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Une démission au profit de l'islamisme
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 21 - 08 - 2002

La Fête de la jeunesse est une occasion pour se pencher aussi sur l'état de l'engagement de la frange juvénile dans la chose politique. Les rangs des partis politiques et de leurs organisations parallèles sont de plus en plus désertés. Ebauche d'explication d'un phénomène anormal.
A chaque époque, ses mœurs. Ses exigences et attentes aussi. A l'aube de l'indépendance, à la faveur de la libération du pays, la jeunesse marocaine a été hautement impliquée dans la vie politique et l'œuvre d'édification nationale. La plupart des leaders politiques d'aujourd'hui ont fait leurs premières armes dans les organisations de masse de l'époque. Le taux d'adhésion aux partis, syndicats et organisations de jeunesse était incomparable avec celui de nos jours.
Dans les corporations professionnelles aussi.
Comme pour tout événement mobilisateur, la jeunesse a fait preuve d'ardeur et d'enthousiasme. On l'a vue à l'œuvre dans la grande mobilisation patriotique pour le recouvrement de nos provinces du Sud. Elle s'impliquait dans tout ce qui est fédérateur, source d'apprentissage, de connaissance, de savoir et de partage. La chose politique, avec ses valeurs de justice, d'humanisme, de solidarité et de progrès, exerçait un attrait sans cesse grandissant sur les jeunes. Les aînés ne ménageaient aucun effort pour apporter soutien et aide, éclairer le chemin à une jeunesse avide de connaissances.
L'Union nationale des Etudiants du Maroc, en tant que syndicat estudiantin, représentait un cadre adéquat pour l'épanouissement de la jeunesse universitaire. Outre la défense des intérêts matériels et moraux, la structure syndicale représentait une véritable école d'initiation et de formation politique. Elle a constitué un grenier inestimable pour l'alimentation des partis politiques en projets de leaders et de responsables.
En témoigne la composition du gouvernement d'alternance I et II. Plus des deux tiers (2/3) des ministres ont été formés à l'école buissonnière de la vie politique et syndicale. Pourvoyeur de main d'œuvre et de savoir politique, le syndicat alimentait aussi et encadrait la jeunesse partisane.
Avec la paralysie de l'UNEM, depuis 1981, et le désintéressement des partis politiques de l'ex-opposition (c'est elle qui encadrait politiquement) de la centrale estudiantine, c'est tout le château de cartes qui s'est progressivement effondré. Les structures des partis en ressentent encore les effets et le manque à gagner est de plus en plus immense. Les dernières promotions militantes des années de lutte iront bientôt à la retraite. La relève se fait sentir, à tous les niveaux. Cruellement. Et les partis politiques, notamment la gauche, qui avait investi énormément dans les jeunes contrairement à la Droite qui n'arrivait pas à pénétrer le milieu, se retrouvent avec une majorité de militants qui ont fait leurs preuves. Et leur temps. N'en déplaise aux conclusions des commissions des mandats, qui gonflent des pourcentages dans une vaine tentative de faire croire que les partis restent jeunes.
Ainsi, le champ, jadis chasse gardée des partis progressistes, est laissé libre aux …. courants islamistes, qui n'osaient pas, jusqu'aux années soixante-dix, se proclamer de la mouvance des frères musulmans. C'est l'alternance des rôles et le dominateur d'hier est vaincu, aujourd'hui. Avec de timides tentatives de signe d'intéressement de la part de quelques formations de l'actuelle opposition, les formations islamistes investissent et recrutent plus, surtout dans la jeunesse désœuvrée, mais aussi chez les intellectuels.
Cette situation n'est pas sans inquiéter la pérennité de bien de partis. Mais paradoxalement, rien n'est entrepris pour rattraper le temps perdu. Le laxisme s'installe confortablement. On s'y complaît. Les guerriers sont fatigués et le droit au repos est mérité. Sauf que la mission n'est pas terminée. La passation du flambeau-relais trébuche et un effort gigantesque est indispensable pour la suite de la course. De la continuité de la vie politique, tout court. Car, la jeunesse est la force de l'avenir et le cordon ombilical du corps sociétal. Et une classe politique, comme une société, qui néglige sa jeunesse court le grand risque de rater son développement harmonieux.
La menace est réelle et si le cap n'est pas changé, bien des dégâts, à moyen terme, sont à craindre.
D'où la nécessité d'un sursaut salvateur. Les pouvoirs publics, qui sont autant concernés que les partis, peuvent et doivent y contribuer. Par des stimulations et de nouvelles percées génératrices d'enthousiasme et d'implication consciente de la jeunesse dans la vie nationale. Pas de droit à la résignation.
• Mohamed Khalil


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