DR ‹ › Une délégation influente de députés mexicains, dirigée par Pedro Haces Barba, coordonnateur des Affaires politiques à la Chambre des députés et secrétaire général de la Confédération autonome des travailleurs et employés du Mexique (CATEM), est actuellement en visite au Maroc. À Rabat, Barba a rencontré Mohamed Ould Errachid, président de la Chambre des conseillers, ainsi que Rachid Talbi Alami, président de la Chambre des représentants. En sa qualité de leader syndical, il s'est également entretenu avec Miloudi Moukharik, secrétaire général de l'Union marocaine du travail (UMT). Ces échanges surviennent seulement six jours après qu'une réunion de soutien au Polisario s'est tenue au Sénat mexicain, en présence de Laura Itzel Castillo Juárez, présidente de l'institution législative. Mohamed Salem Abdessamad, représentant du Front à Mexico, a profité de cette tribune pour exhorter les sénateurs à renouveler leur soutien à son mouvement. Le Mexique reconnaît toujours la «république sahraouie» autoproclamée, et Abdessamad a accusé le Maroc de «violations des droits de l'Homme» au Sahara occidental. La réponse de Rabat ne s'est pas fait attendre. Amina Bouayach, présidente du Conseil national des droits de l'Homme (CNDH), a mis en avant, vendredi à Mexico, au siège de la Cour suprême, l'expérience du Maroc en matière de respect des droits de l'Homme et des libertés fondamentales. Son intervention s'est déroulée lors de la présentation d'un ouvrage collectif intitulé «Droits de l'Homme : défis et perspectives contemporaines dans un monde globalisé». Ces manœuvres diplomatiques, tant à Mexico qu'à Rabat, illustrent l'intense lutte d'influence que se livrent depuis des années le Maroc et le Polisario sur la scène mexicaine. Alors que le royaume concentre ses efforts sur la Chambre des députés, le Front se focalise sur le Sénat. En février 2025, Rachid Talbi Alami, président de la Chambre des représentants, avait été invité à prononcer un discours au siège de la Chambre basse du Parlement mexicain, défendant la marocanité du Sahara occidental. La diplomatie partisane joue également un rôle clé dans cette dynamique. En mars dernier, une rencontre s'est tenue à Mexico entre Driss Lachgar, premier secrétaire de l'USFP, et Alejandro Moreno, président du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), parti historique du Mexique et membre de l'Internationale socialiste.