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Pollution à Bouskoura Couperet Cours nocif Apparences Restructuration
Publié dans MarocHebdo le 25 - 01 - 1997


Pollution à Bouskoura
ADIEU MA FORET !
Le problème de la pollution des environs de Casablanca, en particulier à Bouskoura, a pris une ampleur considérable. Au point que des organismes internationaux tirent la sonnette d'alarme. Saura-t-on prendre à temps les dispositions qui s'imposent ?
El Haj Elhabchi, un septuagénaire du petit village, connu pour sa sagesse, continue, inlassablement son prêche. Pas dans le désert, il est plus sage que cela. Mais cela ne l'empêche pas de répéter, à qui veut l'entendre, que "désert" pointe bien à ses portes. Il le dit à sa manière. Assis sur sa chaise en osier, il montre aux jeunes qui l'entourent les anciennes limites de l'immense étendue de la verdure qui, au fil des ans, s'est rétréci en peau de chagrin.
&laqno;D'ici à l'Oued Bouskoura, la verdure transformait notre campagne en paradis sur terre. Depuis quelques années, les choses ont changé et la région de Bouskoura a commencé à perdre son âme, avec l'implantation de dizaines d'unités industrielles, un désastre...» raconte-t-il, l'air songeur.
Couperet
En fait, cette région de terres agricoles et boisée s'étendant sur des dizaines de hectares. Considérée comme le poumon du Grand Casablanca, elle est devenue, de l'aveu général, une zone polluée, peut être même l'une des plus polluées du pays. Et Casablanca risque bien d'en faire les frais.
La dernière alerte nous vient d'un organisme international dont la vocation est la préservation de la nature
Le rapport du Fonds mondial pour la préservation de la nature est catégorique: la région de Bouskoura est la plus polluée du Maroc. Clair et net, ce constat tombe comme un couperet.
Pourtant, rien de surprenant dans cette affaire. Cela fait des années que les industries polluantes, installées dans la zone industrielle de Aïn Sebaâ, ont été pour la plupart contraintes de déménager. Plusieurs d'entre elles ont élu domicile sur les terrains vagues de Bouskoura et des environs. Un vaste espace qui s'étend jusqu'à Berrechid sur la route principale Casablanca-Marrakech.
Cours nocif
Dans le cadre du plan d'aménagement de Casablanca, les nouveaux quartiers industriels se retrouvent en grande partie dans la région de Bouskoura. Aussi a-t-on vu les encouragements de délocalisation des industries implantées à Aïn Sebaâ donner leurs fruits. Elles sont allées s'implanter dans les nouvelles zones aménagées à cet effet. La baisse du prix des terrains y a été pour beaucoup.
Finalement, la région a hérité de plusieurs sites industriels allant de Sidi Maârouf-Ouled Haddou à Nouaceur. Des dizaines d'usines pour la plupart polluantes. Même chose à une vingtaine de kilomètres dans la ville de Berrechid.
À Sidi Maârouf seulement, où une importante zone industrielle ne cesse de gagner de l'espace, les cultures maraîchères qui faisaient autrefois la fierté de la région, ne sont plus qu'un vague souvenir.
L'invasion du béton avait déjà entraîné des nuisances, elles se sont aggravées mais par les produits nocifs déversés par les unités industrielles. Les terres ne sont plus aussi fertiles que par le passé et la qualité des produits récoltés laisse parfois à désirer.
&laqno;Même leur goût a changé. Ce n'est plus aussi délicieux qu' il y a quelques années. Certains produits.sont devenus amers . On ne sait pas trop quoi faire», raconte un jeune de la région.
Apparences
&laqno;Ce cours de liquide noir que vous voyez, on appelle le ruisseau du poison. Partout où il passe, il n'y a point d'herbes sur les berges. Nous ne pouvons pas boire l'eau des puits creusés aux alentours. On nous a dit que cette eau pourrait être toxique pour cause d'infiltration des produits déversés par l'usine», continue notre interlocuteur.
Le problème c'est que le petit cours deviendra grand, si rien n'est fait pour le stopper. Il gagne du terrain. Parfois, il est d'un mètre de largeur ou plus. Alors que l'usine incriminée devait être astreinte au traitement de ces déchets avant de les déverser dans les canalisations. En aucun cas, celle-ci ne devait être laissée couler à l'air libre. &laqno;Ces produits devaient être traités à l'intérieur de l'usine, mais la station de traitement n'a jamais vu le jour, et le résultat est là», raconte un ouvrier de l'usine de céramique en question.
Autre cas, celui des ciments. Les cimenteries, c'est connu, font partie de la catégorie des industries les plus polluantes. Leurs effets néfastes ne se limitent pas aux aspects apparents et immédiats.
La région de Bouskoura abrite l'une des plus importantes unités de production de ciments du Maroc. Si les avantages ne sont pas à remettre en cause, il n'en demeure pas moins que la pollution qui en résulte est nocive.
Les exemples ne manquent pas. Des déchets liquides des usines de textile, avec les dérivés des produits chimiques utilisés aux industries chimiques, tout y est. Et le problème le plus grave c'est que ces industries donnent l'impression d'être moins nocives, moins polluantes que d'autres. Mais les dégâts sont énormes.
Aussi, sommes-nous amenés à dire que si le réaménagement de la ville de Casablanca par le déplacement des industries vers les environs était une nécessité incontournable, n'aurait-il pas été plus judicieux de choisir d'autres sites, plus éloignés des terrains agricoles?
N'aurait-il pas été judicieux de faire obligation aux industriels de respecter, ne serait-ce qu'un minimum de normes en matière de sauvegarde de l'environnement? On ne peut tout classer sous le registre du 'à payer au développement'.
Restructuration
Il est clair, que le problème a pris une ampleur considérable. À tel point que les organismes internationaux tirent la sonnette d'alarme. L'on voit mal comment faire face sinon revoir tout le tissu industriel en place pour un meilleur respect de l'environnement. Saura-t-on le faire à temps? Là est toute la question.
Pour l'heure, El Haj Elhabchi ne comprend pas ce qui est arrivé à la région. &laqno;Nous étions là bien avant les industries. On a vu passer les Américains et les Français qui étaient stupéfaits par la beauté des lieux. Maintenant c'est la désolation.»
Et pourtant El Haj continue à espérer que la verdure reprend de l'espace et rend la vie agréable dans les parages. Espoir qu'il veut voir se réaliser de son vivant. Un vu qu'on ne veut pas pieux...