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La francophonie : Bégaiements et resucées
Publié dans Albayane le 26 - 10 - 2010

Les milieux proches des dirigeants et autres responsables de «l'Organisation Internationale de la Francophonie» (O.I.T) ne sont pas arrivés, au bout des quelques jours de la grande rencontre de Montreux, splendide ville de la Riviera sur le lac Léman suisse, à entretenir ou même à susciter un soupçon de suspense quant aux résultats de ce treizième sommet qui aura réuni des milliers de délégués et d'observateurs, avec à leur tête plus d'une quarantaine de chefs d'Etats et de gouvernements ainsi que de ministres et d'ambassadeurs. Plus même de soixante-dix, disent certains apparatchiks.
Le dernier jour (dimanche 24 octobre), a bien sûr été publié un document baptisé, comme à l'accoutumée, du nom de la ville de Montreux, lui rendant hommage sans surprise ni imagination débordante.
Car en réalité, dans la grande salle de presse aménagée sous le Palais des Congrès comme dans les travées et coulisses de l'événement, on savait déjà à peu près tout du contenu de cette déclaration solennelle rédigée en la seule langue de Voltaire - francophonie de rigueur unique ! aux accents déclamatoires et rhétoriquement un tantinet convenues. Au risque de paraître cruel pour l'institution quarantenaire, que s'apprête à diriger pour la troisième fois pour quatre années monsieur Abdou Diouf, respectable et longiligne ex-président africain du Sénégal, ne fait pas dans l'innovation ni encore moins dans le vraiment neuf.
«La déclaration de Montreux» reprend, à la manière moliéresque du «marquise, vos beaux yeux me font mourir d'amour» tous les thèmes auxquels nous avons eu droit, sommet après sommet, conférence après conférence et séminaire après séminaire.
Après ce conclave sage et même compassé, il nous a encore été servi les mêmes professions de Foi légèrement mirifiques (peut-être d'ailleurs plutôt sincères) promesses qui semblent ne demander qu'à être tenues et réalisées. Tout cela au risque, qui pend au nez de cette machine censée représenter au moins le tiers des membres adhérents aux Nations Unies, de devenir une véritable «machine à promesse» telle que le déplorent beaucoup de signatures dans la presse de Genève, de Lausanne ou d'ailleurs de la Suisse romande. Les promesses n'engagent, on en est persuadés, que ceux qui les font, de même que les conseils ne font plaisir qu'à ceux qui les donnent.
Mais à la fin, comment ne pas se trouver d'accord pleinement avec cet éditorialiste qui concluait son papier un peu désabusé par un appel en forme de questionnement. «Ne serait-il pas temps (pour les Francophones institutionnels) de s'obliger moins, et de réaliser mieux ?» Juste admonition, mais tellement difficile à traduire dans les faits de tous les jours.
Et n'acceptons pas de dissimuler cette incapacité par le recours à l'incantation et à l'appel aux principes généreux qui fleurent bon l'esprit de générosité et de solidarité. Monsieur Abdou Diouf, pressé d'installer l'O.I.T dans la pérennité, cette organisation qui devient aujourd'hui sa créature, son enfant chéri, dit comme s'il était sous un arbre à palabres de son continent natif : «nous avons cette années 2010, quarante ans et c'est l'âge où l'on devient ce qu'on est».
Cette formule en forme d'aphorisme profond peut séduire au premier coup, mais si on y réfléchit bien, celui-ci peut vouloir accréditer la véracité et la persistance des diverses tares dont souffrirait actuellement la Francophonie. Et de fait, l'aveu inconscient du Secrétaire général de l'O.I.T, n'illustrerait-il pas le fond de la modeste ambition que nourrirait en définitive ce qui se résume de plus en plus en l'installation d'un réseau supranational et mondial avec l'objectif ultime qui est de créer une confiance enveloppante, dans un espace de plus en plus large et diversifié.
Tout ça pour ça ?
Non, rétorquent les défenseurs de l'idée et du projet francophones. «Absolument pas, parce que la Francophonie c'est la modernité pour tous. Elle s'appuie sur autre chose qu'organiser à Montreux ou ailleurs dans le vaste monde un beau sommet d'autosatisfaction, rempli d'engagements à un rythme biennal au moins», entend-on ressasser par des voix plus ou moins autorisées.
On commence à s'habituer aux têtes de chapitres égrenées sans relâche dans la récente «déclaration de Montreux» : démocratie, droits humains, indépendance des justices nationales, liberté pour les médias, règlement des crises, luttes contre les diverses et nombreuses discriminations, défense et promotion des femmes, des enjeux, des espoirs et enfin rajout, peut-être en raison de l'air du temps, invitation de la Jeunesse à investir l'avenir de… la Francophonie…
En un mot ou plutôt en une question : la Francophonie, ce nouveau machin qui s'est initialement monté au début de la décennie soixante-dix autour d'une langue, le français, sert-il finalement aujourd'hui à quelque chose ? Ou sert-il seulement les intérêts de quelques uns ?
(A suivre)


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