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«Remettre l'entreprise au centre du système»
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 25 - 04 - 2005

Directeur général de MANPOWER Maroc, Jamal Belahrach apporte une contribution, en 34 propositions, sur les pistes pour la création d'emplois durables. Dans cet entretien, il lire sa vision sur les moyens à mettre en œuvre pour dynamiser le marché de l'emploi au Maroc. Entretien.
ALM : Quelle est la motivation derrière cette contribution à la réflexion sur l'emploi au Maroc?
Jamal Belahrach : La situation actuelle du chômage au Maroc est devenue intenable. D'abord il est urgent d'apporter une contribution, pour faire réfléchir l'ensemble des opérateurs économiques : l'Etat, les partenaires sociaux,et quelque part, les salariés aussi, pour la simple raison que tout le monde est coupable de la situation actuelle. Si j'ai baptisé cette contribution «Tous pour l'emploi, état d'urgence pour vaincre le chômage», c'est que nous sommes tous collectivement coupables de cette situation qui dure depuis très longtemps. Tout le monde en parle, personne ne fait rien. Plus surprenant encore, depuis le discours de SM le Roi à Jorf Lasfer, qui a clairement érigé l'emploi comme priorité nationale, à ce jour, je n'ai pas vu de plan particulier pour inciter les entreprises à recruter ou une dynamique dans ce sens. Donc, en ma qualité d'opérateur et d'observateur du marché de travail, je reçois des jeunes diplômés et des moins jeunes, nous avons du mal à leur trouver une situation, parce que les entreprises refusent de prendre ces jeunes qui manquent d'expérience. Cela reviendrait à dire que la formation n'est plus utile et, du côté entreprise, les lourdes charges sont décriées. Je pense que le moment est venu de se poser la question sur ce qu'on peut faire, les uns et les autres, là où nous sommes, pour contribuer à essayer d'éradiquer et d'endiguer ce fléau qu'est le chômage. De toute manière, le chômage zéro est une utopie et différents pays du monde vivent ce problème. Cependant, certains s'en sortent mieux que d'autres. Entre le modèle anglais, qui est tout flexible et le modèle français qui est quasiment tout rigide, il y a un modèle marocain qu'on doit essayer de trouver, à condition de s'asseoir autour d'une table et de dire : qu'est-ce qu'on peut faire pour le Maroc et pour sa jeunesse qui a besoin aujourd'hui de retrouver un sens et de la dignité, et la dignité, c'est le travail
Pensez-vous que le timing est plutôt favorable à enclencher cette réflexion ?
J'ai mis beaucoup de temps à mettre cette contribution en place. Après de longues observations et entretiens avec les chefs d'entreprises, le constat est consternant. Le gouvernement s'est assurément attelé à beaucoup de réformes, mais je n'ai pas trouvé d'écho à ce problème de l'emploi. Je me suis dit que c'est une manière de contribuer à la réflexion à travers quelques outils. L'objectif de cette contribution est de permettre aux spécialistes, dont c'est le métier, d'exploiter ces mesures, pour voir si elles sont exploitables mais surtout les mettre en place parce qu'il y a urgence. Les statistiques du chômage sont importantes. En plus, les investisseurs étrangers se retrouvent face à une autre réalité. Nous avons beaucoup de chômeurs, mais nous n'avons pas systématiquement de la compétence. Les entreprises n'ont pas toujours les bonnes réponses à leurs besoins. L'offre de formation est relativement faible. La formation a toujours été le parent pauvre aussi bien pendant le cursus scolaire qu'après. On ne peut plus aller chercher les investisseurs, avoir des contrats-programmes importants si quelque part la dynamique de la formation et de l'emploi n'est pas présente. Cette approche, pour moi, est fondamentale.
Ne pensez-vous pas que le problème réside dans la croissance marocaine qui ne crée pas d'emplois ?
C'est sûr que nous avons une petite croissance. Il faudrait au moins une croissance à 6% pour générer de l'emploi. Aujourd'hui, la question est de savoir de quelle croissance parle-t-on ? Vous savez très bien que dans notre pays, l'économie informelle est relativement importante. Celle-ci n'est assurément pas comptabilisée dans les statistiques. Je reste convaincu que plusieurs entreprises se portent bien, d'autres mal, mais sur celles qui tournent mal, une grande majorité gagne moins d'argent, mais gagne toujours. Comme elles en gagnent moins, elles pensent que la situation est catastrophique, alors qu'elles avaient pour habitude d'en gagner énormément sur le dos de l'économie nationale. Cela reviendrait à dire que si, aujourd'hui, cette croissance n'existe pas, c'est parce que quelque part, nous sommes passés à côté d'une mise à niveau dont en a beaucoup parlé, mais rien n'a été mis en place. D'autre part, il est grand temps de développer ce que j'ai appelé «le civisme économique». Pour moi, c'est une notion importante. Etre civique, économiquement parlant, c'est au-delà de la dimension de l'entreprise qui est de générer du profit pour elle, c'est déjà de payer ses impôts, de déclarer ses employés. Cet argent sert aussi à financer la structuration du marché du travail. Si on avait pu mettre l'indemnité pour perte d'emploi, on aurait aussi permis à des gens qui se retrouvent aujourd'hui à la rue de pourvoir subsister et demain se remettre au travail. Il faut faire des choix. Ce genre de mesures permettent aussi de mettre en place tout un dispositif d'accompagnement et de formation pour que les chômeurs réintègrent rapidement le marché de l'emploi. Concrètement, avant d'enclencher le chantier de la réflexion, il faudrait tout d'abord définir la mission de chacun. La mission de l'Etat, contrairement à l'idée répandue, n'est assurément pas d'imposer le recrutement aux opérateurs économiques. L'Etat doit se contenter de créer les conditions. Ceux qui ont cru que le nouveau code du travail allait pousser vers la création d'emplois ont vite déchanté. La seule entité capable de créer de l'emploi est l'entreprise, c'est pourquoi il faut la respecter. Il faut lui donner la place quelle mérite. De même, les partenaires sociaux doivent veiller à ce que les salariés travaillent dans de bonnes conditions et que leur droits soient respectés, par l'entrepreneur. Au même temps, l'entrepreneur a une mauvaise image. Il est encore perçu comme le capitaliste, le voleur, le spoliateur et bien d'autres qualificatifs. Ce climat de méfiance doit être brisé. L'Etat doit dire qu'ensemble, pour les vingt prochaines années, nous devons nous faire confiance. Le pays le mérite au même titre que les jeunes et les entrepreneurs. Le trio Etat, entreprise et partenaires sociaux doivent fédérer leurs efforts.
Quel est, donc, l'objectif final de cette contribution ?
C'est tout simplement pousser les gens à réfléchir et de se dire que ces mesures proposées gagnent à être chiffrées. Quel est le coût pour l'Etat, à l'effort de l'entreprise, pour les partenaires sociaux? Quelles sont les mesures qui sont prioritaires pour rétablir la confiance. Mon souci est que dès demain, il y ait des annonces fortes pour que les jeunes puissent dire, qu'enfin, on s'occupe de nous. Enfin, on pourra acquérir une dignité. Enfin, nous allons participer à la richesse de ce pays. Ceux qui sont en dehors du travail, ne peuvent pas participer à la création de richesses. L'ensemble de ces actions passe par la remise de l'entreprise au centre du système. C'est assurément l'urgence pour le pays. Le Maroc est un pays jeune, plein de talents et il faut savoir les utilisés. Il faut qu'on transcende notre passé et qu'on se mette autour de la table pour penser notre emploi qui n'est pas un problème de coût mais de priorité. Nous avons besoin d'un projet.


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