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20 août : La fête négociée entre Mohammed V, Moulay Hassan, Dr El Khatib et Mohamed Basri
Publié dans Yabiladi le 19 - 08 - 2019

La fête de la Révolution du roi et du peuple a été le fruit d'une négociation entre le Palais et des figures de la résistance. Rien n'a été oublié : du choix du jour de la célébration aux discours de Mohammed V et de Fqih Basri, tout avait fait l'objet d'un accord avant qu'il ne soit une page oubliée de l'Histoire du Maroc.
Le Maroc commémore ce mardi le 63ème anniversaire de la Révolution du roi et du peuple. Une occasion célébrée annuellement par un discours du chef de l'Etat pour se rappeler de la déposition du sultan, le 20 août 1953, par les autorités françaises. L'occasion de saluer au passage les actes de la résistance opposée à l'exil forcée du sultan Mohammed Ben Youssef et de sa famille.
Une fête qui, au fil des années, a changé sous la pression de la course ouverte au leadership que se livraient les alliés d'hier ; ceux qui étaient unis dans le combat contre la colonisation et réclamaient le retour de Mohammed Ben Youssef à son trône.
Mais avant que les choses ne prennent cette tournure, dans quelles circonstance est née cette fête ? Nous sommes en 1956, en pleine euphorie des premiers mois de l'Indépendance. La relation entre le Palais et le mouvement national est au beau fixe. Le Maroc n'a pas encore connu la révolte du Rif et les premières vagues de disparitions de figures de la résistance.
Palais et Résistance avaient besoin de célébrer leur «union»
Dans ce contexte de calme qui précède la tempête, les deux acteurs visibles du jeu politique au Maroc allaient sceller leur entente par la proclamation d'une journée consacrée à la célébration de leur union. Et comme le 20 août 1953, avait été le véritable déclencheur de la lutte armée contre le protectorat suite à la déposition du futur roi Mohammed V, Palais et résistance sont vite tombés d'accord sur ce jour pour la célébration.
Reste quelques détails à régler, et non des moindre, en vue de donner à la fête un sens pratique à son slogan pour célébrer la «symbiose entre le roi et le peuple». Les deux parties conviennent ainsi d'un partage des rôles. Ainsi et quasiment sur le même pied d'égalité, le sultan et un représentant de la Résistance prononçaient de deux discours le 20 août. Un équilibre qui n'aura duré que quelques années avant d'être définitivement oubliée de l'Histoire du Maroc.
«Cette formule est le fruit d'une discussion en 1956 qui a duré toute une nuit au palais d'El Oualidia entre S.M Mohammed V, le prince héritier Moulay Hassan et un représentant de la résistance et de l'Armée de libération nationale, le Dr Abdelkrim El Khatib et moi-même», racontait Mohamed Basri lors d'une interview accordée à l'hebdomadaire Jeune Afrique, publiée le 8 juillet 1987.
En décembre 1999, dans ses mémoires diffusées sur la chaîne Al Jazeera, Fqih Basri révélait qu'au cours de cette nuit, il a été décidé que chacun des intervenants était libre de choisir le thème de son message sans en avoir à informer l'autre partie.
Cet accord avait permis au fondateur de l'Union nationale des forces populaires (UNFP) de prendre du galon et d'être considéré comme la «deuxième personnalité» au Maroc derrière le roi Mohammed V, avant de tomber en disgrâce. Il finira même par prendre les armes contre la monarchie et le chemin de l'exil sous le règne du roi Hassan II.


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