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Entretien : «Nous voulons créer un réel climat d’échanges»
Publié dans Finances news le 15 - 01 - 2009

* Après le Brésil, le Maroc est le deuxième pays au monde à abriter un réseau important d’instituts Cervantès. Un véritable outil de rapprochement culturel entre l’Espagne et ses pays-cibles.
* Dans cet entretien, le directeur de l’Institut Cervantès de Rabat, Federico Arbos, nous trace les principales activités de cette institution.
- Finances News Hebdo : Comment avez-vous préparé ce début d'année culturelle au sein de l'Institut Cervantes?
- Federico Arbos : Pendant le premier quadrimestre nous avons préparé une série de cycles de littérature et musique, en plus de notre programme habituel d’expositions et projections cinématographiques. Concrètement, en littérature, nous avons le cycle «Voyageurs du Maroc» que nous avons commencé le 8 janvier avec «El Badía» ou le «Voyage permanent de M. Sanz Navarro». Nous continuerons le 3 février avec un voyage très intéressant de Rafaël Mitjana, depuis l'Ambassade espagnole à la Cour du Sultan du Maroc durant l'année 1900, et nous recevrons la visite de l’experte Manuela Marin.
Nous disposons aussi d’une série de rencontres «Vers entre les deux rives» où nous mettrons en contact un poète marocain avec un poète espagnol. Le 24 février, par exemple, nous recevrons Latifa Meskini et Clara Janés.
Quant au cycle de conférences, nous commencerons avec des traductions et des commentaires de Juan Goytisolo sur l'œuvre de Blanco White.
- F. N. H. : L’institut semble privilégier l’héritage musical hispanophone depuis près de 2 ans. Est-ce que cela va continuer pendant cette année ?
- F. A. : En musique, nous allons organiser un double cycle: d'une part, un cycle de musique morisque et andalouse, dont la première représentation suivra avec Omar Metioui Ensemble et Begoña Olavide, au mois de février. D'autre part, le cycle «Allegro ma non troppo» de musique de chambre qui commencera avec le magnifique Cuarteto Assai le 29 janvier qui compte deux musiciens espagnols et deux d'origine cubaine.
D’autre part, nous entamons aussi le cycle d'arts scéniques «Le rideau» qui est un spectacle de théâtre-cirque de la compagnie «Res de Res» qui s’est déjà produit au «Festival de las dos orillas» en décembre 2007. Suivra le cycle avec quelques spectacles de danse de groupes chorégraphiques espagnols.
Depuis que nous avons ouvert la salle de Conférences, en plus de disposer de rencontres littéraires, nous avons des cycles de cinéma avec des projections chaque mercredi d'œuvres écrites adaptées au cinéma.
- F. N. H. : Est-ce donc les moments-phares de ce début d’année ?
- F. A. : Non, nous avons aussi prévu un cycle d'expositions. Nous commencerons le 22 janvier avec Severo Sarduy, un auteur intellectuel cubain, décédé en 1993, qui manifestait beaucoup d'intérêt pour le monde arabe tant du Maghreb que d'Orient. Cette vaste exposition aura lieu en présence du commissaire et vieil ami de Sarduy, François Wahl, ainsi que l'expert marocain Ahmed Ararou, un grand connaisseur de l'œuvre de l'artiste. Nous continuerons avec une rétrospective consacrée à l'artiste hispano-marocain Khalid le Bekay. Suivra un autre cycle en mars avec «Frecuencias», un échantillon unique de vidéo-création et photographie de 6 artistes espagnols et marocains sur 6 villes marocaines.
- F. N. H. : Concernant la présentation du programme «Linatakalam», quelle est l'ambition de l'institut en participant à ce projet?
- F. A. : Notre intention est de faire valoir dans notre centre un projet très intéressant avec une double caractéristique: il est coproduit par des pays méditerranéens au Maroc, en Tunisie, en Egypte, Turquie, Sicile et sur la côte de Valence, avec une équipe de travail mixte, interculturelle, interraciale et multilingue de la Galice , du Maroc, d'Italie et de Turquie. C’est aussi un projet qui favorise le dialogue en traitant des affaires comme les droits de la femme, l'immigration, les conflits entre les confessions religieuses, la sécheresse, l'éducation pour la paix de la Méditerranée du futur, etc. Ce projet est très important pour nous et c'est pourquoi nous avons voulu inviter la présentatrice du programme, Zoubaida el Fathi, et la responsable de presse, Vanesa Rodriguez, à partager leur expérience dans ce projet.
- F. N. H. : Peut-on avoir une idée sur le bilan réalisé par l'institut Cervantes jusqu'à présent, sachant que la communauté hispanophone au Maroc est réduite par rapport à celle francophone?
- F. A. : L'Institut Cervantes a une forte présence au Maroc avec 6 centres : Rabat, Casablanca, Marrakech, Tanger, Tétouan et Fez. C'est le second pays du monde comptant le plus grand nombre d'Instituts Cervantes (le premier est le Brésil).
L'intérêt pour les cours de langue espagnole augmente. Continuellement et naturellement, nos activités culturelles s’adressent non seulement à la communauté hispanophone, mais fondamentalement au public marocain. C'est pourquoi nous titrons nos films, traduisons nos conférences et, dans nos cycles d'arts graphiques, nous favorisons fondamentalement la rencontre entre les deux cultures.
En suivant ces lignes, depuis la décennie des années 90 du siècle passé, l'activité culturelle des 6 centres Cervantes du Maroc a crû en quantité et en qualité. Nous les organisons soit au siège, soit en collaboration avec d'autres institutions comme à Rabat : le théâtre Mohammed V, la Villa des Arts, la salle Bahnini, la salle Mehdi Ben Barka, la Fondation Orient - Occident... Et une grande partie de ces activités bénéficie de la collaboration du Service Culturel de l'Ambassade d'Espagne. Ce sont des activités qui couvrent tous les champs culturels qui favorisent l’échange.


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