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Siham Habchi : «Nous ne sommes ni putes ni soumises, nous sommes libres !»
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 10 - 02 - 2009

Au Maroc, pour défricher le terrain à l'implantation d'une antenne locale de «Ni Putes Ni Soumises» (NPNS), Siham Habchi revient dans cet entretien sur le contexte de la création de ce mouvement, son combat et son projet d'internationalisation.
ALM : Vous êtes au Maroc pour lancer une antenne locale de «Ni Putes Ni Soumises», quand est-ce que vous allez annoncer cette implantation ?
Siham Habchi : L'annonce de la création d'une antenne au Maroc de «Ni Putes Ni Soumises» (NPNS) se fera à l'occasion de la tenue de la 12 ème édition du raid «4L Trophy» qui se déroulera au Maroc du 19 février au 1er mars. Une voiture conduite par deux Marocaines, polytechniciennes et membres de l'association, prendront part à ce raid et saisiront l'opportunité pour annoncer l'implantation de la première antenne au Maghreb de NPNS.
Le week-end dernier, j'étais au Maroc pour rencontrer le tissu associatif local. Le noyau de NPNS au Maroc est en cours de consolidation. L'antenne au Maroc sera fin prête dans moins de trois semaines.
Pourquoi voulez-vous créer une antenne au Maroc ?
Vous savez, nous avons le cas de beaucoup de femmes, nées en France, qui se retrouvent mariées de force au Maroc. Pendant longtemps, nous avons travaillé avec des associations partenaires ici, en Tunisie et en Algérie. Aujourd'hui, le tissu associatif au Maroc est extrêmement dense. Nous assistons également à une dynamique autour des femmes avec la nouvelle Moudawana. Le Maroc compte plusieurs associations qui œuvrent pour la préservation des droits de la femme. Il y a donc un espace favorable de mobilisation qui est très important pour nous pour pouvoir aider les femmes à sortir de la sphère de la violence.
Nous avons besoin d'avoir un pied-à-terre au Maghreb. Et le Maroc me semble le pays le plus approprié.
Comment allez-vous traduire «Ni Putes Ni Soumises» en arabe ?
Nous l'avons d'ores et déjà traduit en plusieurs langues! Et nous l'avons imprimé en lettes roses sur des t-shirts noirs ! La traduction en arabe donne «La baghiya, la khaniaâ».
Vous n'êtes ni putes ni soumises. Vous êtes quoi alors ?
Effectivement, nous ne sommes ni putes ni soumises. Nous sommes libres ! Vous savez, le débat sur les mariages forcés est posé un peu partout dans le monde. Rappelons-nous le cas de cette jeune fille yéménite mariée de force à l'âge de 10 ans qui a eu le courage de demander le divorce. Et, elle l'a obtenu ! Nous, filles issues de l'immigration, nous avons besoin de ce lien avec nos pays d'origine. Nos destinées sont donc liées à l'état d'avancement des droits de la femme dans ces pays. Notre travail ne peut pas avancer s'il n'y a pas de convergence. La Méditerranée est un lieu pour créer cette dynamique qui profitera à toutes les femmes.
En lançant «Ni putes Ni Soumises» au Maroc, vous risquez de provoquer une réaction des islamistes. Etes-vous prêts à faire face à une éventuelle hostilité islamiste ?
Nous savons très bien qu'il y a des mouvements obscurantistes. En France et en Europe, nous savons exactement qui sont ces mouvements qui agissent tapis dans l'ombre et qui salissent l'image de nos pays d'origine et l'image de l'Islam. Nous nous sommes battues, en France, en rappelant que ces mouvements-là utilisent la religion pour maintenir les femmes sous l'ordre patriarcal. Je pense qu'au Maroc, en Algérie et en Tunisie, on comprend aujourd'hui que le combat des femmes est un combat civilisationnel qui veut faire avancer la société, que ce combat-là n'est pas en contradiction avec la religion et qu'il faut donc nous soutenir.
Quelle sera la valeur ajoutée de NPNS au Maroc ?
Au lancement de NPNS, on ne s'attendait pas à avoir un écho aussi extraordinaire. Le soutien apporté à l'association par des femmes en Europe, au Maghreb, au Liban...nous a fait comprendre que notre action pose les jalons d'un nouveau combat féministe. Celui d'un féminisme populaire. Ce combat ne peut être qu'international.
Quelle est la place de la femme dans nos sociétés ? C'est la question fondamentale qu'il faut plutôt poser aujourd'hui. Si on empêche les femmes d'avancer, c'est la société qui s'ampute d'une force extraordinaire!?
Quel est le message principal que vous voulez passer aux femmes marocaines ?
Il faut attaquer de front les problèmes. Il y a d'abord la question juridique. Pendant longtemps, on nous a dit que ce n'est pas possible de changer les lois : C'est figé! Les filles ont commencé donc à tricoter, à travailler sur le référentiel religieux et universel et finalement à obtenir des avancées. Il y a aussi le front de la scolarité des filles ! Nous voulons aussi lutter contre la violence à l'égard des femmes et la violence conjugale. Moi, je ne crois pas que l'homme est né violent ! Nous ne sommes pas de ceux qui pensent que les hommes sont violents par nature. Je pense plutôt que c'est à travers le débat que nous allons trouver des solutions. Des solutions qui ne viennent pas d'en haut, mais plutôt d'en bas.
Sohane, Shéherazade et les autres
Le 4 octobre 2002, une jeune fille de 17 ans, Sohane, meurt brûlée vive dans un local à poubelle de la cité Balzac de Vitry-sur-Seine. L'auteur du meurtre, un jeune garçon de 19 ans, agit par «dépit amoureux». Après plusieurs tentatives de reconquêtes vaines, ce dernier, qui n'acceptait pas que son ex-petite amie lui résiste, l'immole après l'avoir aspergée d'essence. Sohane meurt des suites de ses brûlures… Trois années après le terrible sort de Souhane, c'est l'affaire Shéherazade qui continue à dérayer la chronique. Cette jeune fille de 18 ans a été brûlée vive, en novembre 2005, par un homme à qui elle avait refusé les demandes en mariage. Son visage porte toujours les traces de sa souffrance, selon les termes de Siham Habchi. Et c'est bel et bien le cri de Sohane qui est à l'origine de «Ni Putes Ni Soumises». Tout a commencé de Vitry-sur-seine avec l'organisation d'une marche des femmes contre les ghettos et pour l'égalité. La marche menée par Fadela Amara traverse la France en 23 étapes et chacune de ces haltes était l'occasion de parler de la violence à l'égard des femmes. Cette marche a pris fin le 8 mars 2003 à Paris, par une manifestation. Plus de 30.000 personnes ont ainsi rejoint Ni Putes Ni Soumises». Aujourd'hui, le mouvement, qui compte près de 40 comités partout en France, veut ratisser large. Il entame sa phase d'internationalisation.


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