable de l'être humain et de l'image allégorique. Il s'agit d'un acte créateur ancré fortement dans la mémoire, en dépit de son côté anecdotique.
Il est à rappeler que Rachid Bakhouz dessine dès son plus jeune âge. Il a dans son actif plusieurs expositions et participations au Maroc et à l'étranger ainsi que plusieurs prix de mérite et de consécration . Entretien :
Quelle est la valeur ajoutée de votre première exposition individuelle ?
Je suis très honoré par la présence effective de l'artiste peintre de renommé internationale Ahmed Ben Yessef qui a ponctué par son calibre charismatique la cérémonie d'ouverture et qui m'a motivé pour aller plus loin dans mon parcours d'artiste chercheur. Je tiens également à saluer vivement Rabia Echahed, présidente de l'Association Bassamat Chaouia-Ouardigha des Arts Plastiques, qui a concouru avec abnégation et jouissance au montage de cette exposition singulière. Je salue aussi tous les représentants du ministère de la culture pour leur implication et leur accompagnement pour donner un sens profond à cette exposition dédiée à l'art pictural dans sa diversité et sa pluralité. Intervenant à cette occasion, l'artiste Ahmed Ben Yessef, a valorisé par son discours émouvant mon potentiel créatif, soulignant que mon travail artistique est prometteur et œuvre pour la promotion et le développement des arts plastiques d'ici et d'ailleurs dans un esprit d'ouverture, de retrouvailles et d'échange. Je profite de cette occasion pour remercier vivement l'artiste plasticien Karim Attar qui a bien voulu présenter une performance expressive au rythme de des textes poétique de Mahmoud Darwich et de la musique spirituelle , tout en en dialoguant avec mon univers visuel : installations, stèles et toiles.
Quel est l'enjeu qualitatif de cette exposition raisonnée placée sous le signe « lettre en transe » ?
En tant qu'espace performant de réflexion et de médiation pour agir et partager, cette exposition contribue judicieusement à l'enrichissement de notre nature intérieure. J'essaie de mettre en exergue les atouts de l'abstraction lyrique, son vocabulaire plastique évolué vers un expressionnisme à la fois gestuel et contrôlé. Je suis animé d'une fièvre créatrice particulièrement fertile dont l'évolution ne cesse de nous étonner. Je joue habilement du chatoiement des couleurs sur lesquelles j'applique mes lettres détournées, multipliant les tensions dynamiques par un jeu à la fois intuitif et savant des contrastes y compris le clair et l'obscur, dans le but de parvenir à un langage universel et accessible à tous. C'est le conflit des lettres, toutes provenances confondues, qui me préoccupe.
Ma peinture allusive se veut un concentré pictural d'humanisme et de sensibilité. Je donne une priorité à la vie des lettres via des installations et des compositions qui sortent de l'ordinaire. Je cherche la différence et j'exige la qualité. Mon souci majeur est de saisir l'harmonie indicible, unissant dans une même respiration picturale le paroxysme lyrique des tons et des lignes avec l'équilibre des formes. C'est bien une œuvre non conventionnelle que je propose à notre regard ébloui.
Quel est le statut de la lettre en transe dans vos œuvres merveilleuses ?
Dans ma démarche plastique, je suis soucieux de capitaliser sur les repères identitaires pictographiques, en mettant en relief des fragments à travers des compositions picturales dynamiques et un traitement chromatique bien recherché, ce qui donne à l'œuvre une dimension plastique surprenante. Avec certitude et professionnalisme, je mets en toile les atmosphères lyriques de la lettre, tous horizons d'appartenance confondus, où les traces et les indices mettent en avant des surfaces chromatiques animant ses unités visuelles et ses compositions insolites, tout en assurant un équilibrage bien étudié entre le contraste et la transparence.
Acte magique de valoriser l'esthétique calligraphique, ma peinture est un monde passionnant voire éloquent : Il s'agit d'une recherche approfondie sur la couleur et la forme qui nous fait rêver et qui nous invite à contempler la quintessence de la peinture connotative au sens plein du terme. Ma peinture conceptuelle se présente comme une interprétation subjective de la lettre voué à la visibilité et non à la lisibilité : le tableau n'est pas le sujet, mais la manière de voir le sujet .C'est un prétexte pour concevoir un langage plastique relevant de la nouvelle abstraction qui oscille entre la représentation allusive et l'abstraction expressive. Chaque fragment de mes toiles est saisi dans le détail, avec intelligence, maîtrise et doigté.
J'essaie de garder la volonté arrêtée de percevoir des univers iconographiques qui tendent à dire plus que la réalité du moment et essayent de dépasser la ressemblance vers la transcendance.
Recherche consistante sur la lettre et ses révélations, ma peinture suggestive se veut un sentiment du moment et l'illumination de l'âme interculturelle sans laisser transparaître ni l'exotisme ni même le sentiment du lointain. A travers la narration picturale, j'intériorise mes compositions, en se basant sur la maîtrise technique, la recherche particulière et personnelle et la chromatologie à la manière universelle.
Comme les illustres artistes de la lettre détournée dans le sillage de l''architecte anglo-irakienne Zaha Hadid considérée comme une force formidable et influente à l'échelle mondiale en matière d'architecture, j'essaie de saisir la beauté édictée dans les scènes idéographiques, en essayant de s'approcher à la symbolisation qui incarne la métaphore.
C'est une démarche représentative qui met en relief des impressions et des improvisations, loin de mimétisme et d'iconisme aberrant. Mon pari est de rester extrêmement rigoureux et exigeant.


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