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Entretien : «La SNDU suppose de réelles remises en cause»
Publié dans Finances news le 12 - 02 - 2009

l La stratégie Nationale de Développement Urbain porte les ingrédients d’une véritable transformation des modes d’action et d’organisation publiques.
* Le point avec Ali Bouabid, consultant en management public territorial, auteur du rapport sur la «Déconcentration et la gouvernance des territoires» présenté au Forum National de Développement Urbain en janvier dernier. A. Bouabid est secrétaire général de la Fondation Abderrahim Bouabid, et membre du bureau politique de l’USFP.
- Finances News Hebdo : Lors des précédentes communales, pensez-vous que la gestion des communes avait répondu aux règles de transparence et d’éthique ?
- Ali Bouabid : Je crois que c’est au ministère de l’Intérieur, celui de la Justice et à certaines ONG qui ont supervisé le processus électoral, qu’il faut prioritairement adresser cette question. Il y a en outre le Conseil constitutionnel qui a été saisi de plusieurs recours émanant de certains candidats. Cette masse d’informations constituerait un matériau non négligeable, sans compter celles relayées par la presse, pour établir une évaluation de cette consultation, ou plutôt de l’ampleur et de la nature des fraudes qui l’ont entachée.
La seule note positive, si je puis dire, c’est que l’administration territoriale est dorénavant bien consciente d’être confrontée à une alternative assez déroutante : soit elle laisse faire, en observant une «neutralité passive», et ouvre ainsi la voie à une corruption généralisée. Cette posture aboutira à la reproduction des élites locales actuelles, qu’elle a, du reste, largement contribué à promouvoir dans un passé récent. Soit elle se fait plus interventionniste en recourant à des outils de régulation (découpage administratif et électoral, mode de scrutin différencié, mobilisation des agents d’autorité, poursuites judicaires sélectives…) plus ou moins explicites, car plus ou moins légaux. Dans les deux cas, une distance nous sépare encore d’un scrutin transparent, susceptible d’asseoir les fondements d’une démocratie locale digne de ce nom. Autant dire que le tableau est moyennement réjouissant, d’autant que, par ailleurs, rien n’indique que la mobilisation de nos concitoyens sera au rendez-vous.
Avec la meilleure volonté du monde on ne pourra faire mieux que de tenter de crédibiliser un tant soit peu le processus électoral, en étant ferme et exemplaire dans l’application de la loi.
- F. N. H. : À la lumière de la nouvelle Stratégie Nationale de Développement Urbain, on parle des villes comme locomotives économiques, mais comment, à votre avis, peut-on concilier entre développement urbanistique, économique et politique pour atteindre cet objectif ?
- A. B. : La Stratégie Nationale de Développement Urbain réalise très bien cette synthèse. C’est un vrai document de grande qualité qui constitue, à n’en pas douter, une excellente base de travail. Il pose un diagnostic à la fois dense et juste. Il doit à présent être partagé par l’ensemble des départements sectoriels concernés, afin que les pistes proposées puissent faire l’objet d’une appropriation commune, d’abord au sein de l’Etat. Ce n’est pas gagné, car ce document porte en germe les ingrédients d’une véritable transformation des modes d’action et d’organisation publiques et donc suppose de réelles remises en cause. Viendra ensuite la question épineuse de l’ancrage institutionnel d’une telle stratégie qui doit, me semble-t-il, bénéficier d’un portage politique interministériel très fort pour avoir quelques chances de connaître une traduction dans les faits.
- F. N. H. : Comment amener les futurs candidats aux communales à prendre des engagements fermes sur la notion de transparence à la veille des prochaines élections ?
- A. B. : Les expériences passées en ce domaine montrent que le formalisme convenu des engagements pèse peu assez de poids face à la réalité de ce qu’il faut bien qualifier de véritable «marché électoral». Il faut avant tout une mobilisation tous azimuts pour que ne prévale que la seule application de la loi.
- F. N. H. : Quelles sont les valeurs de progrès sur lesquelles les candidats doivent se positionner pour être au diapason avec la volonté de faire des villes des locomotives économiques ?
- A. B. : Les villes doivent, certes, devenir des locomotives économiques, mais aussi des lieux de vie et de cohésion sociale et, enfin, des niveaux de représentation légitime de l’action politique locale au service de nos concitoyens. Autrement dit, il n’est d’approche en matière urbaine, que globale. Quant aux valeurs à promouvoir, par delà les effets de manche et de mode, ce sont celles qui concourent à forger un intérêt général local auquel les citoyens doivent s’identifier progressivement. N’oublions pas que l’avenir de la démocratie dans notre pays, et bien entendu des valeurs qu’elle incarne, est suspendu au sort des couches moyennes urbaines qui en sont et en seront, au Maroc comme ailleurs, le vecteur par excellence.
- F. N. H. : Quels repères crédibles donner aux citoyens pour leur permettre de faire un choix réfléchi de leurs représentants politiques ?
- A. B. : Nos concitoyens doivent être lucides et mesurés s’agissant des attentes qu’ils nourrissent à l'endroit de leurs élus, mais sans pour autant basculer dans le désenchantement. Il faut donc tout simplement commencer par voter. Car la démocratie locale est un processus par nature difficile et à maturation lente. J’observe à ce titre que certaines expériences d’élus en milieu rural et urbain sont dignes d’intérêt et méritent d’être connues et reconnues. Car on parle malheureusement plus souvent de ce qui ne marche pas, et pas suffisamment de certaines réalisations assez admirables.
- F. N. H. : Comment créer un sursaut positif et faire des élections de 2009 un épisode qui puisse faire avancer le processus économique au Maroc ?
- A. B. : La ville est aujourd’hui appréhendée comme un condensé de difficultés et de déficits en infrastructures et en services publics. Le constat est exact et incontournable pour qui y fourre le nez. Mais les fonctions urbaines ne sont pas réductibles à une politique de réparation répondant à l’urgence.
Le sursaut viendra d’abord des pouvoirs publics qui doivent constituer la ville en enjeu stratégique majeur avec une traduction institutionnelle tangible.
Ensuite, c’est aux partis politiques qu’il appartiendra de présenter des candidats crédibles quant à leur détermination à œuvrer pour le bien public. Enfin, les citoyens, notamment en milieu urbain, doivent aussi devenir acteurs en ne boudant pas facilement les urnes. On ne peut vouloir la démocratie et s’identifier aux valeurs qui la portent, tout en cultivant un désintérêt, voire un dédain, pour les affaires locales ! Il faut rompre avec cette spirale du scepticisme qui fragilise les avancées observables ici et là. Cela ne se décrète évidemment pas, c’est pourquoi tout le monde doit se sentir concerné car, de fait, tout le monde l’est directement ou indirectement.


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