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L'écheveau des critères et la banalité des discours
Publié dans La Gazette du Maroc le 31 - 07 - 2002


Problématique des candidatures
Malgré des discours apaisants, le mode de scrutin de liste n'a pas réussi à imposer une nouvelle culture.
Parallèlement à leur mission d'encadrement, les partis politiques ont pour fonction de représenter les citoyens dans les institutions représentatives locales ou nationales. Cette fonction requiert des partis qu'ils soient dotés de cadres compétents aptes à assumer leurs responsabilités. C'est pourquoi les élections constituent le moment propice pour chaque parti de mettre en avant ses propres potentialités humaines appelées à présenter leurs candidatures. Pour cela, plusieurs critères sont retenus pour choisir tel ou tel candidat. Actuellement et avec le changement du mode de scrutin, nous sommes contraints de distinguer entre les mécanismes ayant présidé au choix des candidats.
Critères de sélection sous le mode de scrutin uninominal
Depuis l'organisation des élections de 1963 et jusqu'à celles de 1997, on peut parler de deux approches adoptées par les partis pour sélectionner leurs candidats. Il y a d'une part les candidatures des notabilités opérées par les formations soutenues par l'administration et d'autre part, il y a les candidatures militantes présentées par les partis du mouvement national.
Les choix des partis de l'administration
Les partis qui sont communément appelés “ partis de l'administration ” et qui sont dépourvus de soutien populaire ont toujours opté, sur instigation des autorités, pour les candidatures des notables et des représentants des lobbies financiers. Cette orientation est le résultat d'une approche politique qui voulait consacrer une culture du profit dans le processus électoral qui justifierait l'achat des voix et l'utilisation massive de l'argent pour corrompre les électeurs. Dans cette optique, ces candidats se présentaient comme les défenseurs du “ Makhzen ” contre les candidats de l'opposition présentés comme opposants au régime politique en place. Il y a aujourd'hui des preuves irréfutables quant à la nature de ces candidats qui étaient, en fait, des représentants directs ou indirects de l'institution administrative qui leur a fourni tous les moyens logistiques pour réussir leur passage électoral et siéger dans les institutions représentatives.
L'enjeu de l'administration à travers le soutien apporté aux notabilités locales visait à créer une élite locale ou nationale qui défendrait ses intérêts que ce soit dans les collectivités ou au Parlement. Ainsi, la classe au pouvoir pouvait élargir sa base sociale en se reproduisant localement.
Les choix des partis du mouvement national
En l'absence d'une réelle compétition électorale, puisque les résultats étaient connus d'avance, les partis du mouvement national participaient aux élections pour s'assurer une marge de manœuvre politique. Ils acceptaient le quota électoral pour être présents sur la scène d'abord et pour jouer le rôle qui leur a été assigné, c'est-à-dire celui de l'opposition. Or, cette situation ne leur a pas profité dans la mesure où ils ne cherchaient pas à diversifier les candidatures en vue d'obtenir le plus de voix. Ces partis savaient pertinemment que les urnes ne dégageraient que les résultats voulus par l'administration. C'est pourquoi, ils ont toujours présenté des militants aguerris aux opérations électorales. Ce sont en général des candidats symbolisant un capital militant, historique ou intellectuel. Ce choix visait à atteindre deux objectifs :
• La volonté de ces partis de décrédibiliser l'approche de l'administration qui consistait à favoriser le vote sur des bases ethniques et non sur des bases politiques ou idéologiques. A ce propos, l'exemple le plus édifiant est la candidature malheureuse de Abderrahim Bouabid à Agadir lors des élections de 1977.
• La volonté de ces partis de prouver à l'opinion publique qu'ils sont pourvus de suffisamment de cadres et compétences
qui diffèrent des candidatures de notables
ou d'hommes d'affaires présentés par l'administration.
Critères de sélection sous le mode de scrutin de liste
Le Maroc connaîtra le 27 septembre prochain l'organisation des élections législatives. Pour la première fois, ces élections se feront selon le mode de scrutin de liste à la proportionnelle. Pour ce, les dépôts de candidature ont été effectués entre le 6 et le 12 septembre. Mais dès l'annonce de l'organisation de ces élections, une véritable guerre de têtes de listes a été déclenchée dans pratiquement tous les partis. Cette guerre a dévoilé les contradictions qui existent entre les discours et la pratique.
Le discours
A ce propos, le choix porté sur le scrutin de liste a été justifié par le souci de changer la culture électorale des citoyens en les poussant à voter pour des programmes et des idées au lieu de voter pour des personnes afin de dégager une élite capable de bien gérer les affaires publiques. Le premier message véhiculé consiste à dire que “ le candidat, c'est le parti ”. Conformément à cette approche, le discours officiel des partis appelle à présenter des programmes réalistes et réalisables. Les partis sont donc appelés à présenter des candidats capables d'exécuter ces programmes. C'est pourquoi, certaines formations ont adopté des procédures écrites qui définissent les critères de sélection, comme c'est le cas du parti de l'Istiqlal, de l'USFP et du PJD. Cependant, dans la plupart des cas, ces procédures n'ont pas été respectées contredisant ainsi l'attachement à la démocratie interne. Cette situation a provoqué logiquement des ruptures entre les directions et leurs bases.
La pratique
Cette guerre de têtes de listes a démontré que plusieurs candidats ne sont pas encore imprégnés de la nouvelle culture électorale visée par le scrutin de liste. Nombreux restent prisonniers de la logique du scrutin uninominal. C'est ainsi que nous avons constaté des démissions en série de certaines sections locales qui protestaient contre la présence de tel ou tel candidat choisi par la direction. En plus, plusieurs personnes qui n'ont pas pu décrocher la tête de liste ont démissionné de leur parti pour rejoindre une formation plus accueillante.
Cette réalité vécue dernièrement a démontré que la philosophie du scrutin de liste à la proportionnelle a complètement échoué puisque les candidats ont favorisé leurs propres personnes au détriment du programme et des idées du parti. Pire, certains candidats “ têtes de listes ” se comportent de la même façon que lors des élections précédentes se considérant comme seuls candidats dans telle ou telle circonscription et négligeant les autres membres figurant sur la liste. D'autant plus que l'utilisation de l'argent n'a pas été circonscrite. Elle s'est même amplifiée puisque les circonscriptions sont devenues plus grandes géographiquement. Et ces pratiques ne sont plus l'apanage des candidats des partis de l'administration. Elle se sont étendues à tous les partis sans exception y compris ceux du mouvement national.


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