Alors que le Conseil de sécurité s'apprête à examiner le renouvellement du mandat de la MINURSO, le Front polisario s'insurge contre le projet de résolution présenté par les États-Unis, qui qualifie le plan d'autonomie marocain de « base la plus crédible pour un règlement du conflit ». À la veille de la session à huis clos du Conseil de sécurité consacrée au Sahara marocain, le Front polisario a adressé une lettre urgente à Vassily Nebenzia, représentant permanent de la Russie auprès des Nations unies et président en exercice du Conseil. La correspondance exprime un rejet catégorique du projet de résolution américain, diffusé le 22 octobre à l'ensemble des membres. Le texte, avance que le polisario, « constitue un dérapage grave et sans précédent », remettant en cause les principes sur lesquels repose le traitement de la question du Sahara au sein des Nations unies. Le mouvement soutient que le projet comprend « des éléments qui sapent les fondements du processus de paix » et représente une « violation du statut international » de la région. Il estime en outre que le document « anticipe les résultats des négociations » et restreint ce qu'il considère comme le droit à l'autodétermination. Le Front séparatiste va même jusqu'à avertir que, si le texte est adopté en l'état, il « ne participera à aucun processus politique » basé sur ces dispositions. Un projet américain qui redéfinit les paramètres du règlement Le projet présenté par Washington, en sa qualité de « penholder », marque une rupture avec les résolutions précédentes du Conseil. Il fixe aux parties un délai de trois mois pour progresser vers une solution politique, tout en entérinant le plan d'autonomie proposé par le Maroc en 2007 comme cadre unique pour le règlement. Ce plan est décrit dans la version américaine comme « sérieux, crédible et réaliste », et qualifié de « base la plus solide » pour parvenir à un accord durable. Le document exprime le plein soutien du Conseil au Secrétaire général de l'ONU et à son Envoyé personnel, Staffan de Mistura, pour intensifier les consultations entre le Maroc, le polisario, l'Algérie et la Mauritanie. Il salue également « le leadership du président américain Donald Trump » dans la résolution du différend autour du Sahara et invite les parties à s'engager sans délai dans des discussions en utilisant la proposition marocaine d'autonomie comme unique cadre de négociation. Autre nouveauté, le projet prévoit que les États-Unis pourraient accueillir les futures négociations entre les parties. Cette disposition vise à accélérer la dynamique de concertation, en coordination avec l'envoyé onusien, afin de parvenir avant la fin du mandat de la MINURSO, à un accord politique global. Le projet de résolution demande aussi au Secrétaire général de présenter des rapports réguliers au Conseil, notamment six semaines après le renouvellement du mandat de la MINURSO, puis avant son expiration. Ces rapports devront inclure, le cas échéant, des recommandations sur une éventuelle transformation ou cessation de la mission, en fonction des résultats des négociations.