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Le Maghreb et le putsch nigérien
Publié dans Hespress le 07 - 08 - 2023

Depuis que des militaires ont renversé le président du Niger Mohamed Bazoum et que la communauté économique des états de l'Afrique de l'Ouest menace d'intervenir militairement dans le pays pour y rétablir l'ordre institutionnel, une des questions les plus pertinentes qui se pose est la suivante: Comment se positionne le Maghreb face à cette crise et quels pourraient être ses impacts politiques sur l'ensemble de la région?
Théoriquement, entre le Maroc et l'Algérie qui entretiennent depuis des années des agendas politiques antagonistes, les perceptions et les réactions devraient être opposées et contradictoires. Ce qui va dans le sens des intérêts du régime militaire algérien heurtera forcément de plein fouet les intérêts du Maroc et vice-versa.
Logiquement le Maroc devrait se réjouir de l'éventuelle chute de Mohamed Bazoum. Son pays n'est-il pas un des régimes qui reconnaît avec un certains zèle la fantomatique république sahraouie ? Un changement de régime à Niamey qui serait porteur d'un éventuel changement de position du Niger sur le Sahara marocain n'est-il pas une meilleure option que celle de maintenir Bazoum et son entrain a l'égard du Polisario ?
Or dans la crise de pouvoir au Niger, si le Maroc a réagi avec sa prudence, sa cohérence traditionnelle et sa neutralité légendaire, le régime algérien s'est embourbé dans cet putsch avec des postures contradictoires qui en disent long sur les guerres intestines qui secouent le pays face aux fidélités multiples et variées des ailes qui composent son armée.
On prête au régime algérien deux visions contradictoires pour traiter le putsch militaire au Niger. Une supposée du président Abdelmadjid Tebboune qui serait favorable aux intérêts français et qui condamnerait cette rébellion militaire contre le président Bazoum. Et l'autre attribuée au patron de l'armée algérienne Said Chengriha, motivé par ses passions et son tropisme russe applaudirait le changement de régime à Niamey qui tomberait fatalement dans l'escarcelle russe.
Le premier, la présidence algérienne, verrait d'un bon œil une intervention militaire de la CEDEAO, avec en appui les forces françaises pour tenter de rétablir Mohamed Bazoum au pouvoir. Le second, Chengriha, s'opposerait de toutes ces forces à cette intervention qui mettrait en difficulté militaire son parrain russe et l'obligerait par la force des choses à dévoiler publiquement ses choix et sa politique anti-française au grand dam du président Emmanuel Macron qui avait fait du pari français sur L'Algérie le choix essentiel de sa politique maghrébine et sahélienne.
Et c'est une des grandes révélations politiques de cette crise du Niger . Au risque de perdre son allié marocain, Paris avait fait pencher la balance des équilibres au profit du régime algérien, pensant lui arracher des concessions économiques et militaires et l'éloigner de la sphère d'influence russe. Or à la première épreuve que constitue pour la France la possible chute de son denier bastion au Sahel avec toutes les conséquences sécuritaires et économiques imaginable, le régime algérien se met aux garde à vous devant la Russie dont l'obsession affichée est de veiller au dégagisme français d'Afrique.
Aujourd'hui traduction concrète de l'échec du pari algérien de Macron sur le régime algérien, Alger serait prêt à fermer son espace aérien devant les avions français en cas d'opération militaire internationale contre les putschistes au Niger. Le régime militaire algérien se rangerait ouvertement aux côtés des russes pour combattre les intérêts français dans la région.
Devant les pressions internes qui commencent à s'exercer sur lui en interne, Emmanuel Macron risque d'être en panne d'arguments crédibles pour continuer à justifier son tropisme algérien. Les voix qui ont dénoncé ses choix politiques au Maghreb seront encore plus audibles lorsqu'elles constatent que le régime algérien a choisi de s'allier aux russes pour affaiblir la France dans la région.
Face aux évolutions incertaines de cette nouvelle crise régionale, le régime algérien pourrait, quelque soit l'issue, en sortir essorée. Une lumière crue sera jetée sur ses contradictions internes, dont l'institution militaire est tiraillée entre les obédiences française et russe. Et sa relation avec la France connaîtra un moment de vérité qui imposera à Paris la nécessité de revoir l'échelle de ses priorités.
Avant même que l'opération militaire contre les putschistes au Niger ne se déclare, le régime algérien et sa relation problématique avec la France d'Emmanuel Macron en sont déjà les premières victimes collatérales.


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