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Covid-19: les porteurs de projets entre l'optimisme et le pessimisme
Publié dans Albayane le 07 - 06 - 2020

La fermeture des cafés, restaurants, salons de coiffure, SPA, salles de sport et bien d'autres jusqu'à nouvel ordre. Une décision qui affecte inéluctablement ces métiers vitaux de la vie quotidienne. D'autant plus que pour les nouveaux entrepreneurs et investisseurs qui s'apprêtaient ou venaient de lancer leurs projets ; ils se retrouvent de nos jours entre le marteau et l'enclume. Si certains d'entre eux gardent l'optimisme, d'autres par contre sont vraiment inquiets par rapport à l'avenir de leurs projets et veulent même prendre un autre virage. Les témoignages.
Pour Youssef, un propriétaire récent d'un snack à Agadir, le déclenchement de la pandémie au Maroc a bouleversé le lancement de son activité. A peine un mois après l'ouverture de son petit restaurant, il a été contraint de baisser le rideau. «Je viens d'ouvrir mon snack et j'ai déjà fermé. Covid Oblige», déclare le jeune entrepreneur trentenaire. «Je ne vous cache pas que la décision des autorités m'a coupé le souffle, parce qu'elle était brutale…Je n'ai même pas eu le temps de gérer mon stock», raconte Youssef et d'ajouter : «Mais, on n'a pas le choix … Il faut d'abord penser à la sécurité de tout le monde».
Youssef, comme la majorité de propriétaires de cafés et restaurants, attend impatiemment que les choses reviennent à la normale. «Je suis prêt à mettre en œuvre toutes les mesures nécessaires pour reprendre mon activité. Je ferai tout ce que je peux pour redonner vie à mon Snack. Ça fait des années que je projette l'ouverture de mon projet et je ne suis pas prêt à fermer la porte après avoir réussi à l'ouvrir !».
A l'instar des Hammams, les salons de coiffure, centre de beauté et SPA ont fermé les portes pour limiter la propagation du Covid-19. Au-delà du risque sanitaire bien réel, les chefs d'entreprise du secteur de la beauté s'inquiètent de l'impact du virus sur le comportement des clientes mais aussi des clients. Vont-ils revenir ? Seront-ils toujours intéressés par les diverses prestations de beauté ?…Ce sont d'ailleurs ces questions que posent, Siham, qui travaillent sur le lancement d'un salon de coiffure à Bouskoura.
«Je comptais ouvrir mon salon cet été mais je pense que je vais retarder le lancement de mon projet. Avec l'incertitude actuelle entourant le coronavirus, il est tout à fait naturel que les clients soient prudents en matière d'hygiène et de sécurité. Ceci est particulièrement répandu dans une industrie telle que la coiffure puisqu'une grande partie du service repose sur le toucher physique » avance notre spécialiste en coiffure. Et de poursuivre : «C'est vrai que j'ai tout envisagé pour un lancement en été…mais je préfère ne pas me précipiter et attendre que le secteur prenne son souffle pour pouvoir mettre mon activité sur les bons rails».
Face aux lourdes conséquences du Covid-19, les acteurs de l'industrie du sport s'inquiètent également de la reprise de l'activité. Les patrons des enseignes de fitness transpirent toujours à grosses gouttes. Les salles comme les caisses sont vides, et le retour à la normale tarde à se dessiner. Rachid, MRE, a toujours rêvé d'ouvrir une salle de sport au Maroc notamment à Casablanca (Dar Bouazza). Ce rêve tant attendu à se réaliser devient brutalement un cauchemar pour notre investisseur : «Après le déclenchement de la pandémie, la fermeture des aéroports internationaux, l'arrêt de la majorité des activités…il est difficile aujourd'hui de se projeter dans un investissement à caractère économique et social comme une salle de sport.
Avec la crise sanitaire actuelle, il y a eu un changement majeur des habitudes des citoyens et ça devient de plus en plus complexe de maîtriser le risque et de calculer le retour d'investissement». «J'ai renoncé à l'idée de mettre mon argent dans une salle de sport au Maroc… Je dois attendre le retour à la normale de la vie quotidienne pour repenser un à un investissement opportun», précise Rachid avant d'annoncer : «Ce retour à la normal devrait prendre des années…Cinq ans au moins !».


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