Le Maroc brille à l'AI Impact Summit 2026 de New Delhi    Les températures attendues ce lundi 23 février 2026    Soufiane Benjdida, le nouveau visage de l'efficacité en Botola Pro    Droits de douane américains : quel impact pour le Maroc et les pays en développement ?    L'accord de pêche Maroc-Russie franchit un nouveau pas    Le PJD rejette les propos de l'ambassadeur américain à Jérusalem sur «le grand Israël»    Ramadán a través de los siglos #1: Desde la cobertura de la Kaaba hasta la organización del Haram y las mesas de Iftar, en la época omeya    Sáhara: Suecia justifica su apoyo al plan marroquí de autonomía    Mauritanian army intercepts Polisario vehicles amid tense Western Sahara talks    Lionceaux U17 : Tiago Lima Pereira pressenti pour remplacer Nabil Baha    Tuberculose bovine : 27.500 têtes abattues et éleveurs indemnisés en cinq ans    SIA de Paris: El Bouari s'entretient avec la ministre française de l'Agriculture    Promotion exceptionnelle pour les policiers morts dans l'accident de Sidi Ifni    Serena Williams de nouveau éligible pour le Grand Chelem et le WTA    Urbanisme : Les autorités renforcent le contrôle face à des soupçons de dérives    Iran-USA: Trump se demande pourquoi Téhéran n'a pas encore "capitulé"    Le Roi Mohammed VI félicite le Roi Salmane pour le Jour de la Fondation    La Chine supprime les droits de douane pour les fins scientifiques    Sahara : La Suède justifie son appui au plan marocain d'autonomie    Mauritanie : l'armée intercepte deux véhicules et un camion des milices du Polisario    Les températures attendues ce dimanche 22 février 2026    Vitesse internet: le Maroc domine l'Afrique avec 124,32 Mb/s    Sa Majesté le Roi lance à Salé l'opération nationale "Ramadan 1447" qui bénéficiera à plus de 4,3 millions de personnes    Inquiétude à Watford : Othmane Maamma sort blessé face à Derby    L'international marocain Zakaria Labyad s'engage avec les Corinthians    Les tables du Ramadan et la quête du sardine... après un recul relatif de l'inflation annuelle au Maroc par rapport à l'année dernière !    Après les inondations, le Tennis Association Safi face au défi de la reconstruction    Un million de personnes d'origine marocaine en Israël... pourquoi le partenariat commercial ne dépasse-t-il pas un demi-milliard de dollars ?    Sahara : Trump convoque un nouveau round de négociations les 23 et 24 février    Ramadan 2026 : Le CFCM critique la Grande Mosquée de Paris sur la date du début du jeûne    Inspections inopinées dans la distribution médicale au Maroc par le Conseil de la concurrence    Sidi Ifni : accident mortel fait plusieurs victimes parmi les policiers.    Droits de douane : Trump impose une nouvelle taxe mondiale de 10%    Expropriation : Vers une réforme en profondeur les indemnisations    Tanger Med Port Authority réalise un chiffre d'affaires de plus de 4,43 milliards de DH en 2025    Rumeur sur le retour de l'ambassadeur du Mali à Alger : Bamako dément    Meknès : Le FICAM revient pour une 24e édition du 15 au 20 mai    Réorganisation du CNP : l'Exécutif approuve le projet de loi    Mondial 2026 : tous les matches joués à guichets fermés    L'UEFA soutient la Coupe du Monde des Clubs à 48 équipes, le Maroc et l'Espagne favoris pour 2029    Presse : Réforme du CNP et nouveau modèle de soutien... le gouvernement rebat les cartes    Prix Cheikh Zayed du Livre : deux écrivains marocains dans la course    Touria Chaoui mise en avant dans «Les Marocains du ciel» sur 2M    Ramadan : La TV marocaine enregistre 70,4% de PdA au premier jour, 2M en tête    « Maroc, Terre de Cultures » : Le Collectif 4.0 lance « Rythmes du Maroc »    Dialogue des cultures : les Nuits du Ramadan célèbrent l'héritage andalou    Livre : Marrakech accueille la quatrième édition du FLAM    LIFA 2026. Abidjan, capitale de la création féminine    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Les imprudences d'un charlatan
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 27 - 03 - 2002

Abdellah, la quarantaine, charlatan professionnel vivait de la naîveté des gens. Un jour, un de ses patients a disparu. La police s'est intéressée de très près au manège du Ch'rif. Il a été traîné devant la justice et condamné par la Chambre Correctionnelle près Tribunal de Première Instance de Marrakech.
Dernière semaine de février. On frappe à la porte. «Ya Fattah Ya Razzak», dit le Ch'rif, qui pense que le premier client du jour est arrivé. L'employée de la maison ouvre.
«Police ! ……Ch'rif est là ?», lui demande l'un des quatre hommes qui se pointent devant la porte.
Étonnée, l'employée de maison s'en à la hâte aviser son employeur:
«Ch'rif ! Ch'rif ! C'est la police !».
Il sursaute, se lève, chausse ses babouches, et s'apprête à répondre aux policiers. Mais ils sont déjà devant lui, au seuil de la chambre. Aucun des habitants de ce quartier de Sidi Youssef Ben Ali à Marrakech ne comprend le pourquoi de cette visite de la police. Ils sont habitués à Ch'rif depuis les années 80. Ils ne se souviennent pas de la date précise de son arrivée dans la Ville Rouge en provenance de Kelaât Sraghna. Mais lui, s'en souvient. C'était en 1980, il était tailleur traditionnel. Mais il ne tarde pas à répandre une rumeur, ou plutôt une propagande prétendant qu'il est descendant du saint Bouya Omar. Les gens le croient.
Au fil des jours, il loue un « trois pièces », achète quelques livres traitant de sorcellerie, des chaînes en fer, des barres en bois et embauche une employée de maison contre mille dirhams par mois. Et le travail commence. Au fil des mois, le nom de «Ch'rif Ould Bouya Omar» dépasse Marrakech et les clients défilent devant la porte de son local par dizaines. La police ne lui a jamais rendu de visite, même par «courtoisie ou curiosité». Il travaillait tranquillement bien que le droit marocain interdise le charlatanisme, le qualifiant d'escroquerie.
«J'aime Saïd et je ne veux pas le perdre…Je ne sais pas s'il va m'épouser Il est frivole, mais je veux qu'il reste seulement pour moi…Fait quelque chose pour moi, M.Ch'rif…», l'implore Khadija.
Ch'rif Ould Bouya Omar donne des amulettes et de l'encens à cette jeune employeuse en contrepartie de 1000 dirhams.
«…Mon mari me trompe avec une autre femme…Elle ne le laisse plus s'intéresser à son foyer…Il dépense tout son salaire en cadeaux pour elle …Elle ne lui laisse aucun sou en poche…Heureusement que je travaille sinon je serais au coin des mosquées en train de demander l'aumône avec mes trois enfants…», explique Soumaya au Ch'rif.
«Ce sont des «msakhète» ces parents-là, comment arrivent-ils à abandonner leurs enfants et ses belles épouses comme toi pour rejoindre une autre… je vais te faire un «H'jab» qui t'aidera Inchallah à le faire revenir entre tes bras…», lui promet-il. Fatna s'est rendue chez lui depuis Goulmime. Une de ses voisines lui a parlé de lui. Fatna qui ne croit pas que son enfant de dix ans est malade mental, l'emmène chez Ch'rif. Pour elle, son enfant est possédé par les esprits maléfiques.
«Attaslime Attaslime Ch'rif.. !». Elle entre, lui baise la main, s'assied. Elle lui explique l'état de son enfant. «Oui c'est la possession… mais je vais s'occuper de lui», la rassure-t-il. Il met sa main sur la tête de l'enfant, psalmodie quelques versets du Coran. «Ton fils est possédé par un diable qui n'est pas facile à exorciser», lui explique-t-il.
«Tu dois rester chez moi durant six jours…». Fatna accepte. Le Ch'rif fait quotidiennement une séance avec son fils. Il lui entrave les mains et les pieds à l'aide des chaînes en fer, psalmodie, crie comme s'il conversait avec les esprits maléfiques.
Le sixième jour arrive. «L'état de ton enfant n'est pas facile … je dois le garder chez moi au moins six mois…», dit-il à Fatna. Elle obtempère, lui verse une somme de 1500 dirhams et retourne chez elle à Goulmime, laissant son fils entre les mains du Ch'rif.
Elle retourne chez lui presque chaque semaine pour lui verser une somme de 1000 dirhams. Deux mois plus tard, Fatna revient. Son fils n'est pas là. «Où est mon fils», crie-t-elle hors d'elle.
«Il s'est enfui», lui répond-il.
Fatna s'adresse illico au commissariat de police, dépose plainte. Et la police se dépêche chez Ch'rif.
«Je me prénomme Abdellah, né en 1960…», déclare Ch'rif devant le tribunal de la Chambre Correctionnelle près le Tribunal de première instance de Marrakech. Il est reconnu coupable, en début du mois courant, pour escroquerie et condamné à un an de prison ferme. Et l'enfant est retourné chez sa mère.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.