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La cinquième zouave
Publié dans La Gazette du Maroc le 30 - 04 - 2007

Pour nous, Maghrébins, l'élection présidentielle française a offert certaines indications, notamment en qui concerne le comportement de certains Français issue de la colonisation. Il apparaît que, souvent, il est difficile d'être français quand on a connu la colonisation, directement ou indirectement, selon les générations.
Pour cette catégorie de Français, la droite et son extrême, représentée désormais par le toujours inquiétant M. Sarkozy, le choix semble tranché entre une repentance refusée – concédant l'esclavagisme et le colonialisme – et une solidarité culturelle arabe gommée. En fait, les Français maghrébins étaient sommés d'assumer tous les héritages et de reconnaître, en outre, implicitement, les «bienfaits» de la colonisation. Si les intellectuels se sont préservés, d'autres, les plus bruyants, se sont inclinés sans état d'âme.
Cela a été particulièrement perceptible au soir du premier tour, sur le plateau d'une chaîne du service public. Parmi les invités étaient présents l'une des porte-parole du vainqueur du moment, d'origine maghrébine – père algérien et mère marocaine -, un représentant de l'extrême gauche et un lieutenant du vicomte Philippe de Villiers – «les mosquées de Roissy». Quand le jeune facteur a fait allusion aux rafles opérées parmi les SDF réfugiés dans un gymnase, sur ordre du ministre Sarkozy, la dame, maghrébine rappelons-le, a réagi violemment et a interdit au trotskyste d'employer le mot «rafle» parce qu'il ne sait pas ce qu'il signifie. Les yeux exorbités, la mégère déchaînée ne voulait plus rendre la parole à son contradicteur. A l'évidence, cette porte-parole manipulée ignore que le père spirituel du jeune facteur est Alain Krivine et que l'idéologue anti-stalinien avait pour nom Léon Davidovitch Trotsky.
Dans l'esprit de cette dame qui n'a connu ni l'occupation de la France, ni celle de son pays d'origine, une rafle ne peut concerner que les juifs. Ce qui lui a été inculqué, c'est que rafle = Vel d'Hiv = déportation vers les camps d'extermination. Il faut d'abord rappeler à cette dame, ou plutôt lui apprendre, que le Maroc s'était honoré en refusant de stigmatiser les juifs marocains, malgré les directives du pouvoir pétainiste. Elle devrait savoir qu'Adolf Hitler était allemand et Pétain français. Que des soldats maghrébins avaient mêlé leur sang à celui des Français pour éliminer le dictateur et son pantin. Cette dame considère que son intégration passe par la traque de l'antisémitisme là où il n'y en a pas.
Que le nazisme et le génocide juif ne fassent pas la fierté de l'humanité entière, c'est une évidence, mais la responsabilité historique en incombe à l'Europe qui a enfanté Hitler. L'intégration qui consiste à endosser toutes les turpitudes passées de la France et à se vêtir de mauvaise conscience est mal venue, car c'est d'assimilation qu'il s'agit. Ce n'est pas le couscous du vendredi qui prouvera son attachement à sa culture. En réalité, ses maîtres ont réussi à lui masquer sa propre culture et son histoire, sinon elle saurait que, dans ses pays d'origine, sous la colonisation, les rafles d'«indigènes» étaient chose ordinaire. Cette dame a été «retournée». En un mot, elle a été refaite, dans toute l'acception du terme. Elle doit satisfaite, cependant. Aide-soignante à 16 ans, puis magistrate, et enfin haut fonctionnaire au ministère de l'Intérieur. Si l'inquiétant M. Sarkozy l'emporte, cette dame a toutes les qualités de renoncement pour occuper un secrétariat d'Etat. A l'Identité nationale, par exemple. Au cours de cette même émission, on a noté un aparté pacifique de cette dame avec le lieutenant de Villiers.
Plus pittoresque et beaucoup plus divertissant est le cas de cette Maghrébine qui préfère être considérée comme une Auvergnate parce qu'elle est née à Clermont-Ferrand. La générosité des Auvergnats étant légendaire, elle préside l'association «Ni putes, ni soumises». Son combat étant un féminisme réservé aux Maghrébines, elle n'a pas pris part aux joutes électorales. Elle se veut seulement «bougnate». Bien qu'elle n'en ait pas la corpulence, on l'imagine en blouse grise devant sa boutique, où l'on peut quérir charbon et rouge qui tache. On se souvient de la chanson de Georges Brassens, «A L'Auvergnat», qui lui «avait donné un bout de pain». Peut-être qu'un jour, Bigg rappera pour elle «A l'Auvergnate».
Il ne faut pas croire qu'il n'y a que les femmes qui se fassent «retourner».
Un agent maghrébin qui s'était infiltré en Afghanistan du temps du commandant Massoud, était revenu en France en hurlant qu'il y avait du terrorisme là-bas. Maintenant qu'il est connu, il est devenu «spécialiste du terrorisme». Il était allé jusqu'à brandir devant des tribunaux français des drapeaux officiels de pays arabes membres de l'Onu, portant des inscriptions connues, pour démontrer que ces Etats ne sont pas, par essence, «terroristes».
Décidément, de l'intégration à l'assimilation il n'y a qu'un pas et on se demande à qui peuvent penser l'inquiétant M. Sarkozy et ces trois recrus quand ils chantent en même temps «La Marseillaise», surtout le passage «qu'un sang impur abreuve nos sillons».


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