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Guerre d'Algérie : Emmanuel Macron réservera un geste symbolique envers les rapatriés
Publié dans Barlamane le 25 - 01 - 2022

Le chef de l'Etat devrait soutenir une nouvelle «reconnaissance», a annoncé l'Elysée. Cela s'inscrit dans la continuité d'un processus entamé dès le début du quinquennat.
Le président Emmanuel Macron va faire un geste mémoriel mercredi envers les rapatriés d'Algérie qui portera sur la fusillade de la rue d'Isly à Alger, dans laquelle des dizaines de partisans de l'Algérie française furent tués par l'armée en mars 1962.
Le chef de l'Etat va porter «une parole de reconnaissance» lors d'une rencontre avec des associations de rapatriés d'Algérie, communément appelés les «pieds-noirs», à l'Elysée, a indiqué mardi 25 janvier la présidence française. «Un des points saillants du propos du président de la République tournera autour de ce qui s'est passé le 26 mars à Alger, rue d'Isly», a ajouté la présidence, sans plus de précisions.
Série de gestes mémoriels
Une semaine après la signature des Accords d'Evian et le cessez-le-feu, le 19 mars 1962, en Algérie, des manifestants civils partisans de l'Algérie française qui tentaient de forcer le passage vers le quartier de Bab El-Oued, dans le centre d'Alger, étaient mitraillés à un barrage tenu par l'armée française. La fusillade qui dura plus d'un quart d'heure fit, selon différentes sources, au moins une cinquantaine de morts, tous civils, parmi les manifestants. La fusillade de la rue d'Isly marqua le début de l'exode massif des pieds-noirs d'Algérie.
Cette «reconnaissance» s'inscrira dans une série de gestes mémoriels, depuis le début du quinquennat, dans la perspective du 60e anniversaire de la fin de la guerre d'Algérie. Le 14 septembre 2018, Emmanuel Macron a ainsi reconnu, «au nom de la République française», que le jeune mathématicien communiste Maurice Audin avait été «torturé à mort, ou torturé puis exécuté par l'armée française» en 1957. Le 3 mars 2021, il reconnaissait aussi que l'avocat nationaliste Ali Boumendjel avait été «torturé et assassiné» le 23 mars 1957 par l'armée française, contredisant la version initiale d'un suicide. Le 20 septembre 2021, le chef de l'Etat a demandé «pardon» aux harkis, supplétifs algériens de l'armée française, qui furent «abandonnés» par la France. Un projet de loi, actant ce «pardon» et tentant de «réparer» les préjudices subis, est en cours d'examen en Parlement.
Emmanuel Macron a aussi dénoncé des «crimes inexcusables pour la République» pour les 60 ans du massacre par la police française de manifestants algériens, le 17 octobre 1961 à Paris. «L'objectif reste le même, construire à terme une mémoire apaisée, partagée, commune à tout ce qu'ont été jusque-là les mémoires liées à la guerre d'Algérie et à la colonisation», a souligné l'Elysée.


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