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RHN Maroc - Espagne : Après la politique, l'embellie économique [INTEGRAL]
Publié dans L'opinion le 08 - 12 - 2025

La treizième Réunion de Haut Niveau (RHN) Maroc-Espagne confirme le rapprochement politique et économique engagé entre les deux pays. Les échanges commerciaux atteignent 22,7 milliards d'euros en 2024 et les investissements espagnols se renforcent dans plusieurs secteurs stratégiques. Rabat et Madrid ambitionnent désormais de structurer un partenariat capable de s'étendre aux marchés africains.
Le 4 décembre à Madrid s'est tenue la treizième Réunion de Haut Niveau (RHN) entre le Maroc et l'Espagne, co-présidée par le Président du gouvernement espagnol Pedro Sánchez et le Chef du gouvernement marocain Aziz Akhannouch, en présence de plusieurs ministres des deux pays.

Cette RHN est organisée moins de deux ans après la session de Rabat, qui avait scellé la réconciliation entre les deux pays à la suite de la reconnaissance par Madrid de la souveraineté marocaine sur son Sahara. Dans son mot d'ouverture, Aziz Akhannouch a d'ailleurs souligné que les relations maroco-espagnoles reposent désormais sur des paramètres politiques explicites et un dialogue stable.

Les échanges commerciaux entre les deux pays reflètent l'évolution positive de cette relation. En 2024, ils ont atteint un niveau record de 22,7 milliards d'euros, soit près de 8% de plus que l'année précédente, confirmant l'Espagne comme premier partenaire commercial du Maroc. Les exportations marocaines se sont établies à 9,83 milliards d'euros, tandis que les importations ont atteint 12,86 milliards d'euros.

Un commerce florissant

Les importations marocaines depuis l'Espagne se composent des combustibles (18%), des appareils mécaniques (12%), des véhicules (11%), des appareils électriques (9%) et des plastiques (6%). Quant aux exportations marocaines vers l'Espagne, elles reposent principalement sur les appareils électriques (30%), les vêtements non tricotés (15%), les véhicules (12%), le poisson (9%) et les fruits (6%).

Concernant les investissements, à fin 2022, le stock espagnol au Maroc s'élevait à 1,9 milliard d'euros générant 27.655 emplois. Le Royaume figure ainsi comme la 29ème destination mondiale des capitaux espagnols et la première en Afrique, avec 32% des investissements de l'Espagne sur le continent. Ces flux concernent plusieurs secteurs, dont l'assurance, la construction et l'industrie manufacturière, notamment les produits non métalliques, le papier ou les boissons.

Lors de sa visite à Rabat en février 2024, Pedro Sánchez avait indiqué que les entreprises espagnoles pouvaient prétendre prendre part à un potentiel d'investissements de l'ordre de 45 milliards d'euros au Maroc d'ici 2050. Ces investissements concernent les grands projets d'infrastructures, mais aussi le transport, l'énergie, le dessalement et d'autres secteurs stratégiques.

Importante présence espagnole

Les entreprises espagnoles sont déjà très présentes dans des projets d'envergure au Maroc, comme celui de la station de dessalement de Casablanca, la plus grande du genre en Afrique. Cette installation, prévue pour 2026, sera construite par un consortium maroco-espagnol réunissant Green of Africa (Afriquia Gaz, AKWA Group, O Capital) et le groupe espagnol Acciona, actif dans le BTP, l'immobilier, l'énergie, en particulier les renouvelables et la logistique.

Au total, plus de 360 entreprises espagnoles disposent d'une implantation au Maroc. Elles sont présentes dans plusieurs secteurs, dont le textile avec Inditex et Zara, l'agroalimentaire avec Mercadona, Ebro Foods ou Borges, l'énergie avec TSK ou Oca Global pour les renouvelables, la logistique avec Lodisna, ainsi que l'automobile et les services.

Potentiel de co-investissement

Les opportunités d'investissement restent importantes. Durant le forum économique stratégique, organisé en parallèle du RHN entre les patronats des deux pays, la CEOE et la CGEM tablent sur 5 milliards d'euros d'investissements croisés d'ici 2028. Ces investissements portent sur les énergies renouvelables, les infrastructures, la logistique, l'industrie et les technologies vertes.

Les entreprises marocaines et espagnoles doivent désormais passer à un nouveau stade de coopération en créant des coentreprises capables de cibler de nouveaux marchés, en particulier africains. Grâce à son expérience du continent, Rabat peut servir de véritable plateforme pour les sociétés espagnoles, non seulement pour accéder aux marchés du quotidien, mais aussi pour renforcer leur position face aux concurrents venus de Chine, de Turquie ou de Russie.


Coopération : 14 accords signés
Durant la RHN Maroc-Espagne, quatorze accords de coopération ont été conclus dans plusieurs domaines.
Sur le plan économique, social et administratif, un MoU a été signé pour renforcer la digitalisation de l'administration fiscale, un autre pour l'échange numérique des données judiciaires et extrajudiciaires, ainsi qu'un accord facilitant l'envoi et la réception électroniques des demandes de coopération.
Les deux pays ont également prolongé leur mémorandum d'entente sur la protection sociale et la Sécurité sociale, qui encadre l'échange de capacités techniques et la modernisation administrative. Une déclaration d'intention a aussi été adoptée pour améliorer l'accès et la diffusion des textes législatifs et réglementaires grâce à la coopération documentaire.
Dans les domaines du Sport, de la Culture et de l'Education, un nouvel accord actualise le fonctionnement des centres d'enseignement espagnols au Maroc et clarifie les modalités de participation du personnel enseignant.
Un MoU renforce la coopération sportive, avec un comité de suivi annuel et des actions communes en matière de formation et d'organisation d'événements. Un autre vise à lutter contre les discours de haine et la désinformation, en misant sur la sensibilisation et la coopération institutionnelle.
Sur le volet diplomatique, trois mémorandums ont été signés. Le premier porte sur la diplomatie féministe et l'égalité de genre, le second sur la mobilité des jeunes diplomates et le troisième sur la formation, reliant l'Institut marocain de la formation diplomatique et l'Ecole diplomatique espagnole.
Enfin, l'Agriculture et la Pêche figurent parmi les secteurs prioritaires. Un accord porte sur l'innovation, la gestion de l'eau et le développement rural, tandis qu'un autre vise la pêche maritime, l'aquaculture et la lutte contre la pêche illicite, ainsi que la sécurité alimentaire.
Un MoU scientifique renforce enfin la coopération dans l'étude de la sismicité et de la géodynamique dans la zone du détroit de Gibraltar, avec échange d'informations et déploiement coordonné de réseaux d'observation.

Espace aérien du Sahara : Les négociations avancent
La gestion de l'espace aérien du Sahara est toujours en discussion entre l'Espagne et le Maroc. Il s'agit d'un sujet important bien qu'il ne soit pas mentionné dans la Déclaration finale de la réunion de haut niveau, qui vient de se clôturer à Madrid.

Le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a évoqué ce sujet dans une interview accordée à l'agence EFE. Il en a parlé sans ambages. Il a jugé anachronique qu'un vol de Marrakech à Laâyoune ou Dakhla soit sous contrôle d'une tour espagnole pendant une partie du trajet, alors que la sécurité de l'avion est du ressort du Maroc.

Concernant les négociations, le chef de la diplomatie marocaine a fait savoir que les discussions progressent, rappelant que le sujet a été clairement mentionné dans la Déclaration conjointe du 7 avril 2022. "Nous avons progressé (...) et le groupe de travail va se réunir bientôt pour faire avancer le dossier", a-t-il confié.

Jusqu'à présent, le contrôle de l'espace aérien du Sahara marocain incombe à l'Espagne. Il devrait être transféré aux autorités marocaines, selon les engagements pris dans la Déclaration conjointe signée en 2022 au lendemain de la réconciliation entre les deux pays.

A cet égard, il a été convenu d'engager des discussions concernant la gestion des espaces aériens. Idem pour la délimitation des frontières maritimes dans la façade atlantique qui a été confiée à un groupe de travail. Interrogé sur ce point, Nasser Bourita s'est dit convaincu qu'il est possible de trouver des solutions de nature à préserver les intérêts de l'Espagne et les droits du Maroc.


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