Coronavirus : la deuxième vague sera économique    L'OMDH rend hommage à l'un de ses fondateurs    L'homme de l'alternance n'est plus    Les grands travaux du gouvernement El Youssoufi    La coupe du Trône, un cadeau d'adieu avant l'heure    Abderrahmane El Youssoufi a présenté son bilan à la nation    Abderrahmane El Youssoufi : Un homme d'Etat au service de la culture    Industrie : Renault met en stand-by les projets d'augmentation de capacités prévus au Maroc    Tanger Med co-signe un engagement pour garantir la continuité des chaines logistiques mondiales    Communiqué du Bureau politique du PPS    OCP : Malgré la crise, le groupe confirme sa résilience    Bientôt un café. Expresso SVP !    Il y a 38 ans… : La pensée d'Aziz Belal toujours vivante et actuelle    Quatre Marocains dans les commissions du CIO    Vahid fait le forcing pour convaincre deux joueurs    Danielle Skalli tire sa révérence    À quoi sert la littérature en période de confinement?    Marie-Louise Belarbi, une étoile de la culture marocaine s'est éteinte    Pour un encadrement législatif ou conventionnel    Un expert met en évidence la responsabilité imprescriptible de l'Algérie    Chine-Etats-Unis: Une nouvelle guerre froide est en marche…    Coronavirus : 54 nouveaux cas, 7.697 au total, vendredi 29 mai à 10h    Ait Taleb: L'efficacité de la chloroquine dans le traitement du Covid-19 peut être prouvée    Abderrahmane Youssoufi personnifiait l'histoire du Maroc    Covid-19 : deux nouvelles régions dépassent la barre de 1.000 contaminations    Article 1062580    Technocrates, gouvernement d'union nationale…: Le Maroc peut-il se permettre ces changements en plein Covid-19?    Mort de Guy Bedos    Le CNDH lance un appel au respect des droits des travailleurs    L'INDH s'investit dans la formation à distance à Khénifra    Début des tests de dépistage du Covid-19 à Errachidia    7000 saisonnières marocaines bloquées à Huelva début juin    Tarik El Malki : Il convient de mettre de côté la doxa libérale pour un temps    Un Casque bleu marocain honoré par les Nations unies    Affaire Radès : L'appel du Wydad examiné aujourd'hui par le TAS    La Premier League dans la dernière ligne droite vers une reprise    Relaxé, Rafiq Boubker présente ses excuses    L'auteur de la saga Harry Potter met en ligne un conte pour les enfants confinés    Zaki élu meilleur gardien de l'histoire de l'Afrique    Afghanistan: L'échange de prisonniers comme premier pas vers la paix?    CIO : Kamal Lahlou réélu au sein de la commission Marketing    «Living in Times of Corona», des films de l'intérieur    Alliance irano-vénézuélienne contre le blocus de Washington…    Direction Fenerbahçe pour Yassine Bounou ?    France: La demande du CFCM aux mosquées    Aid El Fitr: Le Roi gracie 483 détenus    Forte participation au concours de déclamation du Coran à distance    L'ambassade du Maroc à New Delhi en première ligne    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Les événements d'Al Hoceima et la pratique du journalisme
Quand RSF fait dans le mélange des genres
Publié dans L'opinion le 22 - 08 - 2017

En accusant les autorités marocaines d'entraver le travail des journalistes qui couvrent les évènements d'Al Hoceima, Reporters Sans Frontières (RSF) défend-elle réellement la liberté de la presse ? La réponse cinglante du ministère de la communication à RSF, qui qualifie de fausses allégations les déclarations de ladite organisation, souligne un fait à la fois basique et essentiel : l'exercice du journalisme est régi par la loi et les professionnels répondant aux critères légaux exercent leurs activités, dans la province d'Al Hoceima ou partout ailleurs au Maroc, sans la moindre contrainte.
Sur les sept « journalistes » arrêtés que RSF prétend défendre, un seul dispose effectivement d'une carte de presse, Hamid El Mahdaoui, qui a été appréhendé non pas pour ce qu'il a écrit, mais plutôt pour avoir,
sur la place publique à Al Hoceima, appelé à manifester. Les faits pour lesquels il a été poursuivi ne relèvent donc pas d'un manquement au code de la presse, mais plutôt du code pénal. Ce qui amène à s'interroger sur un autre terme utilisé par RSF dans son communiqué relatif aux évènements d'Al Hoceima, celui de « journalistes-citoyens ». Serait-ce une nouvelle catégorie de personnes qui exercent, d'une manière tout aussi nouvelle, le journalisme et qui ne seraient pas tenues, de ce fait, de respecter la loi ?
Tout journaliste qui se respecte inscrit ses activités professionnelles dans le cadre d'un code éthique, la référence en la matière étant la Charte de Munich de 1971. Elle stipule clairement qu'il ne faut« jamais confondre le métier de journaliste avec celui du publicitaire ou du propagandiste ». En d'autres termes, le journaliste n'est pas quelqu'un qui fait de la réclame, ni un activiste. Son devoir est de s'informer pour informer. Quand aux activistes politiques qui se prétendent journalistes, tout en sachant pertinemment qu'ils ne sont pas légalement reconnus comme tel, nul besoin de préciser que la solidarité professionnelle à leur égard n'a aucun lieu d'être. De ce mélange hétérodoxe des genres, ce sont les vrais journalistes, qui sont normalement plus en droit d'être soutenus par RSF, qui ne vont pas manquer de faire les frais. Car, si pouvoirs et opinion publics n'arrivent plus à distinguer les journalistes des activistes politiques, s'en est fait de la crédibilité des premiers. Les évènements d'Al Hoceima ont été tellement médiatisés, au Maroc comme à l'étranger, les reportages à ce sujet ont été réalisés sous tous les angles possibles,ont traitéde toutes les causes et effets imaginables, et même totalement fictifs, reflété toutes les positions exprimées, autant celles des meneurs du Hirak que des autorités, qu'il semble réellement malhonnête de prétendre qu'il y a eu entrave à la couverture desdits évènements. Que la police mette la main sur des meneurs et provocateurs est un tout autre sujet.
Que la chaîne de télévision France24 diffuse des images des évènements au Venezuela, en faisant croire à ses spectateurs qu'elles ont été filmées à Al Hoceima, avant de s'en excuser, suivie plus récemment par le journal israélien Haartez, qui a plus subtilement fait le parallèle entre les manifestations à Caracas et Al Hoceima, tout en semblant « craindre » un nouveau printemps arabe au Maroc, laisse dubitatif. L'on est légitimement en droit de se demander s'il s'agit d'organes d'information ou de propagande grossière et quels desseins obscurs sont-ils ainsi censés servir.C'est plutôt au sujet de l'instrumentalisation des médias, mortellement dangereuse pour la profession journalistique, que l'on aurait escompté une prise de position franche et courageuse de RSF. Et ce si RSF agit réellement en faveur du journalisme, en n'étant pas elle-même un instrument...
L'influence et le respect, déclinants par ailleurs, dont jouit la presse auprès de l'opinion publique découle uniquement de son rôle dans la diffusion de l'information convenablement collectée et recoupée, objectivement traitée, laissant l'usager de cette information seul juge de l'interprétation à lui donner et des prises de position que la consommation de cette information pourraient ainsi entraîner. Déroger à cette règle sacro-sainte, c'est condamner le journalisme à devenir un simple instrument de communication publicitaire ou politico-subversif et perdre le peu de crédibilité que l'opinion publique voue encore à la presse.
Yasser Ayoubi


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.