Politique : Le RNI donne l'opportunité aux jeunes d'assumer leurs responsabilités    Hampton by Hilton s'implante à Ben Guerir    Diaspo #434 : En France, Amine Le Conquérant se réapproprie l'Histoire des châteaux    Morocco reaffirmed, on Saturday in Malabo, its unwavering commitment to renewed South-South cooperation, based on partnership and concrete solidarity, in line with the enlightened Vision of His Majesty King Mohammed VI, may God assist Him.    L'économie chinoise renforce sa position grâce à un important excédent des transactions extérieures    Nasser Bourita représente le Roi au 11e Sommet de l'OEACP à Malabo    Bachir Mustapha Sayed se rapproche de la tête du Polisario    HPS : un RNPG de 106 MDH en 2025, en hausse de 40,5%    Géopolitique : face aux chocs, la céréaliculture française cherche sa résilience    De Bab en Bab : quand le sport réinvente la visite de l'ancienne médina de Fès    Infofactory Conferences : une nouvelle plateforme de réflexion stratégique    SRM-SM célèbre la journée mondiale de l'eau    Larache : Baraka effectue une visite de terrain consacrée au suivi de plusieurs projets    Tiger Woods arrêté pour conduite sous influence après un accident en Floride    Pétrole vénézuélien : les majors tentées mais prudentes    Royaume-Uni : Starmer «désireux» de limiter certaines fonctionnalités addictives des réseaux sociaux    Détroit d'Ormuz : l'ONU prône un dispositif pour faciliter le commerce des engrais    Les Houthis revendiquent leur première attaque contre Israël depuis le début de la guerre    Lions de l'Atlas : la grinta a cruellement fait défaut face à l'Équateur    Espagne–Maroc : Thiago Pitarch a fait son choix de sélection    Maroc-Sénégal : offensive juridique à la FIFA contre une célébration au Stade de France    Maroc–Équateur : Hakimi tempère après le nul et se projette déjà vers le Mondial    Lions de l'Atlas : quand les penalties deviennent un cauchemar    Grand Prix Hassan II : quatre décennies de tennis d'exception    Equitation : les cavaliers marocains s'illustrent dans les compétitions internationales    Yassine Oukacha succède à Chouki à la tête du groupe parlementaire du RNI    Morocco draws 1-1 with Ecuador in friendly as Mohamed Ouahbi debuts as coach    Francia: Gims procesado por blanqueo agravado    Gims charged with aggravated money laundering linked to luxury villa project in Morocco    Polluants éternels : les experts européens préconisent une "large restriction"    Climat extrême : face au changement climatique, le Maroc accélère sa révolution météorologique    USFP : Lachgar alerte sur une pression accrue sur le pouvoir d'achat des ménages    France : Gims mis en examen pour blanchiment aggravé    Journée mondiale du Théâtre : Willem Dafoe rappelle la puissance unique de la scène    Musée national de Rabat : "Let's Play – Réenchanter le monde", quand la photographie invite à rêver    Mohamed Ouahbi satisfait malgré un test exigeant face à l'Équateur    Le Sénégal réussi à retirer le soutien de l'UA à la candidature de Macky Sall à l'ONU    The Kingdom of Morocco and the Republic of Costa Rica reaffirmed on Friday in Rabat their commitment to giving their bilateral relations new momentum based on structured political dialogue and strengthened cooperation.    Taza : Le rappeur Souhaib Qabli condamné à 8 mois de prison pour ses chansons    Ifquirn : Du Maroc à la France, les chibanis se racontent à Gennevilliers    Le Maroc prolonge son partenariat avec l'UE pour la recherche et l'innovation en Méditerranée    Madagascar forme son nouveau gouvernement    Chutes de neige et averses orageuses accompagnées de grêle, vendredi et samedi, dans plusieurs provinces    Sahara : Le Costa Rica considère l'autonomie sous souveraineté marocaine comme la solution la plus réalisable    « K1 », la nouvelle série policière sur 2M, dès le 31 mars 2026    Will Smith séduit par l'Angola et prêt à y tourner « Bad Boys »    La Chine envoie un nouveau satellite test dans l'espace    Rabat : cycle de conférences pour repenser les féminismes depuis une approche décoloniale    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Une nécessaire vigilance

Mohamed Soual, est ingénieur en télécoms, spécialiste des problèmes de développement, membre du bureau politique du PPS. Il nous livre une contribution au débat soulevé par la crise financière où il appelle à un surcroît de vigilance.
Entraînée par l'onde de choc partie des Etats-Unis, l'économie mondiale semble s'enfoncer dans une des crises les plus graves. D'aucuns n'hésitent pas à comparer cette crise à la grande dépression consécutive au crash de 1929. Déjà en Mars dernier, Alan Greenspan, ancien président de la Federal Reserve ( Banque centrale américaine), a écrit dans le Financial Times : «nous sommes dans la crise la plus grave depuis la guerre». Venant de quelqu'un connu pour son mutisme, il est surprenant qu'on ait laissé le château de cartes construit par les subprimes s'écrouler jusqu'à ce que des fleurons de la finance mondiale tombent les uns après les autres, asphyxiés par le manque de liquidités. Alors même que jamais par le passé, les banques centrales n'aient injecté autant de liquidités pour porter secours à un système financier en mal de confiance, car les banques ne se prêtent plus entre elles, l'effet domino joue à plein.
La crise actuelle semble sonner le glas du libéralisme mal régulé et encore plus mal contrôlé. Déjà en Août 2007 les agences de notation étaient mises à l'index. N'oublions pas que des institutions notées triple A font partie des disparues, rachetées ou carrément nationalisées, nécessitant une intervention massive et spectaculaire des puissances publiques. Parions que le rejet du plan Paulson, le secrétaire américain au Trésor, par le congrès, a davantage rapport avec des considérations électorales qu'un refus de porter secours à un système financier en déroute : Bear stears racheté par JP Morgan Chase aidée par la FED, la banque anglaise Northern Rock nationalisée, Fannie Mae et Freddie englouties dans la tourmente des subprimes mises sous tutelles du trésor américain, Lehman Brother's mise en faillite, les prestigieuses Merrill Lynch vendue à la Banque Of America, l'assureur AIG nationalisé et la litanie continue pour toucher l'Europe ( Fortis, Dexia, Bradford and Bingle, Hypo Real Estate). Qui dit que des mastodontes comme UBS, ou d'autres, qui a affiché déjà 47 Milliards d'euros de pertes ne seraient pas englouties à leur tour ?
Cette grave crise trouve ses racines dans la prévalence de la finance et l'extraordinaire sphère spéculative dans laquelle elle a été entraînée en l'absence d'un système de régulation et de contrôle mondial. Elle trouve également son origine dans un phénoménal laxisme vis-à-vis du risque depuis au moins 20 ans. La leçon de l'éclatement de la bulle Internet dans les années 2000 ne semble pas avoir été retenue !
Elle montre qu'à coup sûr, les règles de fonctionnement de l'économie mondiale ne sont pas adaptées, d'autant que les inégalités des revenus entre nations et l'intérieur de chacune d'elle, n'ont jamais été aussi fortes.
La crise des subprimes se niche précisément dans le fait que les banques ont commencé à distribuer des crédits immobiliers sans discernement, aux ménages les plus insolvables, disposant de revenus en dessous des normes requises par l'appréciation correcte des risques. En plus, on consentait des prêts dits
«2-28», c'est-à-dire que les échéances sont faibles pendant 2 ans mais grimpent astronomiquement pour les 28 années suivantes. Les mensualités augmentant de 50 % à 200 %, les ménages étant persuadés de vendre après deux ans en empochant de belles plus values !
La titrisation permettant aux banques de vendre ces créances, se contentant d'empocher des commissions. Les banques se prêtant elles-mêmes à ce jeu morbide, ont racheté sur le marché ces créances fabriquées par elles ou par leurs consoeurs. Le coût estimé aujourd'hui par les plus optimistes, se monterait à près de 1000 Milliards de dollars. Il faut espérer que d'autres titres, telles les obligations pourries
(junk bonds) ne réservent pas d'autres mauvaises surprises, même si les autorités américaines ont décrété l'interdiction de spéculer à la baisse à leur endroit. Si d'aventure, cette crise se révélait de même ampleur, voire plus que celle de 1929, avec la différence que les autorités monétaires ont agi promptement cette fois-ci, contrairement à avant, où l'on a attendu presque 4 ans le new deal de Roosevelt, il faudrait savoir, qu'en
6 jours la chute du Dow Jones d'un tiers a amputé la production mondiale d'un tiers ! Et la production industrielle américaine en 1932 n'était plus que de 46% de ce qu'elle était en Juin 1929. La production d'acier et d'automobiles est divisée par six et le quart des ouvriers est congédié comme le rapporte François Lenglet dans « la crise des années 30 est devant nous ». Les prix agricoles s'effondrent et l'on dénombre plus de 500 établissements financiers en faillite.
Comparaison n'est pas toujours raison, cependant, il est raisonnable de s'attendre à une sérieuse inflexion de la mondialisation qui consciemment ou mécaniquement, pourrait entraîner une mécanique de la protection. Le capitalisme devrait sans aucun doute se reconstruire sur les bases vacillantes de cette déconstruction avec l'impératif d'une corrélation entre économie réelle et sphère financière, avec plus de régulation et de gouvernance mondialisée et concertée à l'image des institutions de Bretton Wood, nées d'après guerre.
Au Maroc, dans la mesure où notre système financier semble immunisé par rapport à cette bourrasque, assurance doit aller de pair avec vigilance. Les autorités monétaires sont appelées à plus de vigilance que jamais, d'autant que la croissance de ces 5 dernières années est fortement tirée par la consommation intérieure, qui, elle-même, est dopée par une distribution massive des crédits.
D'autres points de vigilances doivent être observés, notamment sur l'évolution du tourisme, les transferts des MRE et l'export, car ces trois segments dépendent du comportement du citoyen consommateur européen, qui, en temps de crise, épargne plutôt qu'il ne consomme. De même, faudrait-il demeurer attentif par rapport aux évolutions des marchés de change, compte tenu de notre forte exposition aux échanges extérieurs.
Notre pays a accompli de remarquables progrès en termes de croissance et de stabilité macro-économique, il est impératif de continuer, pour assurer l'indispensable cohésion sociale. Si la rigueur est de mise, en aucun cas, il ne faudrait sacrifier le volet de développement humain et social et les indispensables réformes en matières d'Education et de Justice. ■


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.