En escale à Alger, le conseiller du président américain pour les affaires africaines et moyen-orientales, Massad Boulos, a entamé une nouvelle étape d'une tournée maghrébine qui l'a également conduit en Libye et en Tunisie. Cette séquence diplomatique s'inscrit dans un contexte régional marqué par la persistance de dossiers sensibles, au premier rang desquels figure le conflit du Sahara marocain, ainsi que par les recompositions géopolitiques à l'œuvre au Maghreb et dans son voisinage immédiat. Selon l'ambassade des États-Unis en Algérie, il s'agit de la deuxième visite de Massad Boulos depuis sa nomination, intervenue à la suite de la réélection de Donald Trump. Washington précise que ce déplacement vise à consolider le partenariat bilatéral et à promouvoir une coopération accrue en faveur de la paix et de la prospérité dans la région, à un moment où les équilibres diplomatiques sont soumis à de fortes tensions. Les autorités algériennes ont, pour leur part, fait savoir que le conseiller américain s'est entretenu avec le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, en présence de l'ambassadeur d'Algérie à Washington, Sabri Boukadoum. Les échanges ont porté sur l'ensemble des dimensions des relations algéro-américaines, ainsi que sur les perspectives de renforcement du dialogue stratégique entre les deux pays. Les discussions ont également permis d'aborder plusieurs dossiers régionaux et internationaux, notamment le conflit du Sahara marocain, la situation en Libye et les évolutions sécuritaires et politiques dans les régions du Sahel et du Sahara. Au-delà de son caractère protocolaire, cette visite s'inscrit dans une dynamique plus large au sein de l'administration américaine, traduisant une volonté de peser davantage sur l'Algérie, perçue par Washington comme un acteur directement impliqué dans le conflit du Sahara. Les États-Unis entendent ainsi encourager Alger à assumer pleinement son rôle, sans se soustraire à ce que certains responsables américains considèrent comme une responsabilité politique et historique dans la recherche d'un règlement définitif à un différend qui structure, depuis des décennies, les relations entre les deux voisins et entrave la construction d'un Maghreb uni et intégré. La multiplication des initiatives diplomatiques américaines dans la région témoigne également de la détermination de Washington à impliquer plus étroitement l'Algérie dans le processus de règlement politique, en cohérence avec les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU et les appels récurrents en faveur d'un engagement sérieux et constructif de l'ensemble des parties concernées. Dans ce cadre, Massad Boulos a, à plusieurs reprises, rappelé la constance de la position américaine sur le dossier du Sahara, affirmant que « la position de Washington est très claire, sans la moindre ambiguïté ni équivoque ». Une déclaration qui s'inscrit dans la continuité du soutien des États-Unis à une solution politique jugée réaliste et durable, fondée sur l'initiative d'autonomie sous souveraineté marocaine, présentée par l'administration américaine comme le seul cadre sérieux et applicable à même de clore un conflit prolongé, aux lourdes conséquences sur la stabilité régionale et les perspectives d'intégration maghrébine. La visite du conseiller américain intervient enfin dans un contexte particulier pour les relations algéro-américaines, engagées dans une phase de transition. Le départ de l'ambassadrice des États-Unis, Elizabeth Moore Aubin, à l'issue de sa mission, conjugué au retard dans la nomination de son successeur, confère à ce déplacement une portée politique accrue. Il s'inscrit dans un moment de redéfinition des priorités de Washington au Maghreb, où la question saharienne demeure un marqueur central des équilibres diplomatiques et des rapports de force régionaux.