Dans une démarche proactive visant à prévenir toute paralysie des services administratifs durant le mois sacré de Ramadan, le ministère de l'Intérieur a adressé des directives strictes aux élus locaux. Selon des sources bien informées consultées par Hespress, les autorités préfectorales, notamment dans les régions de Casablanca-Settat et Rabat-Salé-Kénitra, ont intimé l'ordre aux présidents de communes de régler l'ensemble des dossiers en suspens et de garantir la continuité du service public avant d'envisager tout déplacement aux Lieux Saints pour la Omra. Ces nouvelles consignes répondent à une volonté ferme de l'administration territoriale d'éviter la répétition de scénarios préjudiciables aux citoyens et aux investisseurs. Par le passé, l'absence simultanée de présidents et d'adjoints délégataires durant le mois de Ramadan a souvent provoqué le gel de transactions administratives vitales. Pour y remédier, les gouverneurs ont exigé l'activation effective des mécanismes de délégation de signature, assurant ainsi que les vice-présidents soient pleinement opérationnels pour assumer l'intérim. Cette mesure est d'autant plus urgente que de nombreuses communes connaissent actuellement des tensions internes, marquées par des retraits de délégations ou des démissions d'adjoints, fragilisant le fonctionnement normal des institutions locales. Cette intervention des autorités s'appuie sur des rapports détaillés émanant des divisions des Affaires intérieures (DAI) et transmis aux services centraux du ministère. Ces documents pointent du doigt les dysfonctionnements majeurs observés dans plusieurs collectivités, où le départ inopiné des présidents pour la Omra a laissé les administrés sans interlocuteurs. Citoyens et acteurs économiques, notamment les promoteurs immobiliers, se sont ainsi retrouvés otages de ces absences, leurs dossiers urgents restant bloqués faute de signatures autorisées. Les rapports soulignent que ces perturbations sont particulièrement aiguës dans les communes où les présidents, souvent après le passage de l'Inspection Générale de l'Administration Territoriale (IGAT) ou de la Cour des comptes, ont concentré les pouvoirs en retirant les délégations à leurs adjoints. Au-delà de la simple gestion administrative, le contexte est marqué par une rigueur judiciaire accrue. Les services centraux du ministère de l'Intérieur, via l'Agent judiciaire des collectivités territoriales, s'apprêtent à transférer devant les chambres des crimes financiers les dossiers de présidents récemment suspendus ou révoqués. En conséquence, et sur la base des enquêtes en cours menées par la Brigade Nationale de la Police Judiciaire (BNPJ) et la Gendarmerie Royale, une fermeture des frontières pourrait être appliquée à plusieurs élus. Ces mesures visent à empêcher le départ de responsables soupçonnés de malversations sous couvert de pèlerinage. Enfin, les rapports des Affaires intérieures ont levé le voile sur des pratiques douteuses mêlant religion et affairisme. Des soupçons pèsent sur le financement de séjours « Omra de luxe » offerts à certains présidents de communes par des entrepreneurs et hommes d'affaires bénéficiaires de marchés publics. Selon les mêmes sources, ces voyages religieux seraient détournés de leur vocation spirituelle pour servir d'agora politique : l'occasion pour certains élus de tisser de nouvelles alliances, voire de négocier leur transhumance vers d'autres partis en prévision des prochaines