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FIFM : Avec "Sirât", Oliver Laxe puise dans le désert marocain pour un cinéma des extrêmes
Publié dans Hespress le 29 - 11 - 2025

Présenté au Festival International du Film de Marrakech, Sirât s'affirme comme l'un des films les plus audacieux et sensoriels de 2025. Avec lui, Oliver Laxe transforme le désert marocain en un espace à la fois hostile et sacré, un lieu où l'être humain est mis à l'épreuve, un passage vers l'intime, vers l'abîme, vers la lumière. Le réalisateur franco-espagnol raconte l'envers du décor d'un long-métrage qu'il décrit comme un voyage spirituel.
Sirât raconte l'histoire de Luis qui, aux côtés de son fils Estéban, traverse les montagnes du sud marocain à la recherche de sa fille aînée portée disparue. Leur quête les mène jusqu'à un groupe de ravers en route vers une nouvelle fête perdue au cœur du désert. Ensemble, ils s'enfoncent dans l'étendue brûlante d'un océan de sable, un territoire immense et implacable où chaque pas les renvoie à leurs propres limites, autant physiques qu'intérieures.
Interrogé par Hespress FR sur les défis rencontrés lors du tournage de son film en plein désert marocain, Oliver Laxe a déclaré : « Je suis quelqu'un qui cherche des problèmes dans les tournages ».
Cette volonté de se confronter à des limites, à des contraintes, géographiques, naturelles, humaines, est l'un des fondements de Sirât. Pour lui, le paysage n'est pas qu'un décor : « la nature, elle manifeste. Elle te défie. Elle te met à l'épreuve. Elle te parle. »
Dans le désert marocain, il ne s'agit pas de filmer un espace vide, neutre, mais de capter un territoire vivant, chargé de spiritualité, capable de renvoyer chacun à sa petitesse, mais aussi à une certaine sérénité. « Le paysage marocain, c'est pas qu'un lieu beau, c'est un lieu qui est habité », estime-t-il.
Le tournage, réalisé en 2024, s'est déroulé majoritairement dans le sud-est du Maroc — notamment autour de la région d'Errachidia et
En effet, choisir un plateau aussi exigeant que le désert ne relevait pas du hasard : Laxe cherchait un terrain brut, une nature qui impose ses lois, pour traduire l'idée d'un cheminement, le Sirât, ce pont symbolique entre le chaos et la lumière.
Entre quête, transe et quête intérieure
Ce road-movie initiatique, qui êle musique électronique, communautés marginales, poursuite tragique et immersion dans un chaos existentiel est une expérience visuelle et sonore qui s'avère radicale. Le film a d'ailleurs remporté le Prix du Jury à Cannes 2025.
Mais pour Laxe, Sirât est plus qu'un récit : c'est une épreuve. « Faire un film chaque cinq ans. Pour moi ce n'est pas un métier. C'est ma vie. » Il revendique un cinéma de l'intensité, refusant la neutralité. Cinéma comme rituel, comme choc, comme psychothérapie du cinéma. Dans Sirât, il ne cherche pas à rassurer : il souhaite réveiller, secouer, faire sentir les limites — physiques, mentales, spirituelles — et amener les spectateurs à « lire les signes ».
Le désert n'est pas un simple fond de décor, mais un personnage à part entière : sa lumière, ses nuits, son immensité, son silence violent deviennent le miroir des peurs, des doutes, des espoirs. « Quand on vit un monde habité... l'endroit où tu regardes, t'as le divin qui t'entoure », dit Laxe dans l'interview.
Une coproduction, un tournage marocain, une dimension universelle
Sirât est une coproduction franco-espagnole, réalisée en langue espagnole, mais largement tournée au Maroc, avec le soutien de sociétés locales.
Le choix de ce territoire, loin d'être anodin, reflète l'attachement profond du réalisateur à la culture et au paysage marocain : « Tourner ici, c'est pour moi une excuse pour revenir », dit-il.
Cette dimension géographique donne au film une forte résonance : le désert, avec son immuabilité et ses forces, devient un espace de métaphore universelle. Perte, quête, absence, errance, recherche de sens, autant de thèmes puissants dans un monde en mutation permanente.
Ceux qui verront Sirât ne vivront pas un simple film, mais une expérience. Laxe revendique un cinéma visant à « transmettre des choses subtiles à travers le corps, à travers les sensations ». Une œuvre qui ne s'explique pas, mais se vit.
Il affirme ne pas craindre l'échec : « Même l'échec me fait re-grandir. » Dans un contexte où le cinéma, globalement, calcule souvent, pèse ses risques et tempère ses accès, Sirât apparaît comme une œuvre brute, fragile, radicale. Une odyssée vers la douleur, la lumière, la transcendance.
Avec ce film, Olivier Laxe propose moins un récit qu'un rite de passage, pour lui, pour les acteurs, pour le public.


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