À quelques semaines du mois sacré de Ramadan 1447 de l'Hégire, les autorités marocaines ont voulu afficher un message de continuité et de vigilance. Jeudi 22 janvier 2026, une réunion de la Commission ministérielle mixte de veille et de suivi de l'approvisionnement des marchés et des prix s'est tenue au siège du ministère de l'Intérieur, réunissant un large éventail de responsables gouvernementaux, institutionnels et territoriaux. Autour de la table figuraient notamment le ministre de l'Intérieur, la ministre de l'Économie et des Finances, le ministre de la Santé et de la Protection sociale, le ministre de l'Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, le ministre de l'Industrie et du Commerce, la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, ainsi que la secrétaire d'État chargée du secteur de la pêche maritime. La réunion a également enregistré la participation des directeurs généraux de l'Administration des douanes et impôts indirects, de l'Office national des pêches, de l'Office national interprofessionnel des céréales et des légumineuses, ainsi que de l'Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires. À distance, l'ensemble de l'architecture territoriale de l'État était mobilisée : walis des régions, gouverneurs des préfectures et provinces et des préfectures d'arrondissements du Royaume, secrétaires généraux, chefs des divisions des affaires intérieures et économiques, ainsi que les responsables des services déconcentrés concernés. Une configuration qui traduit, selon le communiqué du ministère de l'Intérieur, la centralité accordée à la question de l'approvisionnement et à la régulation des marchés dans une période de forte sensibilité sociale. Cette réunion s'inscrit dans le prolongement direct des Hautes Orientations Royales visant à protéger le pouvoir d'achat des citoyens et à garantir la disponibilité des produits de base, tout en assurant la régularité de l'approvisionnement des marchés, en particulier à l'approche du mois de Ramadan. Elle a également servi de cadre à une évaluation globale de la situation des stocks et des prix, mais aussi à un renforcement des mécanismes de coordination, de suivi et de contrôle, avec un accent mis sur la lutte contre la spéculation, la manipulation des prix et l'ensemble des pratiques illicites portant atteinte aux droits des consommateurs ou à leur santé et leur sécurité. Sur le fond, les données présentées par les responsables des secteurs ministériels et des institutions concernées, croisées avec les conclusions des enquêtes et rapports réalisés au niveau des différentes préfectures et provinces, dressent un tableau jugé rassurant. L'approvisionnement des marchés nationaux en produits de consommation est qualifié de normal. Les stocks disponibles, la production attendue et l'offre prévue dans les semaines à venir devraient permettre de répondre aux besoins des consommateurs non seulement durant le mois de Ramadan, mais également au cours des mois suivants. Cette situation est attribuée aux mesures et dispositions anticipatives mises en place par les autorités gouvernementales et les services administratifs compétents, en coordination avec les acteurs économiques concernés. L'objectif affiché reste inchangé : assurer les besoins des marchés nationaux et prévenir toute pénurie, notamment pour les produits dont la demande s'intensifie traditionnellement à l'approche et pendant le mois de Ramadan. La réunion a par ailleurs souligné l'impact positif des importantes précipitations enregistrées récemment à l'échelle nationale. Ces pluies devraient, à court et moyen termes, améliorer le rendement des activités agricoles et pastorales ainsi que la production animale, renforçant ainsi les capacités nationales d'approvisionnement des marchés en produits de base. Dans le même esprit, la reprise attendue des activités de pêche des petits pélagiques dans plusieurs zones, après la période de repos biologique et avant l'arrivée du mois de Ramadan, devrait contribuer à renforcer l'offre en produits halieutiques, en particulier ceux qui connaissent une forte demande durant cette période. Malgré ces indicateurs jugés rassurants, les autorités ont tenu à rappeler que la situation exige une vigilance continue. La réunion a insisté sur la poursuite du suivi et sur la mobilisation constante de l'ensemble des acteurs économiques, des secteurs ministériels, des institutions et des organismes de contrôle concernés. Il s'agit de garantir un approvisionnement régulier et durable, d'améliorer l'efficacité des systèmes de production, de distribution et de commercialisation, de limiter les hausses de prix et de maintenir une surveillance étroite des marchés, dans un souci de protection des droits des consommateurs, du pouvoir d'achat des citoyens, ainsi que de leur santé et de leur sécurité. Des instructions précises ont ainsi été adressées à l'ensemble des intervenants, en particulier aux walis et gouverneurs. Ceux-ci sont appelés à renforcer la coordination et la veille, à mobiliser toutes les autorités et administrations concernées, et à prendre les mesures nécessaires pour assurer un approvisionnement suffisant et régulier des marchés dans toutes les préfectures et provinces du Royaume. Ils devront également détecter tout dysfonctionnement éventuel dans l'approvisionnement ou les circuits de distribution et y remédier avec l'efficacité et la rapidité requises. Les services de contrôle sont, de leur côté, invités à intensifier leurs interventions et à veiller au strict respect des dispositions légales relatives aux prix, à la concurrence et à la protection du consommateur. Le communiqué insiste sur la nécessité de lutter avec rigueur et fermeté contre toutes les formes de spéculation, de monopole et de stockage clandestin, ainsi que contre toute pratique commerciale portant atteinte au fonctionnement normal des marchés ou aux droits, à la santé et à la sécurité des consommateurs. Les procédures répressives prévues par la loi devront être activées à l'encontre des contrevenants, avec un renforcement de la coordination entre les autorités et services compétents. Enfin, l'accent est mis sur la communication et la proximité. Les autorités sont appelées à intensifier le dialogue avec les consommateurs, les professionnels et les acteurs de la société civile, en mobilisant l'ensemble des services concernés, les associations de protection du consommateur et les médias, afin de sensibiliser les citoyens et de les inciter à adopter des comportements de consommation responsables. L'activation des numéros de contact et des cellules de permanence au niveau des préfectures, provinces et institutions concernées doit également permettre aux consommateurs de déposer leurs réclamations et de signaler les cas de fraude, de pénurie ou de pratiques commerciales illicites ou suspectes, avec la garantie d'un traitement rapide et efficace des plaintes, en coordination avec les services compétents.