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Concurrence
Publié dans Challenge le 30 - 05 - 2009

Depuis quelques années, les entreprises ne se gênent plus pour recruter chez la concurrence les compétences aguerries. Le phénomène a depuis pris de nouvelles allures avec la crise internationale.
« Nous avons tout simplement débauché des profils pointus en réaction aux pratiques déloyales de la concurrence ou reçu des demandes spontanées». Ce responsable à la Direction des ressources humaines d'une banque ne se cache pas avoir fait son marché chez les concurrents, mais tient surtout à faire comprendre que la pratique est devenue monnaie courante. En tout cas, en cette période de crise, le débauchage de cadre de haut potentiel semble avoir été érigé en règle par les entreprises, qui ne se gênent plus pour traverser le boulevard pour faire leur marché. « La crise n'a fait qu'exacerber le phénomène », tient à préciser d'emblée Essaïd Bellal, PDG du cabinet Diorh. En effet, si avec la crise internationale, la plupart des entreprises ont ralenti, voire freiné le rythme d'embauche, cela ne les a pas empêchées pour autant de recourir au recrutement de profils pointus. «En période de crise, l'entreprise est sur la défensive et elle s'entoure de bons profils», déclare Omar Benaini, consultant à LMS ORH. Du coup, les entreprises cherchent des profils semblables. Ce qui n'est pas sans entraîner une situation de pénurie sur le marché. Ainsi, à coups de salaires alléchants et d'indemnités faramineuses, les entreprises débauchent même jusque dans les Top management de la concurrence. Leurs méthodes d'approche sont souvent les mêmes. Grâce à des intermédiaires, qui jouent également le rôle de rabatteurs, ils amassent le maximum d'informations sur leurs cibles avant d'entamer le travail d'approche. Celui-ci consiste le plus souvent en un coup de téléphone, ou une simple lettre. «Si le contact est établi, on fixe un rendez-vous dans un lieu neutre à l'abri des regards indiscrets, afin de préserver l'intimité de la rencontre et de rassurer le cadre qu'on désire débaucher. Les cadres étant généralement méfiants, il faut bien gérer l'aspect psychologique», explique notre interlocuteur. Généralement, c'est leur réputation qui motive les entreprises à pister des cadres hautement qualifiés. « Ces sociétés croient savoir qu'un tel est à l'origine de telle performance et n'hésitent pas à aller le chercher. Il peut arriver qu'elle connaisse la cible et s'adresse à elle directement. Souvent également, ces entreprises s'adressent à un cabinet professionnel qui a déjà une liste bien établie », explique un directeur de cabinet de recrutement.
Des profils tant et tant
recherchés…
Quid concrètement de ces profils tant recherchés ? « Le système éducatif ne les forme pas systématiquement. Ils sont diplômés d'une grande école et ont déjà pratiqué dans de grandes entreprises et maîtrisent généralement plusieurs langues», explique le PDG de Diorh. Mais comme de telles compétences sont rares, il faut offrir un peu plus pour les attirer. De plus, l'implantation de plusieurs groupes étrangers, au cours de ces dernières années, a aggravé la surenchère. «Pour les débaucher, il faut généralement au minimum 20 à 30 % de plus que leur salaire actuel en plus d'autres avantages. Cependant, il y a une exception pour des compétences qui sont sur le départ ou des Marocains venant de l'étranger», confie Essaïd Bellal. Si l'on se fonde sur les impressions et analyses recueillies, le secteur financier, la grande distribution, l'industrie, les grandes entreprises en pleine restructuration, les nouveaux métiers et le BTP sont de loin les plus dynamiques. En effet, ces secteurs se structurent de plus en plus, se mettent aux normes internationales et se donnent aussi les moyens de recruter des profils pointus pour des postes de direction. Depuis janvier dernier, on ne compte plus le nombre de mouvement de cadres aguerris.
Dans le secteur financier, Crédit Agricole Maroc (CAM) vient de recruter quatre directeurs provenant du secteur bancaire. La branche des assurances, jusque-là trop discrète, s'est inscrite récemment dans cette logique avec Wafa Assurance. La filiale d'Attijariwafa bank a débauché Taoufik Benjelloun Touimy de chez La Marocaine-Vie pour le nommer DGA en charge du pôle Finances. Cet ex-de KPMG puis de CFG Gestion, filiale de gestion d'actifs de CFG Group, avait rejoint La Marocaine-Vie pour mettre en place la direction des investissements avant de prendre en charge le pôle Finances et technique en tant que DGA. Wafa Assurances est allée également piocher chez Altadis Maroc pour recruter Assia Bouaine et la nommer par la suite directrice du Capital humain, en charge des Ressources humaines et de la Logistique. Cet ex-responsable du Développement des ressources humaines d'Altadis a accompagné l'ex-Régie des Tabacs dans son processus de transformation et de mise en place des projets.
Une fièvre générale
Même le secteur du transport de fonds a été touché par cette fièvre, eu égard au recrutement de Najib Fassi-Fihri, ancien directeur général de Cofimag, nommé au poste de directeur général du groupe Brink's au Maroc. Dans le BTP, on déplore un déficit énorme de ressources humaines (ouvriers qualifiés, techniciens, chefs de chantier, grutiers…) mais pas seulement. Les middle et top management font également défaut. Cela s'explique par le fait que certaines entreprises sont devenues de grands groupes qui recherchent des compétences en finance et même en marketing et communication. C'est le cas des groupes Addoha, CGI, Palmeraie Développement, Delta Holding, Alliances Développement… Ce dernier a recruté Youssef Kabbaj qui vient d'Atlas Hospitality, filiale touristique de Royal Air Maroc (RAM) en qualité de directeur général adjoint. Ce dernier avait pour mission principale la mise en place de la structure, l'organisation et les moyens nécessaires à la réalisation des objectifs du plan stratégique de la chaîne hôtelière de RAM. Il occupe désormais le poste d'Alliances maîtrise d'ouvrage délégué (Almod), filiale du groupe Alliances Développement, une entité qui pilote l'ensemble des chantiers du groupe pour ses projets immobiliers résidentiels. Cette PME intervient aussi dans le cadre de prestations de services sur des projets hôteliers pour le compte de grands groupes, notamment Accor et Somed. Dans la grande distribution, le phénomène de débauchage dans le secteur a pris de l'ampleur. Entre les grandes enseignes, les hauts cadres cherchent une situation financière confortable et un plan de développement ambitieux, qui fera appel à leurs compétences et expertises acquises chez le n°1 mondial des hypermarchés. C'est ainsi que Saad Mhadji, l'ex-directeur de l'Institut de commerce et de distribution (centre de formation) de Marjane Holding, vient d'être nommé directeur Achats et Marketing de la filiale de la grande distribution du groupe Chaabi. Saad Mhadji a occupé des postes à responsabilités chez Carrefour France.
Ali Hamri, qui occupait le poste de directeur général de Carrefour à Dubaï, puis Arabie Saoudite, a été recruté par Label'Vie il y a quatre mois, avant d'être débauché par Marjane Holding en tant que directeur régional d'Acima. Au chapitre des nouveaux métiers, l'offshoring offre de belles perspectives d'emploi. Les compétences se sont raréfiées et certains opérateurs doutent de la capacité du programme des 10 000 ingénieurs à générer des ressources humaines réellement compétentes. Aujourd'hui, les entreprises des secteurs exportatrices ont suivi le mouvement. Si pour le tourisme, le phénomène n'est pas nouveau, c'en n'est pas le cas par exemple pour les entreprises de textile qui apprennent à aller chercher vers les clients étrangers qui, il n'y a pas longtemps faisaient le déplacement au Maroc. « Aujourd'hui, la tendance s'est inversée. C'est le candidat qui a le choix entre deux ou trois entreprises », estime le PDG de Diorh.
Cependant, la crise a entraîné un nouveau comportement chez ces cadres aguerris qui appréhendent que leur employeur leur confie dans la conjoncture actuelle le « sale boulot». « Ce sont des cadres à haut potentiel qui étaient recrutés pour le développement et qui redoutent d'être obligés de piloter la crise. Pour cela, cette catégorie de cadres, qui, pour la plupart, ne pensaient jamais quitter leur poste, va préférer tourner la page. Le phénomène a commencé depuis février dernier, date à laquelle nous avons commencé à être contacté par ces cadres à haut potentiel », explique Omar Benaini. Sont concernées surtout par ces départs les filiales des banques françaises et des multinationales au Maroc. Avec tout le tapage médiatique autour de leur maison-mère, les cadres de leurs filiales locales sont en quelque sorte dans la tourmente. Résultat des courses : ces derniers voient ailleurs.


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