Les relations maroco-sénégalaises ont retrouvé l'« atmosphère amicale » qui les unit, après que la finale de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN 2025) a connu une « tension évidente » sur les réseaux sociaux suite aux événements survenus lors du match. La 15e session de la Grande Commission Mixte de coopération maroco-sénégalaise se tient demain, lundi, à Rabat, à la suite d'un entretien téléphonique entre le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, et son homologue sénégalais, Ousmane Sonko. Un communiqué publié à cette occasion a confirmé que les deux parties ont convenu de tenir cette session comme prévu les 26 et 27 janvier à Rabat, dans le cadre du renforcement du partenariat bilatéral et du développement des domaines de coopération entre les deux pays. Des experts en relations internationales ont affirmé que le communiqué du Cabinet Royal, suivi des déclarations des officiels sénégalais et de l'annonce de la tenue de la Grande Commission Mixte, sont autant d'étapes qui « ont grandement contribué à rétablir l'esprit et l'équilibre, et ont dissipé l'état de tension laissé par le match ». Abbas El Wardi, politologue et professeur de droit international à l'Université Mohammed V de Rabat, a souligné que « ce qui s'est passé lors de la finale de la Coupe d'Afrique des Nations doit rester dans son cadre sportif naturel ». Dans une déclaration à Hespress, El Wardi a ajouté que tout le monde est « reconnaissant car les dirigeants des deux pays sont sages et ont œuvré à contenir la situation, après que certains comportements se sont écartés de l'esprit sportif et du fair-play, dépassant le cadre fraternel censé caractériser les compétitions continentales ». L'universitaire spécialiste en droit international a indiqué que « ce qui a émané de l'équipe sénégalaise a porté atteinte aux principes du fair-play et aux valeurs du football, ainsi qu'à la crédibilité des institutions footballistiques continentales, suscitant un profond sentiment de mécontentement chez le public marocain ». Il a noté que « beaucoup ont considéré que le sacre a été obtenu par des moyens antisportifs, laissant un sentiment d'injustice au sein de l'opinion publique marocaine ». Le même intervenant a nuancé : « Le peuple marocain, fort de sa profondeur civilisationnelle et de son raffinement dans les interactions, a rapidement dépassé cette congestion. Le Communiqué Royal a joué un rôle fondamental pour apaiser les esprits et affirmer que les relations entre le Maroc et le Sénégal sont trop profondes et trop nobles pour être affectées par un match de football, quelle que soit son importance ». Selon le politologue, certaines parties ont tenté d'exploiter cet événement sportif pour empoisonner les relations entre les deux pays et jouer sur la corde sensible de la tension et de l'émotion. Cependant, la tenue de la Commission mixte maroco-sénégalaise immédiatement après la finale a confirmé la solidité des relations bilatérales, leur enracinement dans l'histoire, ainsi que les intérêts communs et les objectifs stratégiques. Mohammed Nachtaoui, universitaire et expert en relations internationales, a déclaré que « la fête du football reste une célébration sportive avec ses propres coutumes, traditions et rituels, et tous les cadres juridiques et organisationnels qui y sont liés prennent fin au coup de sifflet final ». Nachtaoui a ajouté, dans une déclaration à Hespress, que les relations diplomatiques entre les États demeurent constantes, car elles reposent sur des fondements plus profonds qu'une simple compétition sportive conjoncturelle ou le résultat d'un match. L'expert en relations internationales a noté qu'« on ne peut considérer ce qui s'est passé lors de la finale de la CAN comme ayant un impact sur les relations maroco-sénégalaises, qui sont enracinées dans l'histoire. Les relations entre les deux pays reposent sur des bases spirituelles et religieuses solides, impliquant les confréries soufies et la Commanderie des Croyants, en plus de liens politiques et institutionnels bien établis ». Le président sénégalais, selon l'intervenant, a clairement exprimé ses remerciements et sa gratitude envers le Royaume du Maroc ; ce qui a été confirmé par le communiqué du Cabinet Royal, soulignant que l'affaire relève d'un cadre purement sportif. Le communiqué a également mis en avant la réussite du Maroc dans l'organisation de cette fête du football, tout en félicitant l'équipe sénégalaise pour son sacre mérité. Nachtaoui a poursuivi : « On ne peut nier que certains excès comportementaux sont possibles lors des grandes finales, surtout dans un contexte de compétition africaine intense. Cependant, ces dérapages restent limités et n'atteignent pas l'essence des relations entre les États, et on ne peut leur attribuer des dimensions politiques ou diplomatiques plus larges ».