La Régie des tabacs Une activité diversifiée, un marché en pleine expansion, une restructuration qui a facilité la libéralisation-privatisation, un repreneur qui a trouvé une entreprise fiable et saine, bref tous les ingrédients du succès ont été réunis pour la compétitivité internationale de l'activité tabatière du Royaume. La Régie des tabacs, société anonyme à Directoire et à Conseil de surveillance, au capital social de 712 millions de DH, est une entreprise dont la mission consiste en l'exploitation des monopoles de l'importation des tabacs bruts, de la fabrication, de l'importation et de distribution en gros des tabacs manufacturés. Les derniers indicateurs de résultats financiers montrent un total bilan de 5,339 milliards DH, des capitaux propres de 1,573 milliard DH et un résultat d'exploitation évalué entre 563 et 755 millions DH selon les écarts de réévaluation. Le patrimoine de la Régie a été évalué à 4 milliards DH (terrains, bâtiments, centres vacanciers et complexe sportif…) Etat des lieux Les 2.333 cadres (83 ingénieurs, 169 universitaires et 129 techniciens supérieurs) et salariés de la Régie génèrent un chiffre d'affaires annuel de l'ordre de 9,1 milliards DH pour un volume global de ventes de près de 15 milliards de cigarettes offertes en 91 produits commercialisés dont 25 marques réalisées localement. Dans le top 10 des meilleures marques les plus vendues, la Régie offre 7 produits made in Morocco. Les importations de cigarettes étrangères représentent une part de 15% du volume mis en vente sur le marché. Les moyens de production disponibles totalisent deux usines de fabrication tabatière, chacune pour les blondes et les brunes, une imprimerie et une usine de battage. Le réseau commercial mobilise 26 centres de distribution ouvrant aux consommateurs 23.000 points de vente au total répartis à travers l'ensemble du territoire national, le tout organisé en 8 directions commerciales régionales. La Régie exploite également 3 unités de culture tabatière, 13 cellules de contrôle et dispose d'une station expérimentale. Le “sentier tranquille” de la privatisation L'opérateur public récemment transféré en majorité au secteur privé international était pressenti de longue date pour figurer sur la liste des transferts du portefeuille économique d'Etat à la concurrence. “Le transfert de la Régie vers le secteur privé s'inscrit dans le cadre d'un large mouvement de privatisations initié par le Royaume depuis 1989, date de la promulgation de la Loi ad hoc ”, expliquent les pouvoirs publics en charge du dossier. Et ce, même si la Régie des tabacs n'a été inscrite effectivement sur la liste des entreprises transférables que dans le courant de l'année 2002. L'environnement international a également soutenu cette perspective qui adhère aux accords internationaux de l'OMC et du libre-échangisme. En particulier l'accord d'association avec l'Union européenne et conformément à la disposition qui stipule que “les monopoles d'Etat à caractère commercial doivent être progressivement ajustés pour qu'il n'existe pas de discrimination, en ce qui concerne les conditions d'approvisionnement et de commercialisation, entre les ressortissants des Etats membres de l'Union et ceux du Maroc ”. La loi 46-02 en vigueur depuis le 3 avril 2003 a fixé le calendrier de libéralisation totale de la Régie fondée sur deux grandes étapes : libéralisation de l'importation de tabacs bruts, de la fabrication et de l'exportation de tabacs manufacturés en janvier 2005, et la libéralisation de l'importation et de la distribution en gros des tabacs manufacturés en janvier 2008. Ce timing est justifié par le principe admis du “maintien de l'exploitation par la Régie des tabacs des monopoles jusqu'à leur suppression progressive”. Ainsi, la Régie demeure habilitée à gérer les autorisations des débitants de tabac jusqu'au 31 décembre 2007, échéance au-delà de laquelle les autorisations d'exercer pourront être délivrées. Au chapitre de la réforme fiscale appliquée au cas d'espèce, la structure d'imposition de droit commun a été adaptée avec le taux de TVA à 20% et l'introduction de la TIC au taux de 59,4% à compter du 31 mars dernier. Quant aux prix des produits manufacturés, leur fixation restera “encadrée” dans le cadre de la loi sur les prix et la concurrence et leur libéralisation interviendra à partir de juillet 2006, sous réserve de l'homologation préalable de l'Administration. Les capacités de fabrication de cigarettes dépassent le volume produit et mis en vente chaque année sur les marchés. La seule usine de Aïn Harrouda, opérationnelle depuis 1994, dispose d'une capacité de fabrication de l'ordre de 18 milliards de cigarettes par an tandis que la commercialisation globalement mise en vente est estimée à 14,4 milliards d'unités. Potentiel de développement Le potentiel de développement a été d'ailleurs très nettement apprécié par le repreneur Altadis qui a “surenchéri” son offre compte-tenu, outre la valeur du patrimoine acquis, des riches promesses des marchés à terme. Un autre préalable plaide aussi pour cet “excellent projet industriel” que configure la Régie : l'audit de privatisation a conclu à une“situation financière saine”que l'externalisation du régime interne de retraite a contribué à assainir. De nombreux atouts plaident pour un développement futur des plus prometteurs : la maîtrise d'un marché en pleine croissance, la grande notoriété des marques locales, un réseau de distribution couvrant le territoire national, un vivier de compétences humaines riches et variées, des unités de production modernes, une rentabilité jugée satisfaisante et une structure financière solide et équilibrée. Les axes d'amélioration ciblés dans la stratégie de développement de la Régie intéressent la restructuration du secteur de la fabrication des cigarettes brunes, la modernisation des systèmes de distribution, l'adaptation de l'organisation globale de l'entreprise et, en dernier lieu, le perfectionnement de la formation professionnelle des ressources humaines. Les atouts que présente la croissance du marché sont favorables en raison de la structure et de la progression de la population, l'évolution des mœurs, l'amélioration du pouvoir d'achat et la promotion du tourisme international dans le Royaume. Sur ces considérants, la Régie prévoit dans sa stratégie marketing et commerciale, un taux d'accroissement des ventes de 5,6% en moyenne annuelle. Cette tendance est fondée sur une croissance annuelle moyenne du marché domestique de l'ordre de 3,9% et une forte progression des exportations de produits manufacturés. Ce qui permettrait de réaliser un chiffre d'affaires prévisionnel de près de 13 milliards DH à l'horizon 2007 pour une production globale pressentie de près de 18 milliards de cigarettes. D'autres actions structurantes sont mises en perspective à moyen terme, à l'instar de la restructuration industrielle des usines fabricantes, l'amélioration des performances productives, l'amélioration de la performance des cultures du tabac, la certification Qualité des produits, le projet “infrastructures”, le projet “service” visant principalement la fidélisation des débitants, la réorganisation et la modernisation des réseaux de distribution, l'optimisation et la formation des ressources humaines, le développement des systèmes d'information (progiciels intégrés, généralisation du reporting et du pilotage, actualisation du schéma directeur informatique)… Autant dire pour résumer que la Régie des tabacs renferme des projets de développement industriel plus qu'attractifs et rentables. Et que son fort potentiel d'évolution n'est pas près d'être épuisé. Le franc succès et la transparence totale qui ont caractérisé la récente cession de 80% du capital étatique de la Régie en témoignent incontestablement. Les candidats gagnants et perdants se sont retrouvés, unanimes, pour féliciter la préparation, la régularité et la transparence dont ils ont gratifié les pouvoirs publics marocains en charge. L'engagement dans le processus des plus grandes firmes mondiales témoigne également d'un vote de confiance favorable, publiquement réaffirmé que les investisseurs étrangers ont fourni à l'adresse du Royaume. Altadis en 2002 Données Chiffre d'affaires économique (M €) 3182,1 EBITDA (Excédent brut d'exploitation) (M €) 971,1 Résultat d'exploitation (M €) 810,5 Résultat net (M €) 435,2 Résultats exceptionnels (M €) -32,1 Bénéfice par action (€) 1,46 Nombre moyen d´actions (M €) 297,8 Une présence dans plus de 35 pays 20 000 employés 35% du chiffre d'affaires sont réalisés sur les marchés internationaux Un réseau de 150 000 points de vente en France, Espagne et Portugal Altadis est coté à la Bourse de Paris et sur les quatre bourses espagnoles Principales positions du groupe Cigarettes Numéro 3 en Europe occidentale Numéro 1 en Espagne Numéro 2 en France Cigares Leader mondial Nº 1 aux Etats-Unis Nº 1 en Espagne Nº 1 en France Logistique L'un des premiers opérateurs d'Europe du Sud