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Hafid Kamal et la «croisade» contre le chômage
Publié dans Finances news le 30 - 08 - 2007

Pas facile d’être à la tête de l’Agence Nationale de Promotion de l’Emploi et des Compétences. Hafid Kamal, le Directeur général de l’ANAPEC, se trouve au milieu du programme Initiatives Emploi qui vise à résorber le chômage au Maroc.
L’Agence étant la plaque tournante de quatre projets qui structurent ce programme. Mais ne vous fiez pas aux apparences : l’homme, un polytechnicien de surcroît, a la peau dure. Il n’est pas de ces cadres nés avec une cuillère en or dans la bouche, c’est un vrai «Ould Chaâb», qui ne doit rien à personne. Tout ce qu’il a eu dans la vie, il a dû batailler pour l’avoir.
Natif de la ville d’Azrou, il n’était pas le plus sage dans sa bande de copains. Amateur d’aventure et de découverte, il effectue de longues balades dans la nature pour assouvir sa curiosité. Il avait donné par ailleurs quelques frayeurs à ses parents lorsqu’il s’était égaré dans un marché hebdomadaire; heureusement, ils le retrouvèrent rapidement. Cela ne lui otera en rien le goût de l’aventure et des escapades. «J’étais très curieux de comprendre ce qui se passe autour de moi et j’aimais aller vers d’autres univers, notamment découvrir la nature de la région». C’est peut-être de là qu’est née sa passion pour le voyage et le camping.
Il intègre à l’âge de 7 ans une école publique où il entame sa scolarité. Il était plutôt élève moyen avant de passer à la vitesse supérieure grâce aux encouragements de ses maîtres d’école. «J’étais brillant en mathématiques». Un détail qui le distingue rapidement de la masse; son maître de classe jouera un rôle crucial dans sa vie. Il va encourager son élève, mais surveillera également ses fréquentations en dehors de l’école. «Cela m’a donné goût aux études et il est vrai qu’à un certain stade de la vie, une personne peut basculer du bon ou du mauvais côté de la barrière. Quand on est encouragé, on veut aller plus loin pour ne pas décevoir et le challenge devient dès lors une mentalité».
Il termine son cycle comme meilleur élève de son collège. Il passe au secondaire au Lycée Tarik, l’ancien Lycée berbère de la ville d’Azrou, un des grands lycées du Maroc à l’époque. Il y côtoiera les fils de notables de la région. Mais sans jouer pour autant la grosse tête. «Azrou est une petite ville où toutes les castes sociales cohabitent. Ma bande de copains comprenait les enfants de riches, de pauvres et de gens moyens vivant en parfaite harmonie». Cela dit, c’était un premier changement dans sa vie que de préparer son Bac, Sciences Maths, en interne.
Mais la rupture complète survient en 1982, après avoir décroché son Bac. Car il arrive à Casablanca pour les Classes Prépa au Lycée Lyautey. Les débuts sont plutôt difficiles ; une remise en question très pénible pour le jeune homme qui vient de découvrir de nouveaux horizons. Challenger, il se pose comme objectif d’intégrer l’École Polytechnique. Et grande fut sa déception quand il échoua à l’examen oral. «On a eu les meilleurs profs à Lyautey et l’on savait que sur 30 élèves, 25 intégraient Polytechnique. J’avais réussi l’écrit mais pas l’oral». Un dilemme s’impose à lui : se contenter d’une autre école ou redoubler volontairement pour atteindre son objectif fixé. Une décision d’autant plus difficile à expliquer aux parents. Hafid Kamal choisit la deuxième option mais il ne revient pas à Lyautey. Il choisit de refaire l’année à Paris, au Lycée Louis le Grand. Il y passe une année, en plein centre de Paris, près de la Sorbonne et très proche de son objectif, l’Ecole Polytechnique. «Prendre confiance c’est déjà atteindre 50 % de son objectif» ; et il a bien repris confiance en lui en intégrant cette prestigieuse école sans problème en 1985.
Ingénieur diplômé, sa soif de savoir n’est pas pour autant complètement assouvie. Il décide d’enchaîner avec un diplôme en innovation et un troisième cycle en gestion à l’Université d’Orsay.
Plongé dans les études, il ne se prive pas pour autant de son loisir favori, le voyage. Durant tout un été, il va sillonner l’Europe en train. «C’était un voyage formateur».
Parallèlement à ses études, il investit son temps à acquérir un peu d’expérience professionnelle avant de rentrer au bercail. C’est ainsi qu’il rejoint Cap Gemini en tant que consultant du système informatique durant deux à trois ans avant de regagner le Maroc.
Il aura passé en tout et pour tout 8 ans avant de revenir au pays natal durant l’été 1992. Sa première expérience dans le monde du travail fut à l’ex-Wafa Bank avant de rejoindre l’équipe de Driss Chraïbi à l’OFPPT où il est en charge du développement de la formation continue pour les entreprises en partenariat avec la Banque mondiale. À l’époque, l’OFPPT était en pleine restructuration et Hafid Kamal s’attelle à la question des contrats spéciaux.
En 2005, il change encore une fois de cap pour se frotter au secteur privé au sein de Cegelec où il est nommé à la direction du pôle industriel. Au bout de quelque mois à peine, en juillet de la même année, il est nommé à la tête de l’ANAPEC. Un gros travail à faire pour redorer le blason de cette Agence terni quelque peu par l’affaire Annajat. Il lui fallait surtout trouver les outils en vue de résorber efficacement et rapidement le chômage.
Son action se fait sentir rapidement : l’Agence se défait de ses vieux habits et affiche peau neuve. C’est à peine s’il a le temps de souffler, les enjeux sont grands. «Au sein de l’ANAPEC, on travaille à réaliser des objectifs clairs et partagés par tous. Il est important que tout le monde y soit impliqué et porte ce programme. Et il est également crucial de créer la cohérence et la cohésion pour qu’il n’y ait pas de dispersion».
Bien que Hafid Kamal préconise un management axé sur le résultat et la performance, il est persuadé qu’il faut également se donner les moyens de ses objectifs ; il veille à la rapidité de l’exécution et n’hésite pas à mettre la pression quand il le faut.
Il faut dire que les objectifs assignés à l’horizon 2008 sont ambitieux. Alors, pour ne pas l’avoir sur le dos, il ne faut ni traîner dans le travail ni être de mauvaise
foi !
Il se reconnaît être fidèle et honnête, mais aussi peu sociable et parfois impulsif.
Bien qu’il ne fait pas de politique, il s’y trouve mêlé en quelque sorte. «Je n’adhère à aucun parti politique, mais quelque part, je fais de la politique en exécutant un programme ou en prenant certaines décisions». Et des décisions, il en prend tous les jours.
Et pour se soulager de tout ce stress, il a trouvé un remède : marche, piscine et sauna. Une bouffée d’oxygène au bord de la mer et il fait le vide pour bien se consacrer à sa famille, femme, parents et enfants.
Les enfants d’ailleurs ont été pour lui une expérience magnifique et il ne manque pas une occasion pour passer du temps avec eux. Hafid Kamal est plutôt un papa conciliant. «L’amitié est également très importante dans la vie, mais il faut l’entretenir. Alors, faute de temps …».
Il est conscient qu’il faut s’intéresser à d’autres choses dans la vie à côté du travail, notamment les activités culturelles, le sport et d’autres loisirs comme le voyage qui est susceptible de l’enrichir sur le plan humain. «Il n’est jamais trop tard pour bien faire».


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