Le médecin pédiatre se la joue fin et espiègle. Un jeu de mot le fait basculer dans la banalisation du mal. Presque sans souci : c'est très grave pour un médecin ! Gazablanca» : encore une fois, Abderrahim Lharouchi a frappé. On dirait qu'il a un problème de prononciation. A voir un laryngologiste (Médecin spécialisé en oto-rhino-laryngologie (abrév. O.R.L. et, fam, oto-rhino, en français dans le texte). Son mal ? Il est attiré par ce qui fait scandale. C'est pourquoi, il rate toujours l'occasion de se taire. Sinon, qu'est-ce qu'il y a de commun entre Gaza et Casablanca ? A part l'espièglerie mal réussie, prise pour un jeu de mot intelligent, rien. Peut-être ce brin de rien qui s'apparente à une banalisation du mal. Le pire ver pouvant ronger les esprits. Ne rien prévoir, c'est très grave pour un médecin ! Gaza, sinistrement propulsée au devant de la scène... saigne. Elle a été, et sera peut-être l'objet, non pas de jeu linguistique, mais bel et bien sous les feux macabres de la haine, de la désolation, du désastre. Il y a les victimes qui se comptent par milliers, les ruines qui, comble de la douleur, ensevelissent encore les cadavres. Il y a une histoire où coule le sang de milliers, voire des dizaines de milliers de palestiniens depuis un demi siècle. Et qu'est-ce qu'on trouve en face ? Une métropole où quatre millions de marocains, au moins, vivent en sécurité, sur leur sol et en toute liberté. Pas l'ombre d'un soldat ou d'une bombe bien sûr. Pour trouver un lien entre les deux, sémantiquement, on doit souffrir d'un manque de bon sens. On le disait pourtant la meilleure chose partagée entre les hommes. Y compris les anciens ministres. Pourtant, le médecin a le meilleur des palmarès : il a obtenu son diplôme de la faculté de Paris V, puis celui de spécialiste en chirurgie pédiatrique une année après. Sa biographie note aussi que sa carrière de formateur débuta avec ses fonctions d'enseignant médecin qu'il entreprit en 1973, puis s'est poursuivie avec sa nomination en tant que Doyen de la Faculté de Médecine de Casablanca en 1985. Vous en voulez encore ? La meilleure : Il a été à l'origine de la création du Certificat maghrébin de pédagogie en 1989 et a consacré plusieurs ouvrages aux questions pédagogiques, dont «Apprendre à apprendre 1» et «La Pédagogie des Compétences, à l'usage des enseignants et des formateurs 2». Décidément, on ne peut être sûr de rien ! Celui qui s'est assigné la grande mission d'apprendre à apprendre aux gens, n'est pas passé par les bancs de sa propre école : il devait apprendre à apprendre les jeux de mots par exemple. A l'usage du grand public et des spécialistes de l'intelligence linguistique. n