L'administration américaine a officiellement lancé la deuxième phase du plan de paix à Gaza, marquant une transition vers la démilitarisation, la gouvernance technocratique palestinienne et la reconstruction. Dans ce nouveau schéma, le Maroc est appelé à jouer un rôle sur le plan sécuritaire, selon des informations rapportées par Axios. La Maison-Blanche a annoncé mercredi l'entrée en vigueur de la « phase II» du plan de paix pour Gaza, visant à éviter une rechute vers un conflit ouvert après une trêve jugée fragile. Cette étape prévoit notamment le retrait progressif des forces israéliennes, le désarmement du Hamas et la mise en place de nouvelles structures de gouvernance et de sécurité. Selon le site d'actualité américain Axios, Washington considère cette transition comme décisive pour stabiliser durablement l'enclave palestinienne, alors que des centaines de civils ont encore été tués depuis l'annonce du plan de paix en octobre. C'est dans ce contexte que le Maroc est cité par des responsables américains comme l'un des principaux contributeurs potentiels à la future Force internationale de stabilisation chargée d'assurer la sécurité à Gaza durant cette phase sensible. Aux côtés de l'Indonésie, le Royaume ferait partie des pays jugés crédibles pour déployer des troupes. Cette perspective s'inscrit dans la continuité de l'engagement marocain sur les dossiers de paix au Moyen-Orient, Rabat ayant historiquement cultivé une approche fondée sur l'équilibre, le dialogue et le soutien aux institutions palestiniennes. Parallèlement au volet sécuritaire, cette phase II s'appuie sur la mise en place d'un gouvernement palestinien technocratique, annoncé au Caire après des consultations entre factions palestiniennes. Composé exclusivement de personnalités originaires de Gaza et dirigé par Ali Shaath, ancien haut responsable de l'Autorité palestinienne, ce gouvernement sera chargé de la gestion quotidienne du territoire. Les États-Unis espèrent que ce dispositif favorisera le lancement effectif de la reconstruction, alors que près de l'ensemble de la population gazaouie a été déplacée et que la crise du logement demeure aiguë, malgré l'amélioration notable de l'accès à l'aide alimentaire, toujours jugée suffisante par les Nations unies. Selon Axios, Washington n'a pas encore dévoilé la composition complète du « Board of Peace », organe chargé de superviser la transition, mais des invitations ont été envoyées à plusieurs pays. La participation attendue du Maroc à l'effort de stabilisation renforcerait son statut d'acteur diplomatique et sécuritaire crédible, capable d'intervenir dans des contextes complexes sans s'inscrire dans une logique de confrontation régionale. Nouvelle donne : reconstruction et démilitarisation au cœur de la phase II Cette phase deux s'accompagne également d'une série de mesures inédites. Selon le représentant américain Steve Witkoff, en plus de la mise en place du gouvernement technocratique, la phase prévoit la démilitarisation complète de Gaza, y compris le désarmement du Hamas et d'autres groupes palestiniens, ainsi que la reconstruction intégrale des infrastructures dévastées. La Maison-Blanche a souligné que tout manquement aux obligations, comme la restitution du corps du dernier otage israélien décédé, entraînerait des « conséquences graves ». Le gouvernement transitoire gazaouie opérera sous la supervision du Board of Peace, présidé par Donald Trump, tandis que Nickolay Mladenov, ancien envoyé de l'ONU pour le Moyen-Orient, sera son représentant sur le terrain. Le plan prévoit, comme indiqué, le déploiement d'une force internationale de stabilisation chargée de former et de soutenir les forces de police palestiniennes.