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Entretien avec Moulay Hafid Elalamy, PDG de CNIA: CNIA-Es-Saâda, le mariage consommé
Publié dans Finances news le 19 - 10 - 2006

* Un plan de redressement sera présenté à l'Administration et une commission paritaire va statuer sur l'égibilité ou non d'Es-Saâda à bénéficier du Fonds de solidarité.
* Il y a une quinzaine d'années, la CNIA a fait appel au Fonds de solidarité et jusqu'à présent l'argent n'a pas été restitué.
Finances News Hebdo : Peut-on savoir où en est actuellement le processus d'acquisition d'Es-saâda ?
Moulay Hafid Elalamy : L'acquisition d'Es-Saâda a été bouclée. Nous avons racheté 100 % des actions. Les actionnaires et les managers ont déjà quitté et nous avons investi les locaux depuis à peu près deux semaines. Nous sommes en train de faire l'état des lieux complet, en particulier au niveau du technique.
F. N. H. : Cette opération stratégique fera-t-elle l'objet d'une fusion ou d'une absorption ?
M. H. E. : Il est encore trop tôt pour nous prononcer à ce sujet. Nous avons besoin de plus de temps pour faire les choses sereinement.
F. N. H. : Nous avons entendu qu'il y avait d'autres candidats qui ont également manifesté leur intérêt pour le rachat d'Es-Saâda. Peut-on savoir sur quels critères vous avez été retenu ?
M. H. E. : Je ne pense pas qu'il y ait eu beaucoup de candidats intéressés par le rachat d'Es-Saâda. En tout cas, pas à ma connaissance.
F. N. H. : Concernant le financement, peut-on savoir quelles en sont les modalités ?
M. H. E. : C'est encore prématuré. On a procédé à des audits avant d'être dans la maison et nous avons besoin d'aller plus loin dans cette démarche. C'est ce qui est en train de se faire depuis 15 jours et il reste, à mon avis, une dizaine de jours pour avoir une visibilité précise des besoins d'Es-Saâda. La seule chose que je peux vous dire est que nous avons l'intention de remettre Es-Saâda au carré, ce qui n'est absolument pas le cas aujourd'hui.
F. N. H. : Elle est en sous-provisionnement très fort. A quel niveau ?
M. H. E. : On est en train d'affiner les chiffres avec des équipes internes qui maîtrisent parfaitement la technicité de l'assurance, les technologies de l'information… Nous avons des équipes de qualité, disponibles, qui travaillent de façon transparente, mais ça prend du temps. Nous sommes en train d'affiner les chiffres d'heure en heure et de minute en minute.
F. N. H. : Est-ce qu'Es-Saâda va faire appel au Fonds de solidarité des compagnies d'assurance ?
M. H. E. : D'après les premières estimations que nous avons faites, oui. Nous allons présenter un plan de redressement et les textes sont ce qu'ils sont. Il y a une commission paritaire qui statue sur l'octroi ou non. C'est fait de manière claire et précise sans aucune possibilité d'interprétation. Le Fonds de solidarité a des règles précises, écrites et qui sont claires.
F. N. H. : Donc, Es-Saâda sera-t-elle éligible ou pas à ce fonds de solidarité ?
M. H. E. : A priori elle doit l'être parce que les problèmes de tarification ont eu des répercussions évidentes sur les comptes. Maintenant, il y a une commission paritaire entre les membres de la Fédération et ceux de l'Administration qui est consultative auprès du ministre qui statue sur l'éligibilité à ce Fonds. Contrairement à ce que vous pouvez penser, ce Fonds de solidarité est un prêt destiné à aider les compagnies malades à se redresser et non un don. Et il serait difficile de soutenir l'argument qu'Es-Saâda n'est pas malade.
F. N. H. : A ce titre, quelles sont les raisons qui ont motivé cette opération ? Peut-on considérer qu'elle a été dictée par un marché de plus en plus concentré et où l'on ne trouve plus que des mastodontes ?
M. H. E. : Entre autres. La taille critique est un élément important. Cela dit, la CNIA a déjà une taille critique et honorable parce qu'elle fait un chiffre d'affaires de 1,2 Md DH avec 100 MDH de résultat net.
Je voudrais rappeler que la CNIA était aussi en convalescence et qu'elle se porte bien aujourd'hui. Nous avons stratégiquement décidé de positionner le groupe fortement sur cette solvabilité d'assurance. C'est l'un des principaux axes que nous avons choisis. Les concentrations sur le marché marocain et international sont également importantes, mais ce ne sont pas les seuls critères. La complémentarité du réseau de la CNIA avec celui d'Es-Saâda a aussi été un facteur stratégique de décision. Es-Saâda a de vrais problèmes, mais également des avantages.
F. N. H. : Est-ce qu'on peut prétendre que cette opération est également une aubaine pour les pouvoirs publics parce qu'elle assainit le marché ?
M. H. E. : Absolument. Elle relève du même principe que d'autres opérations telles la BNDE, la BMAO, le CIH et autres. Ce sont des opérations qui ont permis une meilleure santé au secteur financier marocain. Une compagnie qui a des difficultés financières porte certainement atteinte au secteur des assurances. A ce niveau, il s'agit donc bien d'un problème des pouvoirs publics. A notre niveau, on fait certes des opérations pour faire du bien, mais pas uniquement. On fait des affaires également avec des perspectives de consolidation de notre patrimoine. Nous gardons bien en tête que nous avons 3.500 emplois à sauvegarder et nous ne sommes pas autorisés à faire n'importe quoi.
F. N. H. : Quels sont alors les effets de synergie qui se dégagent de cette opération ?
M. H. E. : Le premier effet de synergie est le réseau de distribution d'Es-Saâda, qui est plus fort que celui de la CNIA. Le deuxième effet est que Es-Saâda et CNIA ont des portefeuilles assurance complètement différents. La CNIA est plus lourde en vie qu' en non vie tandis que Es-Saâda est exclusivement non vie. Ce qui va entraîner un portefeuille plus équilibré globalement.
F. N. H. : Quelles sont, à cet égard, vos perspectives en termes de part de marché, de positionnement … ?
M. H. E. : Je peux vous dire que nous travaillons sur un certain nombre de projets qui sont mouvants et évolutifs toutes les semaines. Le marché est tellement peu stable et les fusions ne sont pas encore finies. Peut-être dans peu de temps Atlanta et Sanad vont fusionner. Wafa assurance se développe à grande vitesse et se base sur le réseau d'Attijariwafa bank… Toutes ces mouvances font que le marché est vraiment vivant et extrêmement dynamique. Donc, le positionnement s'avère un exercice difficile. Ce positionnement n'est pas primordial pour nous. L'intérêt pour nous est d'avoir une taille critique et de pouvoir fournir un service de qualité à notre clientèle.
F. N. H. : Avez-vous déjà pensé à élaborer un plan stratégique pour atteindre ces objectifs ?
M. H. E. : Nous avions déjà un plan stratégique CNIA. Aujourd'hui, ce plan stratégique intègre Es-Saâda, même si le sort d'Es-Saâda n'est pas encore clair parce qu'il nous reste à mieux déchiffrer sa situation financière. Une fois que ce sera fait, il faudra structurer l'injection des fonds nécessaires pour faire face aux différents engagements vis-à-vis de la clientèle.
F. N. H. : Depuis la sortie de l'information relative à cette opération CNIA-Es-Saâda, les interrogations se sont posées quant à votre capacité de financement, sachant qu'il y a à peine une année, le groupe Saham a acquis la CNIA…
M. H. E. : Le groupe est aujourd'hui très peu endetté. Donc, nous avons la capacité de nous endetter et de nous procurer les fonds nécessaires.
F. N. H. : Une dernière question : la CNIA a déjà fait appel au Fonds de solidarité et jusqu'à présent les fonds n'auraient pas été restitués. Vous confirmez l'information ?
M. H. E. : Oui, c'est une réalité et ça fait partie des choses qui ne sont pas normales. Il y a quinze ans, il y a eu une augmentation de capital qui a été approuvée par l'Etat contre laquelle nous étions plusieurs compagnies d'assurances à nous élever. Mais l'Etat a augmenté sa participation en consolidant le crédit fonds de solidarité. Quand la CNIA a commencé à se redresser, elle n'a pas remboursé le crédit à l'Etat qui ne faisait que gérer le fonds alimenté par les compagnies d'assurance. L'Etat a ainsi procédé à une augmentation du capital de la CNIA qui était sa propre boîte. Par la suite, l'Etat a vendu la CNIA et a encaissé l'argent.


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