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La tombeuse de Omar Jazouli
Publié dans MarocHebdo le 26 - 06 - 2009

• Fatima Zahra Mansouri, avocate, élue maire de Marrakech
En l'espace de quelques mois, Fatima Zahra Mansouri, 33 ans, élue conseillère municipale le 12 juin 2009 sous les couleurs du PAM, s'est érigée comme le porte-fanion du projet sociétal moderniste d'une formation se voulant ouverte aux jeunes et aux femmes.
Fatima Zahra Mansouri. Des alternatives
raisonnables pour les grands dossiers de Marrakech.
L'allure élancée, le tailleur chic, le chignon soigné, le regard vif et le sourire franc, elle scintille sous les flashs des photographes, se prêtant volontiers aux incontournables séances des portraits de famille au cœur de la palmeraie de Marrakech. Les clichés de Fatima Zahra Mansouri, seule ou en compagnie de son mari et de ses deux enfants, ont déjà fait le tour des rédactions du monde. Et ce le lendemain à peine de son élection, le lundi 22 juin 2009, à la tête du Conseil de la Ville de Marrakech. Et pour cause. C'est la première fois dans les annales de l'histoire du Maroc contemporain qu'une femme prend les rênes de Marrakech et la seconde fois qu'une femme est élue à la présidence du Conseil d'une grande ville, après Asmae Chaâbi, fille de l'homme d'affaires Miloud Chaâbi, maire PPS d'Essaouira de 2003 à 2009. Et, le moins que l'on puisse dire, c'est que la surprise a été de taille pour nombre d'observateurs de la vie politique marocaine.
Pour le maire sortant, Omar Jazouli, qui brigait avec assurance un second mandat sous la bannière de l'Union Constitutionnelle (UC), l'issue des urnes a été une véritable douche froide. Non seulement en raison de son bilan globalement positif à la tête de la mairie pendant ses six dernières années, mais aussi eu égard à sa longue carrière politique et à son expérience de la chose publique. A 75 ans, député depuis 1977, Omar Jazouli, descendant d'une famille de notables marrakchie depuis plus de cinq siècles, s'est de la sorte fait battre, à 18 voix de différence, par une jeune avocate de 33 ans, novice en politique et jusque là “inconnue au bataillon”.
Mais, en l'espace de quelques mois, Fatima Zahra Mansouri, élue conseillère municipale le 12 juin 2009 (à l'instar de 3.406 autres femmes, contre 127 en 2003) sous les couleurs du Parti Authenticité et Modernité (PAM), a été érigée pour ainsi dire comme l'atout cœur du PAM à Marrakech, le porte-fanion du projet sociétal moderniste d'une formation se voulant ouverte aux jeunes et aux femmes. Sa victoire est-elle due à la seule habileté communicationnelle de la machine électoraliste du parti de Fouad Ali El Himma ou la direction du “parti au tracteur” a-t-elle pressenti une réelle aptitude pour la gouvernance des affaires de la collectivité chez cette professionnelle du barreau?
Expérience
Quoi qu'il en soit, la jeune et ambitieuse Mansouri a obtenu 54 voix, contre 36 pour le maire sortant. Une victoire d'autant plus remarquée qu'uniquement cinq des 91 membres du conseil étaient absents lors du vote, un seul bulletin nul a par ailleurs été recensé. Et que l'élection s'est déroulée à la mairie de Marrakech dans la matinée du 22 juin 2009 dans le calme et sans incident, contrairement à d'autres villes comme Casablanca, où d'aucuns ont contesté la réélection de Mohamed Sajid à la tête du conseil de la ville blanche. Mais si, à la veille du vote, Omar Jazouli continuait à clamer dans la presse qu'il serait réélu car «les Marrakchis ne sont pas des gens ingrats», l'état-major du PAM, lui, présentait la victoire de sa jeune candidate comme évidente: «Nous avons la conviction que Mme Mansouri va être élue maire de Marrakech car elle bénéficie d'un large soutien», affirmait ainsi à la presse le samedi 20 juin 2009 le secrétaire général du PAM, Cheikh Mohamed Biyadillah.
Il faut dire en effet que la formation de Fouad Ali El Himma, qui a raflé 6.015 des 27.795 sièges à pourvoir aux municipales du 12 juin 2009, soit 21,7% des suffrages exprimés, a su nouer de solides alliances au sein de la mairie de Marrakech, où le PAM est arrivé en seconde position avec 21 élus, tout de suite après l'UC et ses 25 élus. La formation de l'ex-ministre délégué à l'Intérieur s'est notamment alliée au RNI (en troisième position avec ses 11 sièges), au parti de l'Istiqlal (4 sièges) et même à ses réputés “adversaires islamistes” du PJD (en 4ème position avec 9 sièges).
Alliances
Avec ces 45 voix, Fatima Zahra Mansouri était déjà assurée d'avoir la majorité. L'UC a-t-il eu tort de compter un peu trop sur ses propres élus? Et quel poids a bien pu peser l'ancien adjoint de Jazouli dans ce vote, Abdelaziz Banine, du RNI, en litige judiciaire avec le maire sortant dans une affaire foncière et de nouveau réélu à la vice-présidence du Conseil de la Ville? Enfin, le “mini-scandale” provoqué à la mi-mai 2009 par les confidences d'un prostitué à des quotidiens arabophones qui a prétendu avoir entretenu des relations intimes avec Omar Jazouli, est-il pour quelque chose dans la désaffection des membres du conseil de la ville envers le maire sortant? Quoi qu'il en soit, une chose est sûre: cette affaire de mœurs a quelque peu éclaboussé la réputation du ténor de la formation libérale et conforté l'étiquette de “ville de toutes les débauches” ou de “Bangkok africaine” (en référence à la prostitution et à la pédophilie) collée depuis quelques années à Marrakech.
D'aucuns croient quant à eux voir dans cette élection une main royale invisible, déterminée à redorer à l'international le blason de locomotive du tourisme marocain. Et à véhiculer par la même occasion l'image d'un Maroc moderne et égalitaire, où la gouvernance de l'une des plus grandes villes du pays avec son million d'habitants, est confiée à une femme jeune et instruite. Quoi qu'il en soit, il est sûr que cette élection va insuffler de l'air frais sur la ville rouge et donner un coup de peps à la mairie de Marrakech.
Fatima Zahra Mansouri, native de 1976, fille d'un ancien pacha de Marrakech, feu Abderrahman Mansouri, a fait ses études d'avocate en France avant de rentrer au pays, où elle a ouvert un cabinet d'avocat spécialisé dans la gestion des transactions commerciales et immobilières. Son entourage la présente comme une jeune juriste à l'intelligence vive, dotée d'un grand sens des responsabilités et du consensus. La nouvelle présidente du conseil de la ville de Marrakech, qui n'a pas hésité à avouer qu'elle ne disposait pas d'une baguette magique pour trouver des solutions à tous les problèmes, a toutefois souligné qu'elle «ne ménagera aucun effort pour parvenir, par la voie du dialogue et de la concertation, à proposer des alternatives raisonnables et possibles pour les grands dossiers de la ville» et qu'elle espérait «être à la hauteur de cette nouvelle mission» et des attentes des habitants de Marrakech.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que la jeune maire a bien du pain sur la planche. Ne fût-ce que pour maintenir les réalisations ou poursuivre les chantiers entamés par son prédécesseur.
Reproches
Car les administrés, si l'on excepte quelques reproches quant au surendettement supposé de la Ville, sont quasi-unanimement satisfaits du travail en profondeur mené par Omar Jazouli aux côtés du Wali de la région de Marrakech-Tensift-Al Haouz, Mounir Chraïbi, pour faire de Marrakech une ville sûre, une ville où il fait bon respirer avec ses 15 m2 d'espace vert par habitant, une ville assainie et bien éclairée, une ville animée avec ses nombreux festivals culturels, ses lieux de divertissement nocturnes, sa médina mythique, ses sites historiques intacts et ses environs superbes.
En somme, une ville où il fait bon vivre, à tel point que Marrakech, devenue lieu de résidence et de villégiature de la jet-set internationale, subit aujourd'hui le revers de la médaille. Entre autres: flambée des prix, démographie galopante, bétonnage de la périphérie et affluence de touristes non-grata..