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Accord de Paris sur le climat : 10 ans après la COP 21
Publié dans Challenge le 25 - 08 - 2025

La COP 21, organisée à Paris, en 2015, a suscité beaucoup d'espoir. Elle a été suivie, en 2016, par la COP 22, organisée à Marrakech, année d'entrée en vigueur de l'Accord de Paris, mais aussi année de la première élection de D. Trump qui a été vécue comme une « douche froide » par le mouvement écologiste mondial, annonçant ainsi une régression qui sera accélérée en 2020 avec la crise sanitaire mondiale et surtout après l'invasion militaire de l'Ukraine par la Russie, en 2022.
Le 18 juin dernier, un article rédigé par cinq journalistes (1) a été publié dans le Financial Times. Cet article, résumant bien la situation actuelle du réchauffement climatique dans le monde, avec pour titre « L'économie mondiale demeure accro au charbon », est révélateur de l'évolution réelle de la question climatique, au cours de la décennie 2015-2025. En 2015, en signant l'Accord de Paris, « les dirigeants de la planète semblaient enfin sur la même longueur d'onde », en s'engageant à contenir le réchauffement climatique à 1,5° C, afin d'éviter les conséquences les plus désastreuses.
Et ce qui était le plus visé dans cet accord, c'est surtout une réduction drastique de l'utilisation du charbon comme source d'énergie très carbonée et polluante de l'atmosphère. Une phrase prononcée par Obama, en 2016, devant le Congrès étasunien, traduisait cet espoir : « Nous devons accélérer la transition et tourner le dos aux ressources énergétiques les plus anciennes, les plus polluantes ».
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En 2021, malgré le contexte de la crise sanitaire mondiale, l'espoir était encore permis. Pour le 1er ministre britannique, Boris Johnson, le sommet climatique de Glasgow « sonne le glas du charbon ». Les experts en matière de climat croyaient aussi fermement au déclin structurel du charbon. L'Agence internationale pour l'énergie (AIE) avait déclaré, en 2020, que « la demande (mondiale) de charbon avait connu son apogée en 2013 », au vu de l'évolution de la consommation mondiale de charbon en déclin et surtout en Chine.
Or les prévisions vont se révéler excessivement optimistes, voire tout simplement erronées. 10 ans après l'Accord de Paris, la demande mondiale n'a pas cessé de grimper. La consommation mondiale de charbon, en 2024, a représenté presque deux fois celle en 2000, et quatre fois celle en 1950. Chaque minute, 16 700 tonnes de charbon sont extraites du sol, soit une quantité équivalente à sept piscines olympiques remplies.
Qu'est-il donc arrivé ? Pourquoi les prévisions se sont avérées fausses ? Tout d'abord, il y a lieu de noter que les énergies solaire et éolienne ne sont pas capables de fournir l'énergie 24 heures sur 24, alors que les besoins mondiaux en énergie ne cessent pas de croitre rapidement. Le Financial Times souligne en particulier le rebond économique de la Chine et de l'Inde, articulé autour du développement de l'industrie lourde et des infrastructures.
Mais la pandémie a aussi laissé des traces profondément négatives où l'attitude solidaire des Etats face aux défis climatiques a été affaiblie par le « chacun pour soi » et le retour du « souverainisme » qui ont caractérisé cette crise. Ensuite, l'invasion militaire de l'Ukraine par la Russie, en 2022, va presque mettre entre parenthèse la question climatique. « La priorité énergétique est passée largement devant les objectifs climatiques dans la liste des priorités ».
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Et la guerre génocidaire en Palestine, à Gaza, va encore aggraver beaucoup plus la division du monde. La hausse importante des prix du gaz naturel va favoriser le retour à l'extraction du charbon, moins coûteux économiquement pour la production de l'électricité. Et la réélection de D. Trump aux Etats Unis d'Amérique (EUA), en 2024, va confirmer et renforcer cette régression. Ce dernier est allé même jusqu'à déclarer sous forme de provocation négationniste : « Moi, j'appelle ça le beau charbon propre. J'ai interdit à mes équipes de dire le mot charbon sans préciser qu'il était beau et propre ».
Par ailleurs, aujourd'hui, trois quarts de l'électricité indienne proviennent du charbon, malgré les investissements importants en centrales solaires et éoliennes en Inde, au cours de décennie 2015-2025. Pour le premier ministre indien, Narendra Modi, l'objectif zéro émission en Inde ne pourra être atteint qu'en 2070. Pour le moment, la priorité est l'amélioration du niveau de vie des habitants, la connexion des foyers aux réseaux électriques et le développement industriel.
Ce que confirme P. M. Prasad, directeur de Coal Indice, entreprise d'Etat en Inde et premier producteur mondial de charbon : « La part de charbon dans notre mix énergétique finira par décliner et nous aussi nous diversifierons progressivement nos sources d'énergie ». Par ailleurs, presque partout dans le monde, avec le réchauffement climatique, le recours à l'air conditionné a tendance à se généraliser. Ce qui accroit la demande mondiale en énergie électrique.
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En Chine, pour Xi Jinping, « les mesures en faveur du climat et la compétitivité industrielle de la Chine sont indissociables ». De l'autre côté des océans, D. Trump, qui a, à nouveau, quitter l'Accord de Paris, voit les choses tout autrement, allant jusqu'à encourager et soutenir l'exploitation des sources d'énergie fossile, refusant ainsi d'ouvrir les yeux sur une réalité élémentaire : 30% des émissions de dioxyde de carbone que l'humanité a produites depuis le début de l'ère industrielle, provient du charbon.
L'Europe et les Etats Unis d'Amérique sont historiquement les premiers responsables du réchauffement climatique. Et, actuellement, le climat est mis entre parenthèse. La priorité est ailleurs. Celle du réarmement, c'est-à-dire du renforcement des capacités d'autodestruction massive, voire planétaire.
(1) Leslie Hook, Jana Tauschinski, Nassos Stylianou, Andrés Schipani et Edward White.


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