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Cadrage : Polissage
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 25 - 03 - 2002

Que reste-t-il de la gauche radicale marocaine , voire de la gauche tout court depuis que le souffle d'une démocratie naissante et qu'une forme de consensus prédomine dans la gestion des affaires du pays a beaucoup dilué les idéologies et les rêves révolutionnaires de la jeunesse des années soixante et soixante-dix ? La mondialisation politique qui a précédé celle de l'économie a commencé avec l'effondrement de mur de Berlin en 1989.
Que reste-t-il de la gauche radicale marocaine , voire de la gauche tout court depuis que le souffle d'une démocratie naissante et qu'une forme de consensus prédomine dans la gestion des affaires du pays a beaucoup dilué les idéologies et les rêves révolutionnaires de la jeunesse des années soixante et soixante-dix ? La mondialisation politique qui a précédé celle de l'économie a commencé avec l'effondrement de mur de Berlin en 1989. Ce faisant l'éclatement du bloc communiste et, à sa tête, l'URSS ont atomisé, partout dans le monde, les théories du marxisme-léninisme, du trotskisme, du maoïsme, voire du socialisme pur et dur d'antan.
Dans la plupart des pays développés la social-démocratie a pris le pouvoir et s'est installée comme alternative au socialisme totalitaire de l'Europe de l'Est, de Cuba , de l'Asie ou de l'Afrique. L'échec cuisant des régimes absolus a fini par dissiper toutes les illusions de révolution qu'entretenaient les jeunes dans les pays du tiers-monde. Dans notre pays, ce rêve a longtemps nourri les ambitions de la jeunesse jusqu'à les subjuguer pour verser dans un dérapage incontrôlé.
Certes la gauche radicale marocaine croyait à des idéaux nobles de démocratie, de liberté, d'équité et de justice sociale. Mais l'idéologie révolutionnaire, importée paradoxalement d'un régime dictatorial , était tellement ancrée dans les esprits qu'ils la considéraient comme la seule issue pour démocratiser le pays. Le discours des jeunes révolutionnaires d'Ilal Amam, de 23 mars et quelques autres groupuscules ressemblait davantage à un lavage de cerveau qu'à une conviction en une idéologie analysée et réfléchie. Il est vrai que le climat politique sévissant à l'époque poussait les jeunes à considérer n'importe quel changement comme une délivrance. Il est vrai aussi que ces luttes idéologiques ont permis à notre pays de devenir un véritable laboratoire d'idées parfois pertinentes mais souvent extrémistes. La répression aidant, certains n'ont pas hésité à prendre les armes pour essayer de renverser le régime.
L'idéologie a viré en dérapage quand elle a assimilé le bien-être social et économique en une opposition à la monarchie et à l'intégrité territoriale. Il s'en est suivi un autre dérapage du pouvoir qui a procédé à des arrestations, des enlèvements et à la torture parfois pour un simple soupçon de velléité subversive.
Finalement la répression n'a rien résolu et c'est plutôt la démocratie qui a réussi dans les années quatre-vingt à tempérer les ardeurs putschistes des radicaux de gauche. Les ténors de la gauche sont revenus de leur exil tels Abderrahmane Youssoufi, Fquih Basri, Serfaty et bien d'autres. Le premier est devenu Premier ministre, le deuxième s'est adapté à cette démocratie naissante et ascendante et le troisième est conseillé dans un ministère. Même les partis de la gauche radicale se sont unis sous la bannière du PSU pour devenir actifs dans le système démocratique d'une monarchie constitutionnelle. Les gauchistes ont mûri car ils ont compris que la meilleure gauche aujourd'hui est celle qui porte l'idéologie de la démocratie et de bien- être économique.


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