Depuis le lancement, en 2021, de la nouvelle stratégie nationale dédiée au cinéma, le secteur affiche des indicateurs en nette progression. Devant la Chambre des représentants, le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mohamed Mehdi Bensaid, a dressé un bilan qu'il qualifie de « significatif », mettant en avant une dynamique inédite des investissements étrangers dans l'industrie cinématographique marocaine. Pour la première fois, a-t-il souligné, les investissements liés aux productions étrangères ont atteint, en 2025, 1,5 milliard de dirhams, contre 500 millions de dirhams avant 2021. Une évolution que le ministre attribue directement aux effets de la stratégie adoptée il y a quatre ans, et qui place le Maroc parmi les destinations attractives pour les tournages internationaux. Cette dynamique se reflète également dans la fréquentation des salles obscures. En 2025, 2,2 millions de spectateurs ont été recensés dans les cinémas, un chiffre qui, selon le ministre, a contribué à relancer l'investissement privé dans l'ouverture de nouvelles salles. Plusieurs complexes ont ainsi vu le jour au cours de l'année, le dernier en date ayant été inauguré à Rabat. « Malgré certaines contraintes économiques, nous tentons d'y répondre à travers l'action du Centre cinématographique marocain », a précisé Mohamed Mehdi Bensaid, en référence au rôle d'accompagnement assuré par le Centre cinématographique marocain. Au-delà des chiffres, le ministre a identifié un défi stratégique majeur : l'accès des films marocains aux marchés internationaux. Un chantier prioritaire pour l'année en cours, a-t-il indiqué, qui passera par un accompagnement renforcé des producteurs et des réalisateurs nationaux. L'objectif affiché est clair : mieux comprendre les exigences et les mécanismes des circuits de diffusion internationaux afin d'y positionner durablement les œuvres marocaines. Le secteur culturel ne se limite toutefois pas au seul cinéma. Dans le domaine de la recherche archéologique, le ministère affirme avoir engagé un effort soutenu, considérant ce champ comme un levier central de préservation du patrimoine national et de valorisation scientifique de l'histoire du Maroc. Selon les données communiquées par le ministre, le nombre de recherches archéologiques financées et reconnues aux niveaux national et international est passé de six en 2021 à plus de trente aujourd'hui. Cet essor s'est accompagné d'un renforcement institutionnel, notamment à travers la consolidation de l'Institut national des sciences de l'archéologie et du patrimoine. L'établissement a bénéficié de ressources humaines spécialisées et de laboratoires scientifiques de pointe, présentés comme les premiers de ce niveau sur le continent africain. Mohamed Mehdi Bensaid a, à ce titre, évoqué l'importante découverte archéologique annoncée la semaine dernière sur les débuts de l'Homme moderne, qu'il considère comme une confirmation du rôle historique du Maroc en tant que territoire anciennement occupé par l'activité humaine. Autre pilier de la politique culturelle mise en avant : le soutien aux festivals, perçu comme un instrument de dynamisation économique et sociale à l'échelle territoriale. Le ministre a cité une étude démontrant que la culture, et en particulier les festivals, peut constituer un moteur économique local. À titre d'exemple, il a indiqué que chaque dirham investi dans le Festival Gnaoua d'Essaouira génère un retour de 17 dirhams pour la ville, en termes de retombées économiques. Plusieurs manifestations culturelles sont organisées directement par le ministère ou en partenariat avec les collectivités territoriales et les conseils régionaux. Mohamed Mehdi Bensaid a rappelé que l'organisation des festivals relève également des compétences des régions et des communes, compte tenu des spécificités patrimoniales propres à chaque territoire. L'implication du ministère, a-t-il précisé, s'inscrit dans une vision globale de développement des industries culturelles. Sur le volet jeunesse, le ministre a mis en avant l'ampleur du réseau d'équipements relevant de son département. Celui-ci comprend 849 maisons de jeunes et centres socio-sportifs, dont 284 maisons de jeunes et 88 centres en milieu rural, ainsi que 391 maisons de jeunes et 106 centres en milieu urbain. À cela s'ajoutent 360 institutions culturelles, réparties entre 241 en zone urbaine et 122 en milieu rural. Les efforts de réhabilitation ont également été détaillés : 374 établissements ont bénéficié de travaux de rénovation, 48 ont été construits et 286 équipés, avec, en complément, leur raccordement à Internet. Depuis 2021, l'un des objectifs prioritaires du ministère a été la réouverture des maisons de jeunes fermées, un processus que Mohamed Mehdi Bensaid juge « partiellement réussi ». « Nous avons rouvert plusieurs maisons de jeunes et maisons de la culture, tout en lançant de nouveaux programmes culturels, éducatifs, de jeunesse et de formation, afin de répondre aux attentes du plus grand nombre possible de jeunes », a-t-il déclaré. Enfin, sur le terrain de la transformation numérique, le ministre a annoncé le lancement de l'initiative « Pass Jeunes », conçue comme un outil de visibilité et de coordination. Son ambition, a-t-il expliqué, est de recenser et faire connaître l'ensemble des activités menées en faveur de la jeunesse à l'échelle nationale, au-delà du seul périmètre du département de la Jeunesse.