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«Nous sommes pour le libre-échange mais...»
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 29 - 03 - 2005

Mohamed Jamal Eddine, président de l'Association marocaine des industriels des pâtes alimentaires et couscous (AMIPAC), revient sur les contraintes du secteur. Pour lui, l'ensemble de la filière du blé souffre d'une concurrence déloyale. Entretien.
ALM : Quel est le poids de la branche industrielle des pâtes alimentaires et couscous au Maroc?
Mohamed Jamal Eddine : La branche industrielle des pâtes alimentaires et couscous est l'une des rares branches dont toute l'activité se fait au Maroc de l'amont jusqu'à l'aval. Cette branche compte actuellement une quinzaine de fabricants qui totalisent une capacité de production annuelle de l'ordre de 170.000 tonnes.
Le parc des lignes de production, quant à lui, est relativement récent. En effet, 70 % des chaînes ont moins de 10 ans d'âge. Un peu près du tiers de ces lignes a été mis en service après l'an 2000. Ces dernières sont entièrement automatisées, dotées des dernières innovations et aptes à la télémaintenance.
En ce qui concerne la production annuelle des industriels de la branche, elle est évaluée à un peu plus de 55.000 tonnes de couscous et 45.000 tonnes de pâtes alimentaires.
Les produits de la branche sont-ils exportés ?
Oui, une partie de la production nationale est effectivement exportée. En 2002, les douanes ont signalé un courant d'export d'environ 2.400 tonnes de couscous principalement à destination de l'Europe. La demande marocaine en Europe et en Amérique du Nord constitue la principale cible. Bien que le volume des exportations pâtes ne soit pas significatif, les produits marocains restent assez compétitifs. Si on prend en considération le rapport qualité /prix. Les importations pâtes, quant à elles, sont relativement importantes. Elles sont de l'ordre de 5.500 tonnes en 2002, principalement en provenance d'Italie et d'Espagne.
Qu'en est-il du marché intérieur?
La demande nationale en pâtes et couscous se caractérise par son élasticité. En effet, l'offre ne couvre pas la totalité de la demande en pâtes alimentaires et tout au plus le tiers de la demande en couscous. Ce qui représente un potentiel très considérable. Par ailleurs, l'ouverture des frontières marocaines pour les pâtes alimentaires et les couscous aux produits étrangers, suite aux accords de libre-échange avec plusieurs pays comme l'Égypte, la Tunisie, ou la Jordanie, constitue une véritable menace.
C'est ce qu'a révélé un récent rapport publié par le ministre de l'industrie. Ce rapport a révélé que les pâtes alimentaires et couscous marocains supportent un surcoût élevé au titre du soutien pour la production des blés nationaux. Ce surcoût est estimé à 20 % des prix de vente. En même temps, les produits des pays facturés aux conditions internationales entreront en franchise de touts droits et taxes.
Cette situation risque fortement de déboucher sur une concurrence déloyale. Cette menace pèse sur l'ensemble de la filière blé: producteurs, collecteurs, minoteries, semoules et biscuitiers.
Selon vous, que faut-il faire pour remédier à ce problème ?
Sur ce point, notre position est claire. Nous sommes pour le libre-échange. Nous nous opposons à l'idée de revenir au protectionnisme. Puisqu'il est certain que l'évaluation du marché ne peut se faire sans l'ouverture de ce dernier.
Actuellement, un dialogue est entrepris avec le ministère de l'industrie afin de trouver une solution à ce problème. Et je tiens à remercier le ministère pour tous les efforts qu'il a déployés jusque-là.
Par ailleurs, nous espérons que les négociations vont bientôt aboutir à un compromis satisfaisant pour tout le monde.


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