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Exclusif : rapport de l'OCIEM sur la compétitivité : Un marché domestique faible
Publié dans La Gazette du Maroc le 08 - 04 - 2002

Le Maroc collectionne les bons et les mauvais points par rapport à un groupe de 16 pays triés parmi des nations émergentes et deux pays de l'Union européenne. Un document exclusif dont “ La Gazette ” a pu obtenir une copie avant sa diffusion. L'Observatoire de la compétitivité internationale de l'économie marocaine y passe en revue les résultats du Maroc selon sept critères de performance.
Pour le critère de “ dynamisme financier ”, le Maroc se classe dans la tranche supérieure du groupe des pays à résultats intermédiaires. Pour les facteurs de «dynamisme macroéconomique», des «ressources humaines», du «développement technologique», et des «infrastructures physiques et institutionnelles», il est parmi le groupe des pays à résultats intermédiaires. Enfin, pour les facteurs de «dynamisme du marché domestique et du commerce extérieur», il fait beaucoup moins bien que la moyenne, en se classant parmi les pays à résultats faibles.
Cette étude, qui porte sur 16 pays dont le Maroc, a été réalisée sur la base d'une analyse de ces sept facteurs. Si cette présentation, faite de manière succincte, donne une idée très synthétique de la place du Maroc dans le groupe de pays dont il est question , l'analyse détaillée de chacun des critères fournit la place réelle du Royaume dans le concert des nations qui luttent pour leur compétitivité économique.
Dynamisme macroéconomique
Le Maroc gagne en notoriété, au vu des avancées réalisées, selon ce critère. En effet, il se classe désormais à la 11ème place, au lieu de la 16ème un an auparavant. Il se situe désormais devant le géant sud-africain, le Brésil et la Turquie. Il doit ces bons points à la bonne tenue des indicateurs macroéconomiques. Son PIB progresse de 6,5% en 2001 (contre 0,9% en 2000) alors que la Malaisie, qui a l'habitude de battre des records de croissance, n'a estimé l'évolution de cet indicateur, en termes réels, qu'à 3,1%.
Il y a aussi les investissements où le Maroc excelle. Au niveau de l'investissement intérieur brut (IIB) rapporté au PIB, il se fait sa place au soleil en occupant le 2ème rang, avec un taux de 25,2%. Il fait ainsi de meilleurs résultats que la Hongrie (22,8%) et l'Argentine (16%). Cependant, le niveau de vie reste faible, à en croire le PIB par tête, qui est de 1.140 dollars, devançant seulement trois pays de l'échantillon, à savoir les Philippines (998 dollars), l'Indonésie (654 dollars) et l'Inde (444 dollars).
Mais il faut relativiser cette évolution favorable, dans la mesure où cette croissance semble être conjoncturelle. Et on ne le répétera jamais assez, avec un PIB agricole qui pèse pour 15% environ dans la valeur ajoutée nationale, la sécheresse n'aide pas à maintenir le cap. Pour ce critère, au moins, les dirigeants comme les entreprises peuvent en guise d'excuses, évoquer un facteur exogène. Cela n'est pas le cas pour le suivant: le dynamisme financier.
Dynamisme financier
Fort heureusement pour eux, il n'y a pas, dans ce domaine, matière à se plaindre, le Maroc figurant dans la tranche supérieure de la catégorie des pays à résultats moyens. S'agissant des réserves en devises, le Maroc occupe le 5e rang, avec 6,8 mois d'importations. Il fait mieux que le Portugal ou le Mexique, dont les réserves en devises ne couvrent que respectivement 2,7 et 1,9 mois d'importations. On le sait cette bonne tenue des avoirs de Bank Al Maghrib est imputable aux transferts des MRE, aux recettes touristiques et surtout aux recettes exceptionnelles de l'ouverture du capital de Maroc Télécom, qui ont propulsé les investissements directs étrangers à 34 milliards de DH. C'est d'ailleurs ce dernier qui confère une mention honorable au budget du Trésor. Le déficit budgétaire ne s'établit ainsi qu'à 0,6% du revenu national brut, plaçant le Maroc au 2e rang, alors que l'Inde et la Turquie ont respectivement des déficits de l'ordre de 10 et 17%.
La dette extérieure est également allégée, ne représentant désormais que 48,9 % du PIB, contre 51,9% en 1999. Cependant, en 2002, la performance ne pourra pas être renouvelée, dans la mesure où la stratégie de financement à l'extérieur est relancée. Le Trésor espère lever de 300 à 500 millions d'euros. Le dynamisme financier s'évalue également à travers les critères de l'accès au crédit et du coût de financement. Le sondage qualitatif effectué par l'observatoire de la compétitivité conclut à un avis favorable des entrepreneurs, pour ce critère. Le Maroc recueille ainsi l'une des cinq meilleures notes. Ce qui laisse tout de même perplexe, dans la mesure où l'étude récemment publiée par la Banque mondiale et le ministère du Commerce ont montré un déficit important dans ce sens. Elle soulignait notamment un faible taux de financement bancaire et des taux d'intérêt élevés. Enfin, le canard boiteux de la finance marocaine, la Bourse de Casablanca, doit revoir sa copie, avec une note de 3,5/10.
Dynamisme du marché domestique
Si, selon le critère du dynamisme financier, 2001 a été faste, on ne peut pas en dire autant du dynamisme du marché domestique.
Si on demandait à des spécialistes ce qui fait la différence entre deux pays, il ne serait pas étonnant qu'ils répondent que tout vient du marché domestique. Dans ce cas-là, il faudra plaindre le Maroc, car son marché intérieur est loin d'être dynamique. Le Royaume se situe en effet parmi les pays à résultats faibles dans l'observation 2001. Et pourtant, il est dans la moyenne de l'échantillon en ce qui concerne les taxes sur les biens et services par rapport au revenu national brut (RNB), avec un taux de 7,7%, et caracole en tête pour les impôts sur les sociétés, avec 2,01% du RNB. Ce serait là un bon bilan pour le ministre de l'Economie et des finances. Mais cela ne fait que légitimer la grogne des chefs d'entreprise. Car la véritable conclusion qui se dégage est la suivante : la pression fiscale est trop forte.
C'est d'ailleurs l'un des facteurs que pourraient soulever certains pour expliquer la faiblesse de la consommation privée par habitant. Avec seulement 780 dollars par an, le Maroc est pratiquement en queue de peloton, au 14e rang. Quand le marché intérieur ne fonctionne pas bien, les conséquences se faisant également sentir sur le commerce extérieur du pays. Car c'est l'intérieur qui doit tirer la compétitivité internationale du pays.
Commerce extérieur
Ici, le constat n'étonne personne. L'observation 2001 classe le Maroc dans le groupe des pays à performances faibles. Et pire encore, le Royaume est à l'avant-dernier rang, alors qu'en 2000, il était dans la catégorie des pays à résultats intermédiaires. Cette mauvaise note s'explique par la faiblesse des exportations de produits à forte valeur ajoutée. Alors que, pour le Mexique et le Portugal, respectivement 95,4% et 92% de leurs exportations concernent des produits manufacturiers, ce chiffre n'est que de 44,8% pour le Maroc. Et cette contre-performance se traduit aussi sur la part des exportations manufacturières dans le PIB. Elle est de 16,1% contre 20% pour la moyenne de l'échantillon. La Malaisie, par exemple, est aux environs de 79,3%.
Pour vendre des produits à forte valeur ajoutée, il faut avant tout avoir des hommes compétents. En ce qui concerne le capital humain, il reste beaucoup à faire, c'est du moins ce que laisse penser l'analyse du facteur suivant.
Ressources humaines
Avec un taux d'analphabétisme de 48,3%, le Maroc est le dernier de la classe. Cette faiblesse dans la formation, à côté du niveau faible des investissements capitalistiques, réduit fortement la productivité de la main-d'œuvre marocaine. Elle s'établit à 7.811 dollars par an comparée à une moyenne de 11.451 dollars pour l'échantillon.
En revanche, l'étude de l'OCIEM lui reconnaît des efforts importants dans le domaine de l'éducation. Le taux brut d'inscription primaire progresse de 109%, contre 89% en 1998-1999. Ce sont là des résultats meilleurs que ceux de la Turquie (107%) la Hongrie (103%), l'Inde (100%) et la Thaïlande (89%). La part des dépenses publiques d'éducation rapportée au RNB, à 5,6%, est également plus importante que celle des autres pays, à l'exception de l'Afrique du Sud. Mais si l'on sait que, dans beaucoup de pays, le secteur privé forme l'essentiel des cadres, il convient de relativiser ces performances.
Concernant la santé, les résultats du Maroc sont très modestes, avec une dépense par habitant de 16,2 dollars et une espérance de vie de 69 ans, ne devançant que l'Afrique du Sud, l'Indonésie et l'Inde.
Développement technologique
Pour ce qui est du développement technologique, c'est la stagnation qui caractérise l'essentiel des indicateurs. Ainsi les biens d'équipement rapportés aux exportations ou aux importations s'établissent respectivement à 6,1% et à 20,8%. Ce qui place le Maroc parmi les pays les moins importants pour ce critère. Un pays comme la Hongrie réalise pour ces deux indicateurs des taux respectifs de 53,2% et 47,4%.
Cependant, pour ce qui est des investissements directs étrangers, les résultats du Maroc sont plus favorables. Ceci est dû essentiellement au secteur des télécoms. Quoi qu'il en soit, le Maroc effectue un saut qualitatif important avec 5,4% du PIB contre 1,1% en 2000. Ce qui le place au 4e rang, juste derrière le Chili (13,4%), l'Argentine (8,5%) et le Brésil (5,9%).
Infrastructures physiques et institutionnelles.
Pour ce dernier facteur, le Maroc régresse par rapport à l'échantillon, non pas que le Royaume recule, mais surtout parce que les autres pays de l'échantillon avancent. De sorte que sur le plan quantitatif, les résultats restent globalement en deçà du niveau moyen de l'échantillon. Le nombre de véhicules pour 1.000 habitants, qui s'élève à 52, contre 153 pour la moyenne de l'échantillon, en est un exemple patent. Cette contre-performance se lit également à travers les lignes téléphoniques, dont le ratio est de 50 pour 1.000.
Concernant les indicateurs qualitatifs, l'opinion des chefs d'entreprise est favorable pour ce qui est de l'accès au port (6,3/10) et aux technologies de l'information (7,1/10). Cependant, la réforme du système judiciaire doit vraisemblablement se poursuivre. La note qui lui est attribuée n'est que de 4,7/10 et le cadre réglementaire ne fait pas mieux, avec 4,5/10.
Entre la corruption, la forte pression fiscale, la concurrence des entreprises informelles et de la contrebande, et l'inefficacité de la justice, les entrepreneurs marocains se sentent mal dans leur peau. C'est dire que les contraintes au développement industriel sont légion. Le gouvernement a encore beaucoup à faire.


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