Un premier échange direct entre des représentants du Polisario et un responsable américain a eu lieu à Washington. Selon des sources pro-Front séparatiste, les États-Unis auraient clairement indiqué que l'autonomie sous souveraineté marocaine était le seul cadre de négociation possible, ce à quoi la délégation du Polisario n'aurait pas réagi. Un message clair, sans marge d'interprétation. Lors d'une première rencontre tenue récemment à Washington, les États-Unis ont imposé au Front polisario un cadre de discussion centré exclusivement sur l'autonomie sous souveraineté marocaine, présentée comme l'unique option envisageable à ce stade. Selon des sources proches du Front séparatiste, la réunion s'est tenue avec John Lee Ratcliffe, directeur du renseignement national américain et avait pour objectif d'exposer directement à la délégation du polisario les contours de la proposition américaine. Le ton employé aurait été ferme, dépourvu de toute ambiguïté diplomatique. Le message aurait été conclu par une formule sans équivoque : « c'est le seul cadre disponibl. Ceux qui le refusent resteront en marge ». Face à ce cadrage, la délégation du polisario n'a exprimé ni objection formelle ni position alternative. Elle s'est limitée à écouter l'exposé américain, sans réaction. Les représentants du mouvement auraient néanmoins évoqué, au cours des échanges, leurs contraintes internes, soulignant les risques de tensions au sein de leur base dans l'hypothèse d' « un règlement ne débouchant pas sur l'indépendance ». Ils ont également rappelé l'existence d'un document présenté en octobre dernier, se disant disposé à l'améliorer ou à le réviser. Une démarche dont les Américains ont pris acte, tout en considérant qu'elle ne constitue pas, en l'état, une solution réaliste au conflit. Malgré ces réserves, la rencontre se serait achevée sur une acceptation de principe du polisario d'entrer dans un processus de discussions encadrées par les États-Unis, portant sur l'option de l'autonomie. Il est à noter que, parallèlement à cette première séquence à Washington, des signaux concordants font état de préparatifs américains en vue de consultations préliminaires, conçues comme une table ronde initiale réunissant les parties concernées prévue à la mi-mars prochain. Ces échanges, appelés à se tenir loin des capitales traditionnelles, viseraient à instaurer un cadre de discussion plus discret et mieux maîtrisé, en amont de toute formalisation.