Du 16 au 19 avril, l'association Turāth organise la 4e édition des Journées du patrimoine de Marrakech. Placée sous le thème «Marrakech, un patrimoine vivant. Jardins, savoir-faire et spiritualité», la manifestation s'ouvrira le jeudi 16 avril à 18h au Palais Bahia, en présence du ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication ainsi que des autorités régionales. C'est un secret de polichinelle, la médina de Marrakech subit une valorisation foncière qui fragilise la population d'origine. Les riads rachetés puis reconvertis en maisons d'hôtes ou en résidences secondaires, repoussent les familles modestes vers la périphérie. Pour leur part, les artisans, incapables de suivre la hausse des loyers, désertent de plus en plus les lieux. Comment veiller à l'équilibre social de la médina? Telle est en substance l'interrogation à laquelle la 4e édition des Journées du patrimoine de Marrakech, organisée par l'association Turāth du 16 au 19 avril, consacre une part centrale de sa réflexion. Placée sous le thème «Marrakech, un patrimoine vivant. Jardins, savoir-faire et spiritualité», la manifestation s'ouvrira le jeudi 16 avril à 18h au Palais Bahia, en présence du ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication ainsi que des autorités régionales. Trois vernissages ponctueront la soirée inaugurale, autour des parures anciennes, des portes amazighes et de la numismatique, avant un défilé d'habits traditionnels amazighs. Les trois journées suivantes proposeront un parcours à travers une quinzaine de sites, avec l'appui de plus de 200 guides bénévoles formés par des architectes, des historiens et des spécialistes du patrimoine. Palais Bahia, Palais Badii, Tombeaux saadiens, minaret de la Koutoubia, citerne almoravide, circuits du Mellah et de Guéliz, des visites guidées gratuites couvriront les trois axes de cette édition. Face à la pression foncière qui fragilise la population d'origine, la médina risque, selon l'architecte Soad Belkeziz, présidente de l'association Turāth, de glisser vers une forme de gentrification la vouant à la standardisation, voire à la folklorisation. «La réhabilitation du patrimoine ne peut pas être uniquement architecturale, elle doit être aussi sociale», insiste-t-elle. Par ailleurs, le circuit de l'eau, articulé autour des citernes almohades, des khettaras et de la Qoubba almoravide, renvoie au stress hydrique, l'autre menace qui pèse sur les équilibres sociaux de la cité millénaire. Ayoub Ibnoulfassih / Les Inspirations ECO