Depuis plusieurs jours, les services du ministère de l'Intérieur sont saisis d'un afflux inhabituel de demandes émanant de chauffeurs exerçant leur activité à travers des applications de Véhicule de Tourisme avec chauffeur (VTC). En quête d'un cadre légal, ces professionnels sollicitent l'obtention d'autorisations officielles leur permettant d'exercer en toute conformité. D'après des sources syndicales qui se sont confiées à Hespress, plus d'un millier de demandes ont déjà été déposées auprès du ministère de l'Intérieur par des chauffeurs actifs dans le transport via plateformes numériques. Ce chiffre, précisent les mêmes sources, est appelé à augmenter, d'autres dossiers devant être transmis dans les prochains jours. Les demandes introduites, signées à la fois par les chauffeurs concernés et par le Syndicat démocratique du transport, comportent des informations détaillées sur chaque professionnel, ainsi que sur l'application intelligente à travers laquelle il opère. Cette initiative intervient dans un contexte institutionnel marqué par la position exprimée par le ministère du Transport et de la Logistique. Dans une réponse officielle relative à l'octroi d'autorisations pour le transport utilisant les technologies modernes, ce département a affirmé ne pas être compétent pour délivrer ce type de licences, laissant ainsi le dossier en suspens. Selon des sources syndicales, la procédure engagée par les chauffeurs et leur organisation professionnelle permettra au ministère de l'Intérieur de disposer de données exhaustives sur les usagers de ces technologies, qu'ils exploitent des véhicules personnels ou des voitures louées. Les demandes déposées offrent également à l'administration la possibilité de connaître l'ancienneté de chaque chauffeur dans le domaine du transport via applications intelligentes. Des sources professionnelles soulignent que l'envoi de ces demandes s'inscrit dans le prolongement de déclarations antérieures faites par le responsable concerné à la Chambre des représentants. Celui-ci avait alors appelé à accélérer l'adoption d'un texte législatif encadrant ce mode de transport, devenu, selon ces mêmes sources, une revendication sociétale dans un contexte marqué par les mutations que connaît le pays et par l'organisation de manifestations internationales d'envergure. Lors de son intervention devant la Chambre des représentants, le ministre de l'Intérieur, Abdelouafi Laftit, avait d'ailleurs laissé entrevoir une future régulation du transport via applications intelligentes, afin de s'aligner sur les évolutions observées à l'échelle mondiale. « Demain, il y aura des applications. On ne peut pas ne pas suivre l'évolution de l'époque, et le secteur des taxis doit être organisé dans un cadre juridique », avait déclaré le ministre dans une réponse parlementaire, soulignant ainsi la nécessité d'une adaptation progressive du cadre réglementaire aux transformations technologiques.