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Karim Ramzi, artiste-photographe Le capteur de ces âmes
Publié dans MarocHebdo le 09 - 01 - 2009


Karim Ramzi, artiste-photographe
Le capteur de ces âmes
Sa voix douce, son allure tranquille et ses mouvements sereins laissent difficilement deviner sa force de caractère et son agitation créatrice. Ce n'est qu'en observant son travail que l'on se rend compte des tourments fertiles de son âme et de l'intensité du regard que Karim Ramzi, artiste-photographe, porte sur le monde. Comme un regard de sage revenu de tout à l'orée du demi-siècle d'une riche existence, mais qui n'a de cesse de vouloir surprendre le regard de l'autre. Cet autre qui se livre à lui sans concessions, le temps d'un shot et, sans lequel, reconnaît-il, il ne serait pas devenu le photographe de mode et de portrait mondialement connu qu'il est aujourd'hui.
Le camarade de promotion du Roi Mohammed VI, qui s'est assis sur les mêmes bancs de classe qu'un certain Fouad Ali El Himma ou un Hassan Aourid au Collège royal de Rabat, et que d'aucuns vouaient "logiquement" à une carrière politique, est allé à l'encontre de toutes les prédictions. C'est que l'enfant de médecin et de diplomate (Ahmed Ramzi, ministre et ambassadeur sous le règne de feu Hassan II), dans son travail comme dans sa vie de tous les jours, a, depuis son âge le plus tendre, l'art de bousculer les conventions et les conformismes, tout en tact, en doigté et en finesse.
Entouré de parents ouverts et bienveillants, qui l'ont toujours encouragé à suivre son cœur et ses passions, Karim Ramzi, aussitôt son bac en poche, traverse l'Atlantique pour s'en aller poursuivre ses études supérieures en sciences politiques, relations internationales et communication à Ottawa, dans le Canada anglophone. Mais, en plus d'une grande sociabilité, le jeune Karim a hérité une fierté et un orgueil certain de son père. Il a besoin d'argent, il n'est pas boursier, mais pas question pour lui d'en quémander à qui que ce soit.
Rencontre
Nous sommes au début des années 80. La radio marocaine vit alors ce que beaucoup d'animateurs considèrent comme son âge d'or. Le petit Ramzi, repéré alors qu'il était encore lycéen grâce à son travail estival sur les ondes de la RTM, où il programmait et animait des émissions musicales les dimanches matins (Réveil musical, CKF3 Rock, Soirée Disco), est embauché comme correspondant de la Radio marocaine au Canada. C'est là, dans les studios prêtés pour ses duplex par la CBC, la radio officielle canadienne, que Karim Ramzi s'éprend pour le journalisme. C'est à cette époque aussi qu'il fait une rencontre mémorable avec le célèbre portraitiste d'origine arménienne, Yussuf Karsh, l'une de ses idoles, qui l'initie à ce subtil art qu'est la photographie. Voilà le jeune Ramzi doublement amoureux.
De la plume et de l'objectif. En autodidacte invétéré, à l'Université de Carlton, où il s'inscrit pour une maîtrise de journalisme, il dévore en parallèle les ouvrages des grands noms de la photo de mode et de portrait, scrute, analyse leurs travaux et s'initie aux délicates techniques du métier, du repérage aux derniers retouches esthétiques en passant par la prise de vue. En 1986, une aubaine qu'il n'hésite pas saisir, se présente à lui. The Charlatan, au sein duquel il exerce déjà comme rédacteur, relevant à travers les illustrations de ses articles son don pour le métier, lui propose le poste de directeur de la photographie. Le jeune et talentueux photographe se fait rapidement remarquer par le milieu du show-bizz.
Acteurs, comédiens, mannequins, athlètes, et autres stars du monde de la mode, du théâtre, du sport et du cinéma font appel à lui pour des portraits. L'amour du beau, de l'esthétisme et de la finition parfaite de ce féru du cinéma classique noir et blanc des années 50, séduit tout autant que son professionnalisme, sa disponibilité et sa gentillesse. Karim Ramzi lui aussi est heureux et épanoui. Car il est désormais convaincu: entre ses deux passions, c'est la seconde, la photographie, qui emporte définitivement son cœur. Il décide alors de se spécialiser dans la photo de mode et de portrait et de s'installer pour son propre compte dans la capitale américaine du melting-pot par excellence, New-York, trois ans durant, puis en Arabie Saoudite, où il couvre la Guerre du Golfe au début des années 90 avant de s'installer pour quelques années à Casablanca, où il ouvre Medialab, un laboratoire professionnel.
Cosmopolite
Finalement, refusant de se consacrer à autre chose qu'à sa passion éternelle, il décide de faire définitivement ses valises pour la ville des Lumières, Paris, en 1997. Karim Ramzi est donc parisien aujourd'hui, new-yorkais hier mais il refuse les étiquettes faciles. Il est cosmopolite certes, mais Marocain avant tout, un enfant du bled qui espère qu'un jour son pays accordera à l'art toute la place qu'il mérite.
Un Marocain du monde que ses compatriotes ont finalement retrouvé lors d'une récente exposition à Bab Rouah. Le gosse de Marrakech (13 septembre 1961), n'a probablement jamais cessé d'être un enfant, lui qui répète à l'envi que son appareil photo est son jouet et qu'il adore les jeux de rôle auxquels les sujets de ses clichés acceptent de se prêter, faisant tomber tous leurs masques sociaux le temps d'une pause. Qu'ils s'appellent Youssou N'dour, El Walid Ibn Tallal, Nadiya, Keziah Jones, Spike Lee ou Abdelatif Benazzi.
Et c'est probablement là le plus dur: réussir à mettre en confiance un personnage public pour le laisser dévoiler les fins fonds de son âme, révéler son côté mûr ou enfantin, masculin ou féminin, sage ou déluré. Immortaliser à jamais sur du papier glacé cet instant de vie, de joie ou de peine, de trouble ou de paix intérieure, volé à la folle course du temps. Car, comme Karim Ramzi aime à le répéter, la photographie, c'est «80% de psychologie, 20% de technique». Un véritable "catcheur" d'âmes