Marco Rubio souhaite la fin des missions onusiennes inefficaces comme la MINURSO    Sahara: Le silence de Mistura témoin de la gêne de l'ONU    Etats-Unis : Nouveau soutien au projet de loi pour classer le Polisario comme organisation terroriste    Le Polisario silencieux suite à la suspension des liens par la Bolivie    Estados Unidos: Nuevo apoyo al proyecto de ley para clasificar al Polisario como organización terrorista    Les supporters parisiens affichent un soutien massif à Achraf Hakimi    El Ktiri:La visite de feu SM Mohammed V à M'Hamid El Ghizlane: Un épisode glorieux dans le processus de parachèvement de l'intégrité territoriale du Royaume    Industrie de défense : la France avance ses pions sur le marché marocain    Cotonou: Le président du CESE plaide pour le renforcement du rôle des Conseils économiques et sociaux en Afrique    Le programme du préscolaire réalisé à 80%, bénéficiant à plus de 985.000 enfants.    Foot féminin : Maroc-Burkina Faso en amical, les 27 février et 3 mars à Rabat    Walid Regragui : entre rumeurs de départ, critiques post-CAN et spéculations sur son successeur    Kénitra : les autorités annoncent la fin de l'opération de retour des habitants évacués    Christophe Leribault, nouveau président du musée du Louvre    L'Université Mohammed VI Polytechnique rejoint le réseau mondial APSIA    Entre nage extrême et écriture, Hassan Baraka explore «le pouvoir du froid»    Maroc : dix mesures pour sortir de l'impasse horaire    Le Chef du gouvernement préside une réunion de suivi de la mise en œuvre de la réforme du système de l'Education nationale et du préscolaire    Recherche scientifique : une nouvelle Unité régionale d'appui technique à Fès    Ramadan 1447: 27.700 ménages soutenus dans la province de Taroudant    Nuitées touristiques : Marrakech confirme son leadership national    Procédure civile : la mue judiciaire est enclenchée    Le tambour Djidji Ayokwè retrouve la Côte d'Ivoire, 110 ans après son départ    Commerce : le Sénégal confirme sa dynamique économique    GITEX AFRICA Morocco : La 4e édition repense l'économie à l'ère de l'IA    Deux secousses de magnitude 3 enregistrées près d'Ifrane et Al Hoceima sans dégâts    Man arrested in Meknes for violent robbery of minor    Fútbol: 5 árbitros suspendidos tras el partido Raja Casablanca - Ittihad Tánger    Fusillade de Rotterdam : Le Maroc extrade le suspect vers les Pays-Bas    Football : 5 arbitres suspendus après le match Raja Casablanca - Ittihad Tanger    Saham Bank : Un PNB consolidé à plus de 6,2 MMDH en 2025    Marché de gros de poisson : Plus de 500 tonnes au 6e jour du Ramadan à Casablanca    Espagne-Témoignage au parlement. Un responsable sécuritaire espagnol salue le professionnalisme et la rigueur des services de sécurité marocains    USA : La nouvelle taxe douanière mondiale de 10% entre en vigueur    Année 2025 record pour le nombre de journalistes tués, les deux tiers par Israël    Gianni Infantino rassure sur l'organisation du Mondial 2026 au Mexique    Etat de l'Union. Trump très ferme face au régime iranien    Sahara marocain : l'ONU confirme des négociations à Washington sur la résolution 2797    Alerte météo. De fortes rafales de vent avec tempête de sable attendues dans certaines provinces    Nostalgia Lovers Festival revient pour une troisième édition au Vélodrome de Casablanca    Agadir mise sur la culture pour rythmer les Nuits du Ramadan    Le site historique de Chellah accueille Candlelight, la série de concerts immersifs qui réinvente la musique classique    Bolivia's Decision Disrupts Algeria and the Polisario... A New Victory for Moroccan Diplomacy    Renvoi du joueur Achraf Hakimi devant la justice dans une affaire remontant à 2023    Romain Saïss annonce sa retraite internationale    Guerlain dévoile Terracotta Golden Dunes, inspiré par le désert du Maroc    FInAB 2026 : Cotonou au rythme des arts et de la création africaine    Edito. Capital humain    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Elections 2021: le choix des candidats, entre renouvellement et reproduction des élites
Publié dans Aldar le 07 - 05 - 2021

À quelques mois des échéances électorales cruciales pour le Royaume, l'une des activités de premier plan pour les partis politiques consiste à choisir les candidats qui figureront sur leurs listes ainsi que leur ordre sur la liste des partis dans chaque circonscription électorale. C'est pour cette raison que la façon dont s'opère le choix des candidats des formations politiques est une phase décisive dans le processus de renouvellement et/ou de reproduction des élites.
Il est vrai que, depuis l'adoption de la représentation proportionnelle à scrutin de liste en 2002, les partis politiques ont vu leur rôle accru dans ce processus et, de ce fait, se positionnent en tant qu'acteurs intermédiaires entre les citoyens et leurs représentants politiques.
Dans un premier temps, ils déterminent, à travers la désignation des candidats aux élections, les profils auxquels les électeurs auront la possibilité de donner leur vote. Ils choisissent ensuite, parmi ces candidats, ceux qui figureront en tête de liste. Or, dans un système électoral tel que celui en vigueur au Maroc, ce choix posé par les partis politiques quant à leurs candidats est déterminant pour la composition des futures assemblées élues.
Pour le professeur de sciences politiques à l'université Cadi Ayyad M'hammed Belarbi, trois fonctions sont traditionnellement reconnues aux partis: l'intégration sociopolitique, la production idéologique et programmatique et le choix des candidats et des élites. Alors que les candidats sont des acteurs clés du cycle électoral, leur sélection par les appareils partisans s'opère comme un filtre entre les citoyens-électeurs, d'un côté, et le personnel politique exécutif ou législatif, de l'autre, explique-t-il. Partant de ce constat, comme ailleurs, dans le contexte marocain, la présentation par les partis politiques de candidats crédibles, capables de répondre aux problématiques du moment et surtout de recréer de la confiance est une opération délicate, estime-t-il.
Devant autant d'enjeux, l'émergence de nouvelles élites demeure alors tributaire de la présence et de l'ancrage de chaque formation dans la société, de la gestion de ses divergences internes ainsi que de son positionnement dans les milieux rural et urbain. Car, selon l'universitaire, les limites du paysage partisan marocain à promouvoir des profils variés aux plus hautes fonctions de représentation alimentent un discours anti-élites de plus en plus audible dans la société.
Dans la même lignée, le politologue Mustapha Sehimi justifie ce discours anti-élites par une défiance envers les partis et non pas à l'égard de la politique. La preuve en est la mobilisation quotidienne sur les réseaux sociaux. Pour ne parler que des jeunes, ils sont présents, "activistes" même dans le monde digital, suivant l'actualité nationale, réagissant et faisant la preuve de leur implication.
Pour lui, cela devrait être pris en charge par les partis politiques pour élargir leur communication dans cette direction-là dans le cadre de plateformes interactives. "Combien d'entre eux disposent de sites vivants, actualisés, offrant un carrefour de débats? Visitez la majorité de ces sites! Vous pourriez mesurer alors le divorce et même l'abîme séparant deux mondes", enchaîne-t-il.
Le dilemme du prisonnier : coopter les notables argentés pour gagner à coup sûr
A seulement quelques mois des élections, un double questionnement s'impose sur le processus de recrutement et de sélection des candidats par les partis politiques : les candidats politiques répondent-ils à un processus d'élection démocratique ou sont-ils soumis à la logique de la cooptation par le haut ? La sélection politique des candidats, par les partis, dépend-elle du militantisme partisan ou tout simplement ne fait-elle que traduire la logique de la rentabilité électorale ?
Selon M. Belarbi, les préparatifs pour les échéances à venir remettent sur le tapis la problématique des mécanismes et des procédures du choix des candidats. En effet, les formations partisanes constituent le lieu naturel où les futurs hommes politiques font l'apprentissage de la vie publique avant d'assumer des responsabilités électives. Dès lors, le processus de sélection des candidats aux postes électifs du parlement prend autant d'importance car il renseigne sur le processus de circulation des élites dans chaque système politique.
"En pratique, il est souvent difficile d'opérer une distinction nette entre l'élection et la désignation par la base. Ainsi à ce niveau, même si la loi pose certaines conditions que toute personne doit remplir pour pouvoir se présenter comme candidate aux élections, entre autres, être de nationalité marocaine et jouir de ses droits civils et politiques, le processus de sélection des candidats au sein des partis politiques est très peu formalisé. C'est ce manque de régulation qui crée à la fois un certain secret autour de la sélection des candidats. Ainsi, les partis étant libres de décider de la manière selon laquelle ils constituent leurs listes, ils ne sont guère incités à rendre publique leur méthode de décision interne", note-t-il.
C'est alors une course contre la montre que les instances décisionnelles des partis politiques vont devoir mener pour arrêter la liste définitive de tous leurs candidats en départageant leurs militants persévérants ou en misant sur les "cartes" gagnantes pour remporter le maximum de sièges.
De l'avis de plusieurs observateurs, la plupart des formations politiques misent sur les figures confirmées pour remporter le maximum de sièges.
C'est pourquoi, d'une manière générale, pour pouvoir gagner le maximum de sièges parlementaires par exemple, l'expérience a démontré dans le contexte marocain que la plupart des partis tendaient la main aux candidats ayant un pouvoir économique ou familial, explique l'universitaire, notant que les notables sont privilégiés par rapport aux militants, ce qui suscite des guerres "intestines" à la veille des élections et favorise les mots d'ordre de la rentabilité électorale. "C'est pourquoi, on assiste souvent lors des échéances électorales à des démêlés politiques entre les dirigeants du parti et les militants", dit-il.
Bien entendu, chaque parti a ses propres considérations. Mais généralement, les formations politiques favorisent les candidats qui vont remporter des sièges, abstraction faite de la compétence et de l'ancienneté en termes du parcours militant.
D'ici là, toute la difficulté des partis, d'après M. Sehimi, concerne le renouvellement de leurs effectifs. Cela tient à la médiocre attraction des partis pour de nouvelles forces vives – les jeunes, les femmes, les cadres,... C'est une enquête du HCP datant de 2014 sur l'engagement des jeunes dans la vie partisane et associative qui reste significative de cette situation. "Elle date sans doute, mais elle garde, me semble-t-il, toute sa pertinence au vu de ce que l'on voit et de ce que l'on sait. Elle conclut que seul 1% des jeunes sont inscrits dans un parti et que 4% sont membres d'associations", souligne-t-il.
Dans la foulée, les instances décisionnelles des partis politiques sont appelées à relever un défi de taille, celui de se baser sur des critères rigoureux dans le choix des candidates et candidats de la liste nationale et de bannir le "clientélisme" qui a prévalu lors des précédentes législatives, pour donner un nouveau visage à l'institution parlementaire.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.