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Sahara : «L'UE doit sortir de sa zone de confort», indique Bourita
Publié dans Yabiladi le 24 - 02 - 2021

Le Maroc souhaite entamer une nouvelle page dans ses relations avec l'Union européenne, notamment sur les questions migratoire et le Sahara. Un message que Nasser Bourita a transmis aux Vingt-sept. Le ministre des Affaires étrangères a aussi mis en garde l'UE contre le harcèlement judiciaire du Polisario.
Après ses entretiens avec le Commissaire européen au Voisinage et l'Elargissement Oliver Varhelyi, le 18 février, Nasser Bourita a eu l'occasion de présenter l'approche marocaine de ses relations futures avec son premier partenaire économique dans une interview accordée à l'Agence Europe. Une approche basée sur le dialogue et la concertation, comme il l'a évoqué pour la question de la coopération fiscale.
«L'UE ne peut pas établir des critères et dire : "On les utilise pour les Iles Caïman, on les utilise pour le Maroc". Si le voisinage sud est important, il ne doit pas subir les conséquences de décisions prises par l'UE. Les pays du sud de la Méditerranée doivent être associés, pas à la décision, mais au moins à la réflexion», a plaidé le chef de la diplomatie. Aussi, le Maroc «a demandé à l'UE de sortir de cette logique du professeur et de l'élève et de rentrer dans une logique de concertation où chacun comprend les soucis de l'autre pour arriver à des solutions qui pourraient satisfaire les intérêts de l'Europe sans faire dommage aux intérêts du Maroc», a expliqué Bourita.
Cette approche, le ministre des Affaires étrangères souhaite qu'elle sous-tende le traitement de l'épineuse question de la migration. «La solution de facilité est de tout mettre sur le dos des pays de transit parce que régler le problème à l'origine semble difficile et parce que dans les pays d'accueil, il y a une forte pression politicienne» au point qu'en Europe «personne ne veut assumer une discussion sereine, lucide sur le phénomène migratoire. Donc, la culpabilisation excessive des pays de transit est une mauvaise piste».
Le ministre a saisi cette occasion pour réitérer le rejet catégorique du royaume de toutes les solutions proposées par l'UE à cet égard, telle les «Hotspots». «Le Maroc le redit : Il assume ses responsabilités mais ne jouera jamais le gendarme, parce que ce n'est sa vocation, sa conviction», a-t-il précisé.
Sahara «l'Europe doit sortir de sa zone de confort»
Comme pour la question migratoire, le Maroc n'est guère satisfait de la position européenne sur le dossier du Sahara, notamment après la reconnaissance par les Etats-Unis de sa souveraineté sur le territoire. «C'est une évolution naturelle de la position américaine qui, depuis 2007, considère l'initiative d'autonomie marocaine comme une base sérieuse et réaliste pour trouver une solution définitive à ce différend régional. Et lorsqu'on dit autonomie, je ne pense pas qu'il y ait autonomie en dehors d'une souveraineté. Cette position renforce les chances d'une solution dans le cadre de son initiative d'autonomie à la question du Sahara», s'est félicité Nasser Bourita.
Il a ainsi appelé l'Union européenne à «sortir de sa zone de confort et soutenir cette tendance internationale (…) Le processus a tourné en rond pendant des années. Aujourd'hui, une orientation émerge et c'est cette orientation-là que l'UE doit épouser également. L'Europe a besoin d'une zone sahélo-saharienne stable et sécurisée. Ces vœux peuvent rester pieux s'il n'y a pas d'engagement». Et de s'interroger : «Aujourd'hui, le train va partir. L'Europe va-t-elle rester passive ou contribuer à cette dynamique ?».
Nasser Bourita a également mis en garde l'UE contre «le harcèlement judicaire» que mène le Polisario par ses nombreux recours présentés devant la Cour de justice de l'Union européenne. La Cour examinera d'ailleurs le 2 mars un nouveau recours déposé contre la conclusion de l'accord sous forme d'échange de lettres entre l'UE et le Maroc sur la modification des protocoles n°1 et n°4 de l'accord d'association entre les deux parties. «Si l'Europe croit au partenariat entre le Maroc et l'UE, l'Europe doit être consciente que ce partenariat a des ennemis. C'est à l'Europe de réagir».


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