Intitulé « Global Investment Trends Monitor », le document précise que la baisse des IDE a été plus prononcée en Afrique du Nord, qui n'a capté que 17 milliards de dollars durant l'année écoulée contre 51 milliards en 2024, affichant ainsi un repli très marqué de 67 %. L'envolée des IDE dans cette sous-région en 2024 découlait essentiellement du mégaprojet de développement touristique et urbain de la péninsule égyptienne de Ras El-Hekma, porté par Abu Dhabi Developmental Holding Company, le fonds souverain de l'émirat d'Abu Dhabi. L'Afrique subsaharienne a quant à elle attiré 42 milliards de dollars d'IDE en 2025, ce qui correspond à un recul de 6 % seulement comparativement à 2024. De façon générale, les flux captés par le continent africain l'an passé ont suivi la tendance globale observée dans les économies en développement, où les IDE entrants ont reculé de 2 % pour se situer à 877 milliards de dollars, soit 55 % du total enregistré à l'échelle mondiale. Les pays à faible revenu ont été les plus durement touchés, avec trois-quarts des pays les moins avancés enregistrant des flux stagnants ou en baisse. Les flux vers les économies développées ont quant à eux bondi de 43 % à 728 milliards de dollars, stimulés par les bonnes performances de l'Europe et des centres financiers. L'Union européenne a enregistré une hausse de 56 %, soutenue par d'importantes acquisitions transfrontalières et un rebond dans des économies telles que l'Allemagne, la France et l'Italie. À l'échelle mondiale, les investissements directs étrangers ont augmenté de 14 % en 2025, atteignant environ 1600 milliards de dollars. Plus de 140 milliards de dollars dans cette hausse proviennent de l'accroissement des flux transitant par les centres financiers mondiaux. Si l'on ne prend pas en considération ces flux en transit, les IDE mondiaux n'ont augmenté que d'environ 5 %, ce qui suggère une faiblesse de la reprise de l'investissement sous-jacent. Le rapport indique par ailleurs que l'investissement international dans les infrastructures a baissé de 10 % en 2025, principalement en raison d'un net recul des projets d'énergies renouvelables, un secteur dans lequel les investisseurs réévaluent les risques de revenus et les incertitudes réglementaires. Les investisseurs nationaux ont de plus en plus comblé une partie du déficit enregistré, mais la CNUCED fait remarquer que ce déplacement creuse davantage les insuffisances d'investissement dans les pays qui dépendent du financement international pour les grands projets d'infrastructures. Pour 2026, l'institution s'attend à ce que les flux d'IDE augmentent modestement, notamment en raison des effets persistants des tensions géopolitiques et de la fragmentation économique.