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Maroc : Le PJD au pouvoir, les banques islamiques bientôt autorisées ?
Publié dans Yabiladi le 14 - 12 - 2011

L'arrivée au pouvoir du PJD ouvre-t-elle la voie à l'implantation au Maroc de banques islamiques ? En tout cas des premiers signes le démontrent. Les investisseurs du golfe ont déjà pris langue avec le nouveau chef du gouvernement qui voit dans l'arrivée des banques islamiques un moyen de stimuler le système bancaire marocain.
La finance islamique est en phase de faire son entrée de pleins pieds au Maroc avec l'arrivée au pouvoir des islamistes. A peine nommé chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane a reçu, samedi 10 décembre, le patron de la Qatari International Islamic Bank (QIIB), Sheikh Khalid Bin Thani Al Thani. Les deux hommes ont discuté des «perspectives de création d'une banque islamique au Maroc ainsi qu'une entreprise d'assurance du même genre», a fait savoir le top management de la banque qatarie, rapporte les Echos. Une joint-venture détenue à 51% par des opérateurs marocains et 49% par les investisseurs qataris devrait prochainement être créée si tout se passe bien.
Stimuler le système bancaire
Pour Benkirane, «le Maroc est désireux de faire appel à l'expertise de QIIB dans la finance islamique. Une collaboration permettrait de stimuler le système bancaire marocain et pourrait répondre aux besoins des consommateurs». Au sein du parti de la lampe, on indique qu'en plus de cette première opération, «plusieurs» autres pourraient suivre. L'objectif étant d'attirer davantage d'investisseurs du Golfe et de lancer le royaume dans le monde de la finance régie par la sharia. «La finance islamique, déclarait Lahcen Daoudi, Monsieur économie du PJD, est estimée à plus de 1 000 milliards d'euros dans le monde. Il suffit de mettre en place une réglementation dédiée pour en drainer une bonne partie».
Une réglementation quasi hostile
Des produits alternatifs «halal» sont actuellement commercialisés par les banques marocaines. Notamment dans l'immobilier avec «Mourabaha», les crédits d'investissements «Moucharaka» ou encore dans le leasing «Ijara». Mais le succès n'est pas encore au rendez-vous en raison du cadre réglementaire, loin d'être favorable au développement des banques islamiques.
Le coût des transactions via les produits alternatifs (dans l'immobilier par exemple) reste trop élevé du fait du double enregistrement et de la double conservation. Cette cherté des produits alternatifs «halal» par rapport aux produits bancaires classiques est d'ailleurs soulignée par la Banque africaine de développement qui remarque que «la législation bancaire du Maroc n'autorise pas le type d'activité d'investissement direct auxquelles s'adonnent de nombreuses banques islamiques».
Avec l'arrivée aux commandes du PJD, il faudra certainement s'attendre dans le court ou moyen terme à une inversion des choses. Déjà en janvier dernier, les députés du parti de la lampe avait fait une proposition de loi relative à la finance islamique.


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