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Recrudescence de la violence contre les enfants
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 13 - 10 - 2006

Deux rapports, national et international, tirent la sonnette d'alarme face à l'évolution inquiétante de la violence à l'encontre des enfants. Pour protéger ses enfants, le Maroc a mis en place une série de programmes.
Le phénomène de la violence à l'encontre des enfants s'amplifie d'une manière inquiétante aussi bien à l'échelle nationale qu'internationale. La situation est jugée critique et urgente. C'est ce qui ressort des résultats de deux études qui devaient être présentés jeudi soir à Rabat lors d'une rencontre organisée à cet effet par le secrétariat d'Etat chargé de la Famille, de l'Enfance et des Personnes handicapées.
Le premier rapport national analytique, initié par l'Unicef en partenariat avec le ministère de la Justice et le secrétariat d'Etat chargée de la Famille, de l'Enfance et des Personnes handicapées dévoile les souffrances subies par les enfants. Violences physique, psychique, sexuelle… la violence est multiforme et omniprésente aussi bien à l'école, au sein de la famille que dans les orphelinats et le milieu de travail.
Les chiffres sont éloquents. Selon les données du ministère de la Justice sur la période allant de 2001 à 2004, une moyenne annuelle de 5860 affaires de violence à l'encontre des enfants a été enregistrée. Le nombre d'affaires est passé de 4923 cas en 2001 à 5650 cas en 2004, soit un taux d'accroissement annuel moyen de 4,7%.
Ainsi, le total cumulé des cas de violence traités par la justice est de 23 439 durant la période étudiée.
La répartition des affaires de violence montre que les affaires de violences physiques sont prédominantes avec 42,6%, suivies des violences psychologiques (39,3%). Tandis que les violences sexuelles représentent 17,1% et le trafic d'enfants 0,9%.
L'analyse des données, selon les villes concernées par ce phénomène, révèle que Casablanca est la plus touchée avec 13,9% du nombre d'affaires de violence, suivie de Fès et Kénitra avec respectivement 9,9 et 9,7%. Selon la même source, la violence sexuelle sévit à Tétouan avec 61,8% des cas enregistrés.
Le trafic d'enfants est localisé principalement à Béni-Mellal (9,7%) et à Nador (9,3%). Partout ailleurs, il représente moins de 2,1%.
Les enfants des rues et les enfants en conflit avec la loi sont les principales victimes de torture et de traitements cruels, inhumains ou dégradants au Maroc, lit-on dans ce document. Lorsqu'ils sont "raflés", ils subissent coups de pieds ou de matraques, brûlures de cigarettes dans les locaux de police.
Conscient de l'urgence de la situation, le Maroc a élaboré un plan d'action pour la protection de ses enfants. "La violence à l'égard des enfants au Maroc revêt plusieurs formes. Vu l'ampleur de ce phénomène, nous avons mis en place un ensemble de programmes visant la prévention et la lutte contre ce phénomène pernicieux. Ces programmes prévoient, entre autres, la mise en place des unités de protection de l'enfance dans cinq villes-pilotes, à savoir Casablanca, Marrakech, Fès, Agadir et Laâyoune. «Ces structures auront pour mission la prise en charge des enfants victimes de violence», indique Yasmina Baddou, secrétaire d'Etat chargée de la Famille, de l'Enfance et des Personnes handicapées. Le plan d'action, souligne Mme Baddou, comprend également les programmes "Inkad" concernant la protection des petites domestiques et "Idmaj" destiné aux enfants de la rue.
Le Maroc n'est pas le seul pays concerné par ce phénomène. L'étude mondiale, réalisée par les Nations unies, montre qu'il existe de la violence dans tous les pays du monde, quels que soient la culture, la classe, l'éducation, le revenu et l'origine ethnique.
Le rapport dresse ainsi le tableau d'une situation sombre. Les répercussions des actes de violence sur les enfants à court et à long termes sont très graves et préjudiciables. La violence peut entraîner des troubles dépressifs, hallucinations, déficience dans l'exécution des tâches, troubles de la mémoire et comportement agressif.
Elle peut inciter même au suicide. La protection des enfants contre la violence est une question urgente, souligne l'auteur du rapport, qui comporte une série de recommandations.


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