Le défenseur central Issa Diop a vécu un moment charnière de sa carrière en honorant ses premières sélections avec les Lions de l'Atlas, fin mars, face à l'Équateur (1-1) et au Paraguay (2-1). Une double apparition qui marque un tournant autant sportif qu'émotionnel pour le joueur de 29 ans. Convoqué pour la première fois par le sélectionneur Mohamed Ouahbi, le défenseur formé en France n'a pas tardé à se mettre en évidence. Solide dans les duels et rassurant dans la relance, il a livré deux prestations encourageantes, à quelques mois de la prochaine Coupe du monde de football 2026. Mais au-delà de l'aspect sportif, c'est surtout la portée symbolique de cette première cape qui a marqué l'ancien international espoir français. « Quand tu portes le maillot de l'équipe nationale, ce n'est pas la même chose. Tu ressens quelque chose de différent », a-t-il confié, selon des propos relayés par son entourage. Une émotion renforcée par l'hymne, l'ambiance du stade et la ferveur populaire : « Tant que tu ne l'as pas vécu, tu ne peux pas comprendre. Ça donne une autre dimension à ton engagement». Longtemps associé à l'équipe de France, pour laquelle il a gravi toutes les catégories de jeunes, Diop avait auparavant affiché une position claire, privilégiant une éventuelle carrière internationale chez les Bleus. Un choix qui lui avait valu des critiques, certains y voyant un revirement opportuniste à l'approche du Mondial. Son entourage nuance toutefois cette lecture. « À l'époque, sa réflexion était cohérente avec son parcours. Il est né, formé et a évolué en France. C'était logique, dans son esprit, de viser l'équipe A française », explique-t-on. Avant d'ajouter : « Cela ne signifiait en aucun cas un rejet du Maroc ou de ses origines ». Car le lien avec le Royaume, pays d'origine de sa mère, n'a jamais été rompu. « Issa connaît le Maroc, il s'y rend régulièrement. C'est un pays qu'il aime profondément », insiste son conseiller, mettant en avant un attachement personnel sincère, loin des calculs sportifs. Le déclic serait finalement venu du projet fédéral porté par Fouzi Lekjaa et du discours du staff technique. « Il y a eu des échanges forts, une vision claire. Le projet, les mots entendus, tout cela a compté dans sa décision », souligne son entourage. Désormais engagé avec les Lions de l'Atlas, Issa Diop semble déterminé à s'inscrire dans la durée et à apporter son expérience à une sélection ambitieuse, tournée, pour le moment, vers 2026. Une page se tourne, une autre s'écrit — avec, en toile de fond, l'espoir d'un Mondial réussi sous les couleurs marocaines.