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Qui va à la chasse…
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 26 - 11 - 2002

Entre un président du gouvernement local qui va à la chasse alors que les nappes de pétrole avançaient vers la côte de la Galicie, et les idées "brillantes" d'un ministre de la défense qui voulait "bombarder" le Prestige, le scandale est servi.
Alors que des nappes denses et dispersées de fioul déversé par le pétrolier Prestige ont été repérées à l'extrême sud-ouest du Golfe de Gascogne, le gouvernement espagnol, présidé par José Maria Aznar, continue encore à prétendre avoir bien réagi face à la crise du pétrolier "Prestige". Pourtant, les observateurs estiment que la réaction des autorités espagnoles, aussi bien au niveau central que régional a été très mauvaise.
Au niveau régional, le scandale le plus marquant est celui de l'attitude du président du gouvernement autonome de la Galice, le populaire Manuel Fraga, dont le comportement pendant la crise a été largement critiqué par les médias locaux et nationaux. Ainsi, ce prédécesseur d'Aznar avait tout laissé tomber et s'était dirigé à Toledo et Aranjuez où il a passé une fin de semaine à faire de la chasse, et ce, juste au moment où les nappes de pétrole commençaient à arriver sur les plages de la Galicie.
En ce qui concerne le gouvernement central, c'est l'incohérence totale. Il n'existe aucune position collective. Dans leurs déclarations à la presse, tous les membres du gouvernement espagnol semblent vouloir se dérober de leur responsabilité en se limitant à défendre leur propre département.
Ainsi, il est lamentable de constater comment est ce que le ministre de la défense déclare à la presse que sa proposition de "solution à la militaire" avait été exclue au lieu de défendre la position globale de son gouvernement. Federico Trillo Figueroa aurait proposé que des chasseurs bombardiers de l'armée provoquent un incendie en bombardant le pétrolier. Une proposition qui aurait été plus catastrophique, selon des experts, puisqu'elle aurait rajouté un autre problème à savoir celui de la contamination atmosphérique. L'idée de Trillo était tellement banale que même une association d'armateurs de la région ont prétendu y avoir pensé en premier. Mais, ils estiment qu'ils auraient préféré qu'au lieu de tirer des missiles contre le Prestige les avions de chasse utilisent des "bombes de Napalm". Pour eux , cette méthode aurait été plus efficace. De son côté, le ministre de l'environnement, Jaume Matas, a préféré accuser l'entreprise hollandaise, qui était chargée de sauver le "Prestige", d'avoir provoqué le déversement du fuel.
Le plus scandaleux de l'affaire est le fait que le gouvernement d'Aznar soit en train de manipuler l'information scientifique. En effet, les responsables espagnols n'hésitent pas, par exemple, à assurer que le pétrole, qui continue dans les bassins du prestige, se solidifiera et n'échappera donc pas. Alors que des experts portugais affirment que cette assurance espagnole est fausse, car il existe déjà une nappe d'une trentaine de kilomètres de diamètre qui se serait échappée de la proue du Prestige au moment du choc avec le fond de la mer. Enfin, il est à mentionner qu'actuellement, l'unique préoccupation du gouvernement espagnol est celle de profiter au maximum de cette catastrophe. D'ailleurs, habitués à résoudre les problèmes locaux par des subventions européennes, les Espagnols rêvent déjà de solutionner l'affaire des pécheurs Galiciens affectés par la non-reconduction des accords de pêche avec le Maroc aux frais d'une aide européenne. C'est ce qu'on appelle faire d'une pierre deux coups.


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