Sahara - Négociations : Première réaction de l'administration Trump    Sahara : Trump impose un nouveau round de négociations à l'ambassade américaine à Madrid    Oriental : Le barrage Mohammed V atteint le taux de remplissage exceptionnel de 86%    Un ferry écossais réussit un sauvetage en mer dans les eaux marocaines    Ceuta : Le corps d'un migrant d'Afrique subsaharienne retrouvé près de la frontière    Zakaria Aboukhlal signe un retour convaincant avec le Torino    Bilal El Khannouss traverse une période difficile à Stuttgart    M'diq-Fnideq : Des efforts pour la scolarisation des enfants de Ksar El Kébir    Morocco: Heavy rains and strong winds from Monday to Tuesday    Sahara talks: First official reaction from the Trump Administration    SNRT unveils Al Aoula's Ramadan 2026 schedule with diverse programming    Des tombes musulmanes datées d'Al-Andalus découvertes à Estepona    Quotient intellectuel : le Maroc occupe la 66e place mondiale    Révision des programmes : un nouveau cadre d'indemnisation instauré    Khénifra : Mobilisation tous azimuts et mesures préventives face à la montée des eaux de l'Oum Er-Rbia    Revue de presse de ce lundi 9 février 2026    Xi Jinping en visite dans un complexe d'innovation en technologies de l'information à Pékin    Présidentielle au Portugal: Large victoire du candidat Antonio José Seguro    Starlink lance ses activités au Sénégal    Japon. la victoire électorale de Sanae Takaichi enchante les investisseurs    Akhannouch : «Nous avons créé 19 organisations parallèles pour former et développer les élites»    Chambre des conseillers : Ouverture du 10e Forum parlementaire international sur la justice sociale    Coopération. Le Gabon et les Emirats signent 3 accords    Coupe Davis: Grande prestation du Maroc malgré la défaite face à la Colombie    Ligue des champions (groupe B): L'AS FAR prend une sérieuse option    Athlétisme : Accra hôte des Championnats d'Afrique seniors 2026    Mercato : Youssef En-Nesyri signe à Al-Ittihad    Feyenoord verrouille son jeune talent marocain, Nassim El Harmouz    RNI : Mohamed Chouki succède à Aziz Akhannouch, le choix de la continuité assumée    Contrôle interne : fin du pilotage à l'aveugle dans les ministères ?    Aéroports : fin des mesures exceptionnelles après l'arrivée des cargaisons de kérosène    Mexico: L'ambassade du Royaume se mobilise au service des Marocains du Mexique    Programme d'alphabétisation dans les mosquées : les indemnités pour l'encadrement revues à la hausse    Inondations : « L'aide psychologique est aussi vitale que l'aide matérielle »    Environnement : Madagascar protèges ses écosystèmes    Marrakech – Justice : Nouvelle plainte contre Hicham Jerando pour diffamation    Décarbonation : 70% des PME déjà engagées, selon une enquête de la BEI    Marché boursier marocain : Vers une nouvelle ère de financement au service de la souveraineté    CMG achève la quatrième répétition du Gala du Nouvel An chinois 2026    L'Année au Galop    Al Aoula mise sur l'émotion et l'engagement pour Ramadan    Les Afropéennes célèbrent la diversité à Lomé    Allemagne : Trois suspects interpellés pour vol de câbles et perturbation du trafic ferroviaire    Intempéries en Espagne : Suspension de la circulation ferroviaire dans plusieurs provinces    Une initiative marocaine avancée brise l'impasse : un document détaillé sur l'autonomie met les adversaires de l'intégrité territoriale à l'épreuve du réalisme    Aéroports belges : 36,4 millions de passagers en 2025, un record    L'Orchestre Symphonique Royal fait résonner l'âme de Respighi à Casablanca    Caftan Week 2026 : les designers qui porteront le "Souffle de l'Atlas"    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Kafkaïen
Publié dans Albayane le 28 - 07 - 2020

Sincèrement et en toute logique, les responsables au gouvernement marocain n'avaient pas pris la pleine mesure de la situation sanitaire et humaine, pour passer d'une gestion presque sans faute à un cafouillage total?
Confiner le 20 mars 2020, et les populations ont tenu leurs engagements, puis déconfiner le 24 juin 2020, comme si du jour au lendemain, le danger lié au virus du Covid-19 s'était évaporée dans la nature, pour reconfiner par zones, avant de laisser planer depuis le 27 juillet 2020, à quelques jours d'une fête sacrée pour les Marocains, la possibilité de revenir à la case départ à n'importe quel moment. Bon. Nous allons tenter, tout de même, de comprendre cette équation un peu bizarre du gouvernement.
Pendant plus de 90 jours de confinement, avec les hauts et les bas, les ratages, les dérives des uns et des autres, les petits couacs et les approximations, presque tout était sous contrôle. Certains ont même été surpris que la capacité hospitalière en termes de lits disponibles n'ait pas été utilisée parce que le travail en amont, en ce qui se réfère aux règles strictes du confinement, ont porté leurs fruits en donnant de bons résultats. Jusque-là, tout va plus au moins bien. Puis arrive le mois de juin. Il ne faut pas être un génie pour savoir que le Marocain, une fois on lui signifie qu'il n'est plus confiné, va sauter dans l'eau de la mer.
Il va envahir les plages (on l'a vu juste ici à côté à Ain Diab avec des dizaines de milliers d'estivaliers qui pensaient pouvoir passer leurs vacances en bord de mer, en toute tranquillité, jouant au foot, se jetant par milliers et sans masques dans la mer). Il va s'installer durant des heures dans les cafés, aller aux restaurants, faire la queue par centaines devant les Fast Food comme s'il n'avait jamais avalé un burger de sa vie, envahir les magasins de fringues comme s'il avait passé les trois mois de confinement à poil et sans rien se mettre sur la peau.
Sans oublier les restaurants et les bars pour boire et faire la fête. Sans parler, non plus, des soirées à 100 personnes, sans masques, dans la promiscuité la plus totale. Sans oublier les mariages incognito, mais avec beaucoup de monde, sans évoquer les pools parties, les voyages d'une ville à l'autre, les happenings privés, les prières par dizaines sur des toits, les SPA qui ont ouvert leurs portes dans une frénésie incroyable comme s'il fallait aller gommer trois mois de mesures strictes pour sauver sa peau, parce qu', au final, c'est de cela qu'il est question : sauver sa vie.
Et la liste est longue de tant de laisser-aller, prévisibles de tous, parce que, dans un sens, les dérives aussi sont dans l'ordre des choses. On ne pensait pas quand même que les Marocains allaient, tous, continuer à respecter les distances les uns avec les autres, porter des masques et ne sortir que pour faire le nécessaire en se protégeant et en protégeant la vie des autres ! Le Marocain a certes montré qu'il pouvait agir de manière responsable, et nous avons salué cela dans plusieurs chroniques, mais le Marocain peut aussi être très indiscipliné et n'avoir aucun sens du civisme. Enfin, on ne va pas se voiler la face, on se connait tous, entre Marocains. Nous savons de quoi nous sommes capables. Nous savons aussi que nous pouvons être d'un fatalisme dangereux.
Et c'est exactement ce qui s'est passé. C'est l'été. Les gens ont tenu pendant plus de trois mois. Alors ils se sont relâchés. Puis ils se sont lâchés dans tous les sens du mot. Certains ont même été jusqu'à croire et diffuser autour d'eaux, dans leurs cercles et leur entourage, que tout cet épisode tragique du Covid-19 n'est qu'un gros mensonge mondial ! Oui. Tout à fait et ce fatalisme qui peut s'avérer mortel. Nous l'avons également souligné dans plusieurs chroniques : Non, chers Marocains, la pandémie n'est pas une série sur une plateforme payante pour vous faire passer le temps. Non, cher Marocain, on te le répète jusqu'à ce que tu arrives à l'intégrer, il y a plus de 700 000 morts à cause de ce virus dont plus de 200 000, rien qu'aux Etats-Unis d'Amérique, le pays le plus puissant de la planète, qui n'a pas pu réagir et sauver ses citoyens.
Presque 20 millions de personnes ont été touchées dans le monde et ce n'est pas fini. Les observateurs parlent d'au moins 50 millions de personnes qui peuvent être touchées. Ce qui revient à dire qu'on peut dépasser le Million de mort. Au Maroc, nous déplorons déjà le décès de plus de 313 Marocains, et le cap effrayant des 20 000 cas a été franchi.
L'affaire est sérieuse. Les temps sont graves. Il ne faut absolument pas se leurrer. La mort rôde. C'est l'état actuel des choses : la preuve une explosion de cas dans une ville comme Tanger en un rien de temps. Sans penser à qui la faute et qui doit assumer ce flou terrible qui plane dans l'air (avez-vous vu les accidents et les embouteillages de la nuit du 26 juillet ?), nous sommes tout aussi obligés de poser certaines questions.
Mais avant de revenir sur une interrogation brûlante que tout le monde se pose: pourquoi avoir déconfiné alors que rien n'était sous contrôle ? Parlons d'abord de ceci: nous avons besoin d'une voix responsable dans ce gouvernement qui nous parle franchement et en toute transparence sur la situation sanitaire que nous vivons en tant que citoyens marocains. Les responsables doivent faire preuve de rigueur et assumer en montant au créneau, sans effets de manche, ni slogans ni fioritures.
Ensuite, nous avons besoin d'avoir un réel son de cloche, de préférence toujours le même, qui explique la complexité de la situation, parce que tous les Marocains ne savent pas de quoi il retourne aujourd'hui, car chacun dit ce qu'il veut, et même les médias semblent avoir plusieurs sources discordantes, ce qui brouille davantage toutes les pistes de lecture possibles. Comment faire le tri dans l'information ? Comment séparer le bon grain de l'ivraie? Qui détient la vérité sur l'état réel, avec chiffres à l'appui, sur la situation sanitaire et les prévisions pour au moins le mois à venir ? Ce qui est évident et logique, c'est que le Maroc ne va pas vivre dans le confinement jusqu'à nouvel ordre. Mais il faut parler à Tous les Marocains pour qu'ils respectent les consignes, pour qu'ils agissent en citoyens responsables.
Il faut leur matraquer que le port du masque est une obligation sinon, tu dois payer une amende lourde, aller en prison, et pire encore, mourir et tuer d'autres personnes. Il faut dire les choses comme elles sont : c'est une affaire de vie ou de mort. La messe est dite. A moins qu'on veuille faire croire que ce n'est pas si grave que ça en a l'air, ce qui est pour nous, l'erreur fatale à ne pas commettre.
Vous allez nous dire que les gens ont besoin d'ouvrir leurs commerces, de gagner leur vie, de travailler. Bien sûr, que les citoyens souffrent et pour beaucoup d'entre nous, c'est la misère dans toute sa cruauté. C'est tragique. C'est horrible. Mais on peut travailler en respectant les règles. On doit obligatoirement porter son masque, tout le temps.
On doit observer des règles d'hygiène très strictes. On doit se laver les mains, utiliser les produits indiqués, garder la distance obligatoire, ne pas s'agglutiner les uns sur les autres, éviter les foules, rester chez soi, ne sortir que pour les cas de force majeure et de grande nécessité. Si nous jouons avec ces directives, très claires, si nous agissons avec je-m'en-foutisme, si nous considérons que nous sommes tirés d'affaire, nous allons le payer très cher. Amen.
*Ecrivain-journaliste


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.