Ahmed Taoufiq, ministre des Habous et des Affaires islamiques, a assuré que son département traite plusieurs dossiers religieux sensibles conformément aux orientations de l'Amir Al-Mouminine. Il a souligné que l'action du ministère repose sur l'attachement profond des Marocains, à l'intérieur comme à l'extérieur du Royaume, à leurs constantes religieuses et nationales, tout en faisant face aux différents facteurs de perturbation susceptibles d'affecter cet attachement. Abordant la situation des Marocains résidant à l'étranger, le ministre a insisté sur la nécessité de prendre en considération un ensemble de contraintes qui pèsent sur eux, évoquant notamment « les facteurs de tentation, les facteurs de perturbation, les interventions politiques et l'instrumentalisation de la religion à des fins politiques ». Il a toutefois tenu à souligner que les Marocains de l'étranger demeurent, « Dieu merci, attachés à leurs constantes religieuses et nationales, malgré la difficulté du contexte dans lequel ils évoluent ». Lors de ses réponses à la séance des questions orales tenue à la Chambre des représentants ce lundi, Ahmed Taoufiq a précisé que l'intervention du ministère dans ce domaine s'inscrit dans le cadre de la sollicitude royale visant à protéger la religion et à préserver les constantes du Royaume. Il a expliqué que, conformément aux Hautes Instructions de l'Amir Al-Mouminine, le ministère a mis en place une série de mesures pratiques, fondées essentiellement sur la conscience des Marocains du monde et leur attachement à leur religion et à leur pays. Dans ce cadre, il a indiqué que le département a procédé à « l'envoi de missions religieuses et scientifiques qualifiées », renforcé « la coopération et la coordination avec les ambassades et les consulats », soutenu « les associations représentant les mosquées », tout en organisant « des activités religieuses et culturelles diversifiées ». À ces actions s'ajoute « la dotation des mosquées et des centres religieux en exemplaires du Saint Coran ». Le ministre a également fait état du développement de nouveaux mécanismes de communication religieuse à destination des Marocains du monde. Il a notamment mis en avant le lancement d'un programme médiatique religieux diffusé via Internet, destiné à dépasser plusieurs contraintes liées aux déplacements et aux difficultés d'obtention de visas. Ce programme, a-t-il précisé, « est diffusé quotidiennement pour une durée d'au moins trois heures », ajoutant qu'il constitue une réponse pratique pour accompagner les besoins religieux de la communauté marocaine à l'étranger, en particulier face aux « problèmes liés aux visas et au refus de leur délivrance dans certains cas ». Dans le même registre, Ahmed Taoufiq a souligné que le ministère participe de manière régulière à l'opération « Marhaba », à travers « 17 points d'entrée », dans le cadre de l'accompagnement des Marocains du monde lors de leurs retours au pays. Cette présence vise à assurer un encadrement religieux approprié au niveau de ces points, durant les périodes de transit. Sur un autre volet de ses réponses, le ministre des Habous et des Affaires islamiques a mis en avant l'importance accordée par son département à la rationalisation de la consommation énergétique et au renforcement de l'efficacité énergétique au sein des espaces religieux, en particulier les mosquées, compte tenu du coût élevé de la consommation d'électricité et d'eau. Il a rappelé que le ministère a lancé, depuis 2010, un programme spécifique de « réduction de la consommation énergétique dans les mosquées », dans le cadre duquel un nombre important d'édifices religieux ont été équipés de dispositifs d'efficacité énergétique, pour une enveloppe financière globale ayant atteint 139 millions de dirhams à l'horizon 2025. Selon Ahmed Taoufiq, ce programme a permis d'enregistrer des résultats concrets, certaines mosquées ayant connu une baisse de la consommation énergétique atteignant 65 %. Il a estimé que ces résultats témoignent de la pertinence de l'approche adoptée, malgré les ressources financières importantes qu'elle nécessite. Il a également précisé que la mise en œuvre de ce programme s'effectue de manière progressive, en tenant compte des capacités et des crédits disponibles, dans la perspective de généraliser les bénéfices et de renforcer l'impact positif de cette initiative. Le ministre s'est par ailleurs arrêté sur la situation des mosquées, affirmant que ce dossier bénéficie d'une attention particulière de la part du ministère, en raison de « la place spirituelle et sociétale centrale » qu'occupent les mosquées dans la vie des citoyens. Il a expliqué que l'action du ministère repose sur « le contrôle de l'état des bâtiments des mosquées et la garantie de leur sécurité », passe par « la fermeture des mosquées présentant un danger », et aboutit à « leur équipement et leur réouverture aux fidèles ». Dans ce contexte, Ahmed Taoufiq a indiqué que, depuis le lancement du programme de réhabilitation des mosquées fermées en 2010, le ministère a procédé à la réhabilitation de « 2.069 mosquées », pour un coût global de « 3,61 milliards de dirhams ». Il a ajouté que « 553 mosquées » sont actuellement en cours de réhabilitation, pour un coût de « 1,16 milliard de dirhams », tandis que « 176 mosquées » se trouvent en phase d'études et d'obtention des autorisations nécessaires, pour un budget estimé à « 193 millions de dirhams ». En outre, environ « 1.458 mosquées » demeurent fermées et nécessitent des travaux de réhabilitation, pour un coût total évalué à près de « 2 milliards de dirhams », sachant qu'environ « 230 mosquées » sont fermées chaque année à l'issue des opérations de contrôle périodique. Ahmed Taoufiq a tenu à préciser que les décisions de fermeture des mosquées ne sont en aucun cas arbitraires, soulignant qu'elles reposent sur des procédures techniques rigoureuses visant à préserver la sécurité publique. « Nous ne fermons pas une mosquée parce que nous souhaitons la fermer, mais parce que l'expertise technique confirme l'existence d'un danger réel », a-t-il affirmé, appelant à ne pas remettre en cause ces procédures. Concernant les préparatifs liés à l'accueil du mois de Ramadan, le ministre a indiqué que le ministère a intensifié ses efforts afin de garantir des conditions adéquates pour l'accomplissement des rites religieux dans un climat de sérénité et de quiétude. Ces mesures comprennent notamment « la maintenance des mosquées », « l'équipement de 900 mosquées en tapis », « l'installation de systèmes de sonorisation », ainsi que « l'organisation de vastes campagnes de nettoyage des mosquées ». À cela s'ajoute « la délégation des services de gardiennage et de nettoyage au profit de 280 mosquées, pour un coût de 40,5 millions de dirhams ». Il a également fait savoir que le ministère a procédé à « l'aménagement des espaces extérieurs des mosquées », à « l'amélioration des conditions de confort à l'intérieur », et à « l'équipement de certaines mosquées en chauffe-eau fonctionnant à l'énergie solaire », tout en veillant à « garantir la continuité des services d'eau et d'électricité ». Le ministre a conclu en soulignant que l'ensemble de ces mesures s'inscrit dans une vision globale visant à renforcer le rôle des mosquées, rappelant que la mosquée demeure avant tout un espace « de transmission de la religion », dans un cadre maîtrisé, préservant les constantes et protégeant la religion de toute instrumentalisation illégitime.